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Commentaire : éducation au véganisme et défense de celui-ci, « obliger » les autres à devenir végans, l’éthique animale comme obligation morale et non comme choix

Nous allons reprendre le podcasting puisque le temps le permet.

En fait, nous allons créer une nouvelle série de podcasts intitulée « Vegan.FM ».

Pour l’instant, il s’agit encore du Commentaire Approche Abolitionniste.

Dans ce Commentaire, Anna Charlton et moi discutons :
- de la manière dont vous éduquer afin que vous soyez en mesure d’éduquer les autres ;
- de l’importance de sensibiliser les gens au véganisme et de défendre celui-ci au sein de votre communauté ;
- de l’idée que la défense du véganisme représente une tentative d’ « obliger » les gens à devenir végans ;
- de ce que l’éthique animale est une question d’obligation morale et non de « choix ».

Il s’agit d’un court épisode — de 15 minutes environ.

Rejoignez-nous :

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Si vous n’êtes pas végan, devenez-le s’il vous plaît. Le véganisme est une question de non-violence. C’est d’abord une question de non-violence envers les autres êtres sentients. Mais c’est aussi une question de non-violence envers la terre et envers vous-même.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
Professeur distingué, Rutgers University
©2014 Gary L. Francione

Commentaire n° 24 : Lennox et le raisonnement éthique dans le contexte des droits des animaux

Mon dernier commentaire date d’un certain temps et je comptais en produire d’autres, mais j’ai hélas été très occupé.

J’avais notamment l’intention de faire un podcast à propos de mon article, Souci moral, impulsion morale et argumentation logique dans la défense des droits des animaux, que j’ai publié en mai et qui a reçu un formidable accueil.

Puis hier j’ai appris que, mercredi 11 juillet 2012, le Conseil municipal de Belfast (Irlande du Nord), avait tué Lennox, un chien que l’on prétendait être un pitbull, et dont l’élevage est illégal en Irlande du Nord. Une campagne internationale s’était mise en place pour sauver Lennox, et après qu’il a été tué, des protestations se sont fait entendre en Espagne, aux Etats-Unis, en Serbie et en bien d’autres lieux.

Dès que j’ai appris la nouvelle, j’ai publié l’article L’héritage de Lennox et j’ai décidé que le moment était venu de faire un nouveau Commentaire, car les réactions à l’histoire de Lennox exigeaient que nous songions à étendre notre souci moral aux autres animaux. Selon moi, si la mort de Lennox vous affecte mais que vous n’êtes pas végan, vous ne raisonnez pas de manière claire. Le cas de Lennox fait surgir certaines des questions qui se posaient déjà dans l’affaire Michael Vick.

Dans la première partie du Commentaire, je parle de Lennox. Je discute ensuite du raisonnement éthique dans le contexte de la défense des droits des animaux. Dans la seconde partie, j’aborde le concept de sentience.

J’espère que vous prendrez plaisir à écouter ce 24e Commentaire et qu’il vous aidera à penser l’éthique animale.

J’adresse également mes vifs remerciements à Paola Aldana de Meoño pour avoir dessiné l’avatar du nouveau Commentaire.

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Si vous n’êtes pas végan, s’il vous plaît, devenez-le. Le véganisme est entièrement une question de non-violence. C’est d’abord une question de non-violence envers les autres êtres sentients. Mais c’est aussi une question de non-violence envers la planète et envers vous-même.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
Professeur, Rutgers University
©2012 Gary L. Francione

Commentaire n° 24 : plaidoyer végan au Royaume-Uni

Chers Collègues,

Dans ce Commentaire, je discute avec Rob Johnson, un végan abolitionniste du Royaume-Uni. Lorsqu’il était étudiant à l’Université d’Aberdeen, Rob a fondé Grampian Animal Rights Advocates, qui, comme il l’explique, était au départ un groupe néowelfariste. Rob a ensuite lancé Vegan U.K., une association destinée à fournir au public ainsi qu’aux autres groupes soutien et informations sur le véganisme et l’abolition. Rob a également créé un blog, Animal Rights U.K.

J’espère qu’un Commentaire comme celui-ci et ceux que j’ai réalisés avec Jeff Perz et Renata Peters ou avec Leila Fusfeld de la Peace Advocacy Network vous donneront une idée du large éventail de choses qui peuvent être faites pour promouvoir l’idée que les animaux ne sont pas des ressources et que leur inscription dans la communauté morale signifie que nous ne pouvons pas les manger, les porter ou les utiliser.

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Si vous n’êtes pas végan, devenez-le. C’est facile ; c’est meilleur pour votre santé et la planète. Mais c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire. Si vous êtes végan, sensibilisez autant de gens que vous le pouvez au véganisme.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2011 Gary L. Francione

Commentaire n° 23 : Débat sur l’Abolition contre la Réglementation, avec Robert Garner

Chers Collègues :

Mon dernier livre, The Animal Rights Debate: Abolition or Regulation?, consiste en une discussion entre le Professeur Robert Garner, de l’Université de Leicester, et moi-même.

Dans ce commentaire, le Professeur Garner et moi-même discutons de notre livre. La position de Garner, bien qu’elle soit une forme de ce que j’appelle le « néowelfarisme », diffère néanmoins de celle de Singer et de la plupart des autres welfaristes. Pour commencer, Garner n’est pas un utilitaire actif comme l’est Singer. Tout comme Singer (et Regan), Garner nie que la vie animale a une valeur morale égale à la vie humaine, mais pense que l’intérêt d’un animal à ne pas souffrir doit être protégé par un « droit ». Il tergiverse à propos du fait de savoir si ce droit est celui de ne pas souffrir « de manière inacceptable », auquel cas sa position se dégrade en une forme de welfarisme (semblable à ce dont j’ai débattu dans mon livre de 1995, Animals, Property, and the Law, à savoir le « droit néowelfariste à un traitement humain »), ou si le droit de ne pas souffrir est un droit absolu, auquel cas sa position exclut toute utilisation des animaux puisque, ainsi que je le fais remarquer, toute utilisation des animaux implique nécessairement pour eux des formes de souffrance, de douleur, etc. Comme j’en discute également dans le livre, si Garner comprend ce droit dans son sens absolu, alors surgissent des problèmes théoriques relativement à la dérivation d’un tel droit, et la promotion que fait Garner des réformes de bien-être est incompatible avec ce droit aussi bien sur le plan théorique que pratique.

Dans ce Commentaire, nous nous concentrons sur les questions suivantes que j’ai préparées :

1. Dans le livre, vous déclarez que les animaux ont le droit de ne pas souffrir « de manière inacceptable ». Comment faites-vous pour déterminer quels niveaux de souffrance sont « acceptables » ?

2. Bien que vous pensiez que l’élevage industriel ne peut être moralement justifié, si les animaux pouvaient être élevés dans des conditions agréables avec une souffrance minimale et tués relativement sans souffrance pour la nourriture, ou s’ils pouvaient être utilisés dans des expériences avec, là encore, une souffrance minimale et des bénéfices importants pour les humains, vous n’y feriez, n’est-ce pas, aucune objection ?

Prenons un exemple clair : admettons que j’aie une vache dans mon jardin. Je la traite très bien. Je lui tire dessus (une balle ; mort instantanée), la tue et la mange. Ai-je commis, selon vous, quoi que ce soit de moralement mal ?

3. Dans le livre, vous déclarez, page 187 : « J’accepte le point de vue selon lequel, toutes choses étant égales, la vie animale nonhumaine (du moins de la plupart des espèces nonhumaines) a moins de valeur morale que la vie humaine. » Pourquoi adoptez-vous cette position ?

4. Un point central de désaccord entre nous réside dans le fait que vous estimez que les organisations réformistes telles que la RSPCA, CIWF, PETA, HSUS cherchent et parviennent à des victoires « qui en valent la peine ». Croyez-vous que ces « victoires » fassent autre chose que rendre l’exploitation animale plus rentable économiquement ? Si oui, pouvez-vous les identifier ?

5. Croyez-vous que ces organisations stimulent la demande en produits issus d’un « plus grand bien-être animal » d’une manière qui affectera défavorablement la demande globale ? Etant donné que toutes ces organisations plébiscitent les labels exploitation « heureuse », pouvez-vous douter que quel que soit l’effet que cela aura, elles pensent que ces labels rendront les gens plus à l’aise par rapport à l’exploitation ?

J’espère que vous prendrez plaisir à cette discussion.

Si vous n’êtes pas végan, devenez-le. C’est facile ; c’est meilleur pour votre santé et la planète. Mais c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2011 Gary L. Francione

Commentaire n° 22 : le Réseau de Défense de la Paix et la Campagne pour l’Engagement Végan

Chers Collègues :

Le Réseau de Défense de la Paix (RDP) a été fondé en 2010. Il s’agit d’un groupe de base géré entièrement par des volontaires œuvrant pour l’élimination de la violence dans la vie des animaux – humains comme nonhumains.

L’un des projets du RDP est l’Engagement Végan. Voici ce qu’on peut lire sur le site :

L’Engagement Végan a démarré au Royaume-Uni. Les membres du conseil du Réseau de Défense de la Paix l’ont porté l’année dernière [2009], avec beaucoup de succès, dans la ville de Philly. Trente non-végans se sont engagés à devenir végans pour une durée de 30 jours avec le soutien du programme Engagement. Ce soutien incluait des réunions hebdomadaires comprenant cours de cuisine, conférences sur l’environnement et la santé, mentors personnels (des végans expérimentés), événements sociaux ainsi qu’un incroyable « colis de survie » pour faciliter ces 30 jours végans. Cette année, l’Engagement s’étend à davantage de villes, et nous avons besoin de vous.

Leila Fusfeld, la Présidente du RDP, déclare : « Bien que l’Engagement Végan lui-même dure seulement un mois, le programme est conçu de manière à fournir aux participants les outils et les connaissances pour les aider à rester végans pour la vie. »

Le RDP est un exemple de groupe opérant la jonction entre les droits humains et les droits des animaux, et revendiquant l’importance de la non-violence. Le Projet Engagement Végan du RDP est un exemple passionnant d’une défense du véganisme créative et non-violente. Dans ce Commentaire, Leila Fusfeld me rejoindra pour donner davantage d’explications sur la Campagne Engagement Végan et la façon dont vous pouvez l’amener dans votre communauté.

Pour plus d’informations sur l’Engagement Végan, cliquez ici. Si vous êtes déjà végan mais que devenir mentor, intervenant ou démonstrateur culinaire vous intéresse, cliquez ici. Si vous désirez soutenir cette initiative en parrainant un engagement, contactez le Réseau de Défense de la Paix.

Si vous n’êtes pas végan, devenez-le. C’est facile ; c’est meilleur pour votre santé et pour la planète. Mais c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Commentaire n° 21 : The Animal Rights Debate, le forum de discussion Approche Abolitionniste et une réponse à Nicolette Hahn Niman

Chers Collègues :

Dans ce Commentaire, je débats de trois sujets.

Premièrement, je parle de mon nouveau livre, The Animal Rights Debate: Abolition or Regulation?, coécrit avec le Professeur Robert Garner et publié par Columbia University Press.

Ce livre se concentre sur le débat en cours au sein de la communauté de la défense animale, à savoir : devons-nous poursuivre les réformes de bien-être en tant qu’elles seraient un moyen de faire advenir, à la fin, les droits des animaux ? Je plaide contre les réformes de bien-être ; Garner plaide pour.

Deuxièmement, il y a deux semaines, le 26 octobre 2010, nous avons lancé le Forum Approche Abolitionniste, où les personnes intéressées peuvent venir discuter des questions théoriques concernant l’abolition, du véganisme et des idées pratiques d’une éducation végane créative et non-violente, mais aussi échanger des informations sur la nutrition, la nourriture végane, la façon d’élever les enfants végans, etc.

A ce jour, nous comptons plus de 200 membres et les discussions sont formidables. Seulement deux règles sont à respecter : rester poli et respectueux, et ne pas promouvoir la violence.

Si vous désirez apprendre plus de choses à propos de la philosophie végane et de l’approche abolitionniste des droits des animaux, pensez à rejoindre le Forum.

Troisièmement, je réponds à Nicolette Hahn Niman, du Ranch Niman, qui vend de la viande « heureuse » provenant, selon le site, d’animaux « Elevés Humainement dans les Fermes et les Ranchs Familiaux Durables ».

Dans un récent article paru dans The AtlanticDogs Aren’t Dinner: The Flaws in an Argument for Veganism, Mme Niman nie que nous souffrions de schizophrénie morale en traitant certains animaux comme des membres de notre famille et en plantant nos fourchettes dans d’autres. Son analyse, en un mot, est que, culturellement, nous entretenons des relations différentes avec les chiens et les cochons.

C’est précisément le problème : culturellement, nous traitons certains nonhumains sentients comme des choses et d’autres comme des personnes. Mais les normes culturelles ne peuvent en aucun cas servir de justification aux normes culturelles ! Si c’était le cas, alors le racisme, le sexisme, tous les genres de discriminations et les violations des droits humains seraient justifiés.

J’espère que vous prendrez plaisir à écouter ce Commentaire.

Si vous n’êtes pas végan, pour quelle raison ne l’êtes-vous pas ? Il n’est pas nécessaire que les humains exploitent les nonhumains. Alors qu’attendez-vous ? Devenir végan est facile ; c’est meilleur pour votre santé ; et c’est surtout, moralement, le moindre que vous puissiez faire si vous considérez que les animaux ont une signification morale.

Si vous êtes végan, alors sensibiliser autrui au véganisme de manière créative et non-violente.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Commentaire n° 20 : Plaidoyer végan créatif et non-violent en milieu hostile

Chers Collègues :

Je discute longuement dans ce Commentaire avec Jeff Perz et Renata Peters, deux militants végans abolitionnistes. Jeff et Renata habitent en Australie, à Alice Springs, une petite ville écartée du centre du pays dominée par l’industrie de l’élevage, exactement le genre d’endroit dont vous vous dites qu’il est impossible d’y générer de l’enthousiasme à propos du véganisme.

Mais Renata et Jeff font la preuve que n’importe quel endroit peut devenir un foyer du mouvement végan – si vous le voulez !

Jeff est canadien, Renata australienne. Ensemble, ces deux végans, qui sont également partisans d’une communication non-violente, parlent avec moi de la manière dont ils sont devenus végans, des raisons pour lesquelles ils sont abolitionnistes et de ce qu’ils mettent en œuvre à Alice Springs pour sensibiliser leur communauté au véganisme.

Renata et Jeff vous démontreront que vous n’avez pas besoin d’une grosse organisation ni d’un gros budget pour défendre efficacement le véganisme. Tout ce dont vous avez besoin, c’est de bonne volonté, de travailler dur et de réfléchir de manière créative au meilleur moyen de sensibiliser votre communauté. Les gâteaux végans aident pas mal !

J’ai trouvé mon échange avec Jeff et Renata très inspirant, et je sais qu’il en ira de même pour vous.

Au début de ce Commentaire, j’évoque brièvement la nouvelle campagne menée par le groupe welfariste britannique Animal Aid qui consiste à :

appeler la chaîne CCTV afin qu’elle aille dans tous les abattoirs britanniques et que le film soit mis à la disposition des parties indépendantes à l’extérieur de l’abattoir. Nous réclamons également un meilleur entraînement indépendant, un réentraînement et une évaluation réguliers, l’application rigoureuse des lois et l’interdiction pour les personnes condamnées pour violence ou cruauté envers les animaux de travailler dans un abattoir.

Un abattoir dont le contrat avec une grande chaîne de supermarchés britannique avait été suspendu après allégations, par Animal Aid, de cruauté envers les animaux, a vu son contrat rétabli après « améliorations, dont l’introduction de CCTV », conformément à ce qu’Animal Aid avait réclamé.

Andrew Tyler d’Animal Aid fait observer :

« Le fait que la société déclare que ses propres normes ont été améliorées de façon spectaculaire démontre très clairement l’importance de notre investigation ».

« Cela souligne en termes absolument clairs que ce que nous faisons, et continuerons de faire, est un travail capital. Nous sommes heureux que CCTV ait été introduite dans la place. Il est absolument essentiel que le film ne soit pas simplement recueilli, mais qu’il soit régulièrement et minutieusement examiné par Sainsbury’s et les autorités réglementaires », a déclaré M. Tyler.

Comme vous pouvez le deviner, de nombreux défenseurs des animaux sont naturellement indignés par le fait qu’Animal Aid s’associe désormais avec les exploiteurs en place pour promouvoir et vendre la viande « heureuse ».

Une collègue de Grande-Bretagne m’a envoyé la réponse qu’elle a reçue de Tyler suite à son objection concernant la stupidité de cette campagne. Tyler a tenté de justifier celle-ci avec l’exemple suivant :

Prenez cet exemple : vous vous trouvez dans un marché aux « bestiaux » et vous voyez des moutons se faire taper sur la tête à plusieurs reprises et piétiner. Intervenez-vous pour mettre fin à cette maltraitance extrême ou considérez-vous cela comme un acte « welfariste » étant donné que, même si vous stoppez les coups et le piétinement, les moutons seront toujours abattus ?

Ingrid Newkirk de PETA a produit le même argument il y a presque 20 ans lorsque, dans le contexte de la promotion d’une réforme de bien-être animal dont elle soutenait qu’elle nous rapprocherait des droits des animaux, elle affirmait que ceux qui s’opposaient aux réformes de bien-être refuseraient de l’eau à une vache assoiffée en route pour l’abattoir.

J’ai débattu de la position de Newkirk dans mon livre de 1996, Rain Without Thunder: The Ideology of the Animal Rights Movement. J’y affirmais que si j’étais garde dans un camp de concentration, je donnerais certainement de l’eau à un prisonnier politique conduit sur le lieu de son exécution. Mais si j’en concluais que le camp de concentration pour prisonniers politiques constitue plus généralement une institution injuste et immorale, je démissionnerais et ferais campagne pour faire fermer le camp. Je ne ferais pas campagne pour donner de l’eau aux prisonniers sur le point d’être fusillés, ou pour d’autres mesures destinées à justifier l’immoralité de l’institution.

Ma réponse à Newkirk s’applique à l’exemple de Tyler. Bien sûr que j’empêcherais que les moutons soient frappés. J’imagine que la plupart des propriétaires de moutons et des opérateurs d’abattoirs feraient la même chose : après tout, donner des coups de pied aux moutons entraîne des dégâts sur les carcasses et diminue la valeur desdits moutons. Mais ferais-je campagne pour un traitement plus « humain » des moutons ? Absolument pas. Car une telle campagne ne fait rien d’autre que justifier une institution intrinsèquement immorale et rendre le public plus à l’aise par rapport au fait de manger de la viande.

Et c’est exactement ce qu’Animal Aid est en train de faire, en encourageant les gens à croire qu’il y a une bonne et une mauvaise façon d’exploiter les animaux.

Cela ne veut rien dire. Il n’y a qu’une seule façon d’exploiter les animaux, et elle est mauvaise.

Nul ne devrait agresser sexuellement les enfants. Mais si certains le font, il vaut mieux qu’ils ne les torturent pas en plus de les agresser sexuellement. Devons-nous pour autant faire campagne en faveur d’une agression sexuelle « humaine » des enfants ? Non, bien sûr que non. Il n’y a pas de bonne façon d’agresser sexuellement les enfants, de même qu’il n’y a pas de bonne façon de torturer et de tuer les animaux.

Il est inquiétant de voir combien les consommateurs de viande/produits laitiers font l’éloge de la campagne d’Animal Aid. Mais c’était à prévoir. Animal Aid leur vend une indulgence et, pour obtenir leurs dons, leur disent qu’ils peuvent continuer d’exploiter les animaux aussi longtemps qu’ils achèteront la viande dans un supermarché se fournissant auprès d’un abattoir fonctionnant avec CCTV.

C’est réellement effroyable, et je demande à tous les défenseurs abolitionnistes des droits des animaux du Royaume-Uni de ne pas soutenir cette peu judicieuse campagne (bien que je sois persuadé que les welfaristes étatsuniens suivront aussi le mouvement). Et pendant que vous y êtes, les défenseurs britanniques : merci d’écrire à VIVA! pour leur demander d’arrêter de vendre des livres de cuisine non-végane, de plébisciter des restaurants et des auberges non-végans et de présenter le fait de manger des produits laitiers comme moralement meilleur que le fait de manger de la viande.

J’ajoute qu’il y a 20 ans, Newkirk disait que nous devions soutenir le welfarisme pour nous rapprocher des droits des animaux. Eh bien, nous voici 20 ans plus tard, et si Newkirk pense que nous nous en sommes rapprochés – fût-ce d’un centimètre –, elle est en plein déni. Et nous avons maintenant Tyler débitant les mêmes arguments ridicules.

Si vous n’êtes pas végan, devenez-le. C’est facile, c’est meilleur pour la santé et la planète, et c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire. C’est ce que nous devons aux autres animaux. Si vous êtes végan, alors sensibilisez les autres au véganisme.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Commentaire n°19 : Parler du véganisme à des non-vegans : 5 principes

Chers Collègues :

Dans ce Commentaire, je traite d’un sujet que plusieurs d’entre vous m’ont demandé d’aborder : comment doit-on parler du véganisme à des non-végans ?

Je propose cinq principes généraux :

Principe n° 1 : Les gens ont bon cœur.

Notre position par défaut lorsque nous nous adressons aux gens devrait être de penser qu’ils ont bon cœur, qu’il s’intéressent et peuvent être sensibilisés aux questions éthiques. Il y a une tendance, tout au moins chez certains défenseurs, à considérer les autres humains de manière très misanthrope, à les voir comme essentiellement immoraux et indifférents aux questions morales. Je ne suis pas d’accord avec cette vision des choses.

Principe n° 2 : Les gens ne sont pas stupides.

Il y a une tendance parmi les défenseurs des animaux à croire que le public n’est généralement pas capable de comprendre les arguments en faveur du véganisme, que nous devons par conséquent y « aller mollo » avec lui et qu’au lieu de parler du véganisme, nous devons parler du végétarisme, des « Lundis Sans Viande », de la viande et des produits d’origine animale « heureux », etc. Je suis en désaccord avec cette façon très élitiste de considérer autrui. Il n’y a aucun mystère dans notre discours ; il n’y a rien de compliqué. Les gens peuvent comprendre ce que nous leur disons dès lors que nous le disons avec efficacité.

Principe n° 3 : Ne soyez pas sur la défensive ; répondez, mais ne réagissez pas.

Oui, certaines personnes tenteront de nous provoquer. Elles poseront des questions ou feront des commentaires que nous trouverons insultants et qui nous induiront à penser que nous ne sommes pas pris au sérieux. Si quelqu’un n’est vraiment pas intéressé par notre discours, il s’en ira généralement de lui-même. Considérez chaque remarque ou question – même celles que vous trouvez caustiques, impolies ou sarcastiques – comme une invitation qui vous est offerte par quelqu’un qui est davantage provoqué (de manière positive) par vos paroles et plus impliqué que vous pouvez le penser.

Principe n° 4 : Ne vous sentez pas frustré. Le travail de sensibilisation est difficile.

On vous posera les mêmes questions plusieurs fois ; on vous posera des questions qui prouveront que vous devez commencer par le commencement. Mais si voulez être un éducateur efficace, vous devez répondre à chaque question comme si c’était la première fois que vous l’entendiez. Si vous voulez que les autres s’enthousiasment pour votre message, vous devez d’abord être vous-même enthousiaste.

Principe n° 5 : Apprenez les bases. Vous devez d’abord étudier avant d’enseigner.

De nombreux défenseurs des animaux sont excités par le véganisme abolitionniste, et la première chose qu’ils font est de créer un site web ou un blog motivés par les bons sentiments mais dénués d’idées claires. Avant d’enseigner autrui, apprenez les bases. Profitez des ressources véganes abolitionnistes, telles que les vidéos, pamphlets et autres matériaux disponibles sur ce site ou d’autres sites abolitionnistes comme animalemacipation.com et la Boston Vegan Association.

Il est triste de voir que les plus gros obstacles à l’éducation végane sont les grandes organisations néowelfaristes, devenues les partenaires des exploiteurs établis dans la promotion de la consommation de produits d’origine animale en distribuant diverses formes d’ « approbation made in droits des animaux » de l’exploitation animale (voir, par exemple, 1, 2).

Ces organisations néowelfaristes sont une part du problème ; elles ne sont pas une part de la solution.

J’espère que vous trouverez ce Commentaire utile. Ainsi que je le stipule, je serai heureux de réaliser de futurs Commentaires dans lesquels je débattrai d’autres questions liées à la défense du véganisme moyennant les réactions que je recevrai à propos de celui-ci.

Devenez végan. C’est facile. C’est meilleur pour la santé et la planète. Et, par-dessus tout, c’est, moralement, la bonne et la juste chose à faire.

Gary L. Francione
© 2010 Gary L. Francione

Commentaire n°18 : un pas en arrière, l’importance du véganisme et l’emploi abusif du terme « abolition »

Chers Collègues :

Dans ce Commentaire, j’aborde plusieurs sujets :

Premièrement, je parle de l’avis du groupe néowelfariste Mercy for Animals selon quoi le géant du détail Costco aurait fait un « pas en avant » en acceptant de commercialiser de la viande de veau « humaine ». Je soutiens que le fait d’avoir des défenseurs des animaux faisant l’éloge d’une semblable chose constitue un « pas en arrière », comme constitue un pas en arrière le fait de faire de la consommation de viande de veau un sujet plus important que la consommation des autres produits d’origine animale.

Deuxièmement, je débats de l’argument donné par certaines grosses organisations qui voudrait que parce que nous ne pouvons éviter complètement les produits d’origine animale, tout principe moral comprenant le véganisme comme ligne de fond ne serait qu’une « pureté personnelle » artificielle.

Pour finir, je parle de l’emploi abusif du terme « abolition » par ceux qui défendent les réformes de bien-être et la violence.

J’évoque aussi brièvement l’atelier abolitionniste que nous avons tenu à Rutgers en mai dernier ainsi que mon prochain livre, The Animal Rights Debate: Abolition or Regulation?, publié par Columbia University Press.

J’espère que vous prendrez plaisir à écouter ce Commentaire.

Gary L. Francione
© Gary L. Francione

Commentaire n°17: débat avec Ronnie Lee et Roger Yates

Chers Collègues :

Dans ce Commentaire, je reçois deux invités : Ronnie Lee, qui a fondé le Band of Mercy en 1972 et l’Animal Liberation Front en 1976, et le Dr Roger Yates, qui enseigne la sociologie au University College de Dublin ainsi qu’à l’Université du Pays de Galles à Bangor.

Vous savez, j’en suis sûr, que je m’oppose à toute forme de violence et que je ne soutiens pas l’action directe militante. Ceci constitue le point de départ de ma discussion avec Ronnie et Roger, même si nous embrayons ensuite sur une variété d’autres sujets. Et nous sommes tous d’accord quant à l’importance d’une éducation végane créative et non-violente.

J’espère que vous prendrez plaisir à écouter ce Commentaire.

Et pendant que j’y suis :

Devenez végan. C’est bon pour la santé (les aliments d’origine animale nuisent à notre corps) ; c’est bon pour l’environnement (l’agriculture animale représente un désastre écologique) ; et, par-dessus tout, c’est, éthiquement, la bonne chose à faire.

Gary L. Francione
© 2010 Gary L. Francione