Archives de l’auteur : Gary L. Francione

Le Forum de discussion Approche Abolitionniste est ouvert !

Chers Collègues :

J’ai reçu de nombreuses requêtes (plus de 200 depuis que le site a été originellement créé)  me demandant d’ouvrir un forum relié à ce site où les gens pourraient discuter des divers aspects de l’approche abolitionniste des droits des animaux. Par conséquent, avec l’aide de Randy W. Sandberg (qui a conçu et entretient le site), d’Adam Kochanowicz et d’autres personnes, nous lançons le Forum Approche Abolitionniste.

Le Forum sera tenu par des modérateurs volontaires qui tous connaissent la théorie abolitionniste. Ils ont mon entière confiance. Les modérateurs modéreront ; je n’ai nulle intention de jouer les arbitres.

Je tiens à souligner que ce Forum doit être un espace de discussion poli et respectueux. Il est bien que les gens soient en désaccord et débattent avec rigueur. C’est même un aspect très important de ce Forum, le but étant que les participants développent une meilleure compréhension de l’abolition et de la philosophie végane. Le débat rigoureux est donc souhaitable ; un discours injurieux et incivil ne l’est pas.

Puisque l’approche abolitionniste que j’ai développée est non-violente, je demanderais également à ce que personne n’utilise le Forum afin de faire la promotion de la violence.

Bien que les modérateurs soient tous bien informés de l’approche abolitionniste, ils ont leurs propres manières de voir qui peuvent ne pas s’accorder avec les miennes ou avec celles des autres modérateurs. Par conséquent, les positions exprimées par un modérateur ne doivent pas être imputées à un autre modérateur ou à moi-même.

Pour rejoindre le Forum, vous devez vous créer un compte en cliquant sur le bouton « Devenir membre » ici. Une fois que votre compte est validé, on vous demandera de poster une introduction réfléchie sur vous-même, après quoi vous aurez accès à l’intégralité du Forum.

J’espère que vous utiliserez ce Forum afin d’apprendre ce qu’est la philosophie végane abolitionniste, de clarifier certains points qui vous semblent obscurs, de partager vos aperçus et d’instruire les autres, et plus généralement d’entrer en rapport avec d’autres personnes désirant faire évoluer le statut des animaux de celui de biens à celui de personnes nonhumaines.

Si vous n’êtes pas végans, devenez-le. C’est très facile, c’est meilleur pour votre santé et la planète. Et c’est surtout, moralement, la bonne et la juste chose à faire.

Si vous êtes végan, alors sensibilisez les autres au véganisme de manière créative et non-violente.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Commentaire n° 20 : Plaidoyer végan créatif et non-violent en milieu hostile

Chers Collègues :

Je discute longuement dans ce Commentaire avec Jeff Perz et Renata Peters, deux militants végans abolitionnistes. Jeff et Renata habitent en Australie, à Alice Springs, une petite ville écartée du centre du pays dominée par l’industrie de l’élevage, exactement le genre d’endroit dont vous vous dites qu’il est impossible d’y générer de l’enthousiasme à propos du véganisme.

Mais Renata et Jeff font la preuve que n’importe quel endroit peut devenir un foyer du mouvement végan – si vous le voulez !

Jeff est canadien, Renata australienne. Ensemble, ces deux végans, qui sont également partisans d’une communication non-violente, parlent avec moi de la manière dont ils sont devenus végans, des raisons pour lesquelles ils sont abolitionnistes et de ce qu’ils mettent en œuvre à Alice Springs pour sensibiliser leur communauté au véganisme.

Renata et Jeff vous démontreront que vous n’avez pas besoin d’une grosse organisation ni d’un gros budget pour défendre efficacement le véganisme. Tout ce dont vous avez besoin, c’est de bonne volonté, de travailler dur et de réfléchir de manière créative au meilleur moyen de sensibiliser votre communauté. Les gâteaux végans aident pas mal !

J’ai trouvé mon échange avec Jeff et Renata très inspirant, et je sais qu’il en ira de même pour vous.

Au début de ce Commentaire, j’évoque brièvement la nouvelle campagne menée par le groupe welfariste britannique Animal Aid qui consiste à :

appeler la chaîne CCTV afin qu’elle aille dans tous les abattoirs britanniques et que le film soit mis à la disposition des parties indépendantes à l’extérieur de l’abattoir. Nous réclamons également un meilleur entraînement indépendant, un réentraînement et une évaluation réguliers, l’application rigoureuse des lois et l’interdiction pour les personnes condamnées pour violence ou cruauté envers les animaux de travailler dans un abattoir.

Un abattoir dont le contrat avec une grande chaîne de supermarchés britannique avait été suspendu après allégations, par Animal Aid, de cruauté envers les animaux, a vu son contrat rétabli après « améliorations, dont l’introduction de CCTV », conformément à ce qu’Animal Aid avait réclamé.

Andrew Tyler d’Animal Aid fait observer :

« Le fait que la société déclare que ses propres normes ont été améliorées de façon spectaculaire démontre très clairement l’importance de notre investigation ».

« Cela souligne en termes absolument clairs que ce que nous faisons, et continuerons de faire, est un travail capital. Nous sommes heureux que CCTV ait été introduite dans la place. Il est absolument essentiel que le film ne soit pas simplement recueilli, mais qu’il soit régulièrement et minutieusement examiné par Sainsbury’s et les autorités réglementaires », a déclaré M. Tyler.

Comme vous pouvez le deviner, de nombreux défenseurs des animaux sont naturellement indignés par le fait qu’Animal Aid s’associe désormais avec les exploiteurs en place pour promouvoir et vendre la viande « heureuse ».

Une collègue de Grande-Bretagne m’a envoyé la réponse qu’elle a reçue de Tyler suite à son objection concernant la stupidité de cette campagne. Tyler a tenté de justifier celle-ci avec l’exemple suivant :

Prenez cet exemple : vous vous trouvez dans un marché aux « bestiaux » et vous voyez des moutons se faire taper sur la tête à plusieurs reprises et piétiner. Intervenez-vous pour mettre fin à cette maltraitance extrême ou considérez-vous cela comme un acte « welfariste » étant donné que, même si vous stoppez les coups et le piétinement, les moutons seront toujours abattus ?

Ingrid Newkirk de PETA a produit le même argument il y a presque 20 ans lorsque, dans le contexte de la promotion d’une réforme de bien-être animal dont elle soutenait qu’elle nous rapprocherait des droits des animaux, elle affirmait que ceux qui s’opposaient aux réformes de bien-être refuseraient de l’eau à une vache assoiffée en route pour l’abattoir.

J’ai débattu de la position de Newkirk dans mon livre de 1996, Rain Without Thunder: The Ideology of the Animal Rights Movement. J’y affirmais que si j’étais garde dans un camp de concentration, je donnerais certainement de l’eau à un prisonnier politique conduit sur le lieu de son exécution. Mais si j’en concluais que le camp de concentration pour prisonniers politiques constitue plus généralement une institution injuste et immorale, je démissionnerais et ferais campagne pour faire fermer le camp. Je ne ferais pas campagne pour donner de l’eau aux prisonniers sur le point d’être fusillés, ou pour d’autres mesures destinées à justifier l’immoralité de l’institution.

Ma réponse à Newkirk s’applique à l’exemple de Tyler. Bien sûr que j’empêcherais que les moutons soient frappés. J’imagine que la plupart des propriétaires de moutons et des opérateurs d’abattoirs feraient la même chose : après tout, donner des coups de pied aux moutons entraîne des dégâts sur les carcasses et diminue la valeur desdits moutons. Mais ferais-je campagne pour un traitement plus « humain » des moutons ? Absolument pas. Car une telle campagne ne fait rien d’autre que justifier une institution intrinsèquement immorale et rendre le public plus à l’aise par rapport au fait de manger de la viande.

Et c’est exactement ce qu’Animal Aid est en train de faire, en encourageant les gens à croire qu’il y a une bonne et une mauvaise façon d’exploiter les animaux.

Cela ne veut rien dire. Il n’y a qu’une seule façon d’exploiter les animaux, et elle est mauvaise.

Nul ne devrait agresser sexuellement les enfants. Mais si certains le font, il vaut mieux qu’ils ne les torturent pas en plus de les agresser sexuellement. Devons-nous pour autant faire campagne en faveur d’une agression sexuelle « humaine » des enfants ? Non, bien sûr que non. Il n’y a pas de bonne façon d’agresser sexuellement les enfants, de même qu’il n’y a pas de bonne façon de torturer et de tuer les animaux.

Il est inquiétant de voir combien les consommateurs de viande/produits laitiers font l’éloge de la campagne d’Animal Aid. Mais c’était à prévoir. Animal Aid leur vend une indulgence et, pour obtenir leurs dons, leur disent qu’ils peuvent continuer d’exploiter les animaux aussi longtemps qu’ils achèteront la viande dans un supermarché se fournissant auprès d’un abattoir fonctionnant avec CCTV.

C’est réellement effroyable, et je demande à tous les défenseurs abolitionnistes des droits des animaux du Royaume-Uni de ne pas soutenir cette peu judicieuse campagne (bien que je sois persuadé que les welfaristes étatsuniens suivront aussi le mouvement). Et pendant que vous y êtes, les défenseurs britanniques : merci d’écrire à VIVA! pour leur demander d’arrêter de vendre des livres de cuisine non-végane, de plébisciter des restaurants et des auberges non-végans et de présenter le fait de manger des produits laitiers comme moralement meilleur que le fait de manger de la viande.

J’ajoute qu’il y a 20 ans, Newkirk disait que nous devions soutenir le welfarisme pour nous rapprocher des droits des animaux. Eh bien, nous voici 20 ans plus tard, et si Newkirk pense que nous nous en sommes rapprochés – fût-ce d’un centimètre -, elle est en plein déni. Et nous avons maintenant Tyler débitant les mêmes arguments ridicules.

Si vous n’êtes pas végan, devenez-le. C’est facile, c’est meilleur pour la santé et la planète, et c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire. C’est ce que nous devons aux autres animaux. Si vous êtes végan, alors sensibilisez les autres au véganisme.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Mary Bale, Michael Vick et la Schizophrénie Morale

Chers collègues:

Mary Bale a jeté un chat dans une poubelle où le malheureux animal est resté piégé pendant environ 15 heures avant d’être libéré. Son acte cynique a été filmé et diffusé sur YouTube. Un article du Guardian décrit les réactions du public en ces termes :

La « cat bin woman » de Coventry est désormais détestée dans le monde entier, recevant des coups de téléphone anonymes et des menaces de mort venant d’aussi loin que d’Australie, après ce qu’elle décrit comme une « fraction de seconde de mauvais jugement » – capturé par une caméra de surveillance et posté sur YouTube.

Des centaines de personnes ont signé la page Facebook affirmant que « Mary Bale est pire qu’Hitler » et appelant à la « Peine de Mort pour Mary Bale ». Elle a également attiré les gros titres des journaux, qui vont de « It’s a fur cop » à « Miaow could she? »

Bale a été poursuivie par la RSPCA pour avoir causé des souffrances non nécessaires à un animal et a écopé d’une amende de 300 €. En outre, elle a été condamnée à payer une amende compensatoire d’un montant de 1700 €.

Réfléchissez à ceci.

La RSPCA, qui sollicite activement le public et l’encourage à infliger des souffrances et une mort non nécessaires aux animaux via son programme « Freedom Food » (lire 1, 2), a poursuivi Bale pour avoir causé à un chat des souffrances non nécessaires.

Le public, dont la majorité consomme des produits d’origine animale, cautionnant et participant ainsi directement à une conduite qui n’est en rien distincte, moralement, de ce que Mary Bale a fait, a condamné Mary Bale.

La situation est très similaire à celle qui impliquait le footballeur américain Michael Vick. Vick a plaidé coupable pour les combats de chiens qu’il organisait. Il a fait de la prison pour cet horrible crime et est toujours vilipendé par un grand nombre de personnes. Vick aimait s’asseoir autour d’une fosse de combat et regarder des chiens s’entredéchirer ; la plupart des gens qui ont critiqué Vick aiment de leur côté s’asseoir autour d’un barbecue et faire griller les corps d’animaux qu’on a torturés de la même façon que les chiens de Vick. Les
chiens de Vick et les animaux que les humains mangent souffrent et meurent pour une seule et même raison : le plaisir des humains.

Le cas de Bale et celui de Vick sont de superbes exemples de schizophrénie morale.

Comme le disait un de mes amis : « Si nous n’éprouvons pas de sentiment d’horreur et si nous ne sommes pas choqués en passant devant un McDonald’s, où est le problème à ce que Mary Bale jette sa propriété dans une poubelle ? »

Et de la même manière que personne ne dit que des combats de chiens « humains » seraient acceptables, il est absurde de suggérer que l’exploitation « heureuse » des animaux utilisés pour la nourriture est moralement acceptable.

Il existe un remède simple contre la schizophrénie morale : devenir végan. C’est facile, c’est meilleur pour votre santé et la planète, et c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire. C’est ce que nous devons aux autres animaux.

Si vous êtes végan, alors sensibilisez les autres au véganisme de manière créative et non-violente.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Le visage sympathique de la torture, de la mort et de l’exploitation animale

Chers Collègues :

Si vous doutez encore du fait que les réformes de bien-être animal entrent dans les intérêts de l’industrie, reportez-vous à l’article du 21 octobre 2010 paru dans le New York Times à propos de l’étourdissement par atmosphère contrôlée des volailles, lequel, comme j’en ai débattu ici-même en 2008, est plébiscité par PETA et la conceptrice d’abattoirs Temple Grandin, gagnante du prix PETA.

Voici ce qu’on peut lire dans le New York Times :

« Quand vous vous emparez d’un poulet, que vous le tournez la tête en bas et que vous l’accrochez à la chaîne, c’est du stress, du stress et encore du stress », a déclaré Scott Sechler, le patron de Bell & Evans. « Notre système est conçu pour que nous les amenions à l’endormissement et les tuions sans stress. »

La société Anglia Autoflow, qui construit les systèmes d’étourdissement pour les deux leaders, appelle ce procédé « étourdissement par atmosphère contrôlée », mais M. Pitman [patron de Mary’s Chickens] a déclaré que sa société songeait à employer l’expression « étourdissement par sédation » sur ses colis. Egalement sur la liste : « Abattus avec humanité », « Procédé humain » ou « Manipulé avec humanité ».

L’astuce, dit-il, est de faire connaître le but du nouveau système, qui est de s’assurer que les oiseaux « n’éprouvent pas de douleur ou de gêne supplémentaires dans les dernières minutes de leurs vies ».

M. Sechler a déclaré que le système a été conçu pour endormir les oiseaux en douceur, de la même manière qu’une personne subissant une anesthésie avant opération.

Afin de susciter cette image, il veut inscrire sur ses colis et publicités les mots « anesthésie par induction lente », qui indiquent déjà au consommateur que les oiseaux ont été élevés dans des conditions spacieuses avec lumière naturelle, nourriture sans antibiotiques ni sous-produits animaux. Les consommateurs qui veulent en savoir plus pourront aller sur le site de la société.

M. Sechler a déclaré que le système qu’il a choisi, après des années de recherches, était meilleur que les systèmes similaires d’étourdissement au gaz utilisés en Europe. Ces systèmes, dit-il, privent souvent trop vite les oiseaux d’oxygène, ce qui peut les faire souffrir. Ils sont également conçus pour les tuer plutôt que leur faire perdre simplement connaissance, ce avec quoi M. Sechler ne se sent pas à l’aise.

« Je ne veux pas que le public dise que nous gazons nos poulets », dit-il.

Et, bien sûr, un traitement meilleur signifie une meilleure viande :

M. Sechler ainsi que d’autres personnes plébiscitant le nouveau système ont dit s’attendre à ce que la viande soit de meilleure qualité, les animaux devant éprouver moins de stress, être moins meurtris et avoir les ailes moins cassées au moment de mourir.

PETA, qui plébiscite le gazage des poulets, soutient également que c’est dans l’intérêt économique des producteurs. Dans son Analyse de l’étourdissement par atmosphère contrôlée vs l’immobilisation électrique d’un point de vue économique, PETA plaide en faveur du gazage des volailles, affirmant que la méthode d’abattage par étourdissement à l’électricité « diminue le rendement et la qualité du produit », les oiseaux souffrant d’os cassés et le procédé ayant pour résultat d’affecter dangereusement la santé humaine. De plus, la méthode d’étourdissement à l’électricité « accroît les coûts de travail » de plusieurs manières. PETA soutient que le gazage en revanche « augmente la qualité du produit et le rendement », les os cassés, les bleus et les hémorragies étant soi-disant éliminés, la contamination réduite, la « durée de vie de la viande » augmentée tout comme la production « de blanc de poulet tendre ». PETA affirme également que le gazage « diminue les coûts de travail » en réduisant les accidents et la nécessité de certaines inspections, et en écourtant la rotation du personnel. Le gazage fournit « d’autres bénéfices économiques » à l’industrie volaillère en permettant aux producteurs d’épargner de l’argent sur les coûts d’énergie, par la diminution du gaspillage des sous-produits et de la consommation en eau.

Ce genre de campagne ne sert à rien sinon à rendre le public plus à l’aise par rapport au fait d’exploiter les animaux. Mieux, les grandes organisations de bien-être animal sont devenues des partenaires actifs de l’exploitation animale en aidant l’industrie à apposer un smiley sur la mort, la torture et l’exploitation et en l’aidant en même temps à rendre l’exploitation animale plus efficace et rentable économiquement. Si vous doutez encore de ce qu’est la viande « heureuse » et du rôle qu’elle est censée jouer, à savoir rendre le public plus à l’aise par rapport à l’exploitation animale, c’est que vraiment vous ne faites pas attention.

Le non-sens de l’exploitation « heureuse » constitue un énorme pas en arrière. Les gens ne deviendront jamais végans s’ils croient qu’ils peuvent exploiter éthiquement. Et c’est exactement le message que le mouvement pour l’exploitation « heureuse » cherche à transmettre : à savoir que nous pouvons continuer d’exploiter les animaux et de nous payer des produits d’origine animale tant que les animaux sont traités « humainement ». Comme Peter Singer l’a déclaré :

Pour éviter d’infliger des souffrances aux animaux – sans parler des coûts environnementaux de la production animale intensive -, nous devons réduire drastiquement notre consommation de produits d’origine animale. Mais cela signifie-t-il un monde végan ? C’est une solution, mais pas nécessairement la seule. Si c’est de l’infliction de souffrance dont nous nous soucions, plutôt que de l’infliction de la mort, alors il m’est également possible d’imaginer un monde dans lequel les gens mangeront principalement de la nourriture végétale, mais s’offriront occasionnellement le luxe d’œufs de poules élevées en plein air, ou même éventuellement de viande d’animaux ayant bien vécu dans les conditions naturelles à leur espèce, et tués humainement à la ferme. (The Vegan, automne 2006.)

Le mouvement pour l’exploitation « heureuse » représente la promesse d’une exploitation « compassionnelle », de sorte que nous puissions nous permettre le « luxe » d’exploiter les animaux.

C’est un « luxe » que les animaux ne peuvent pas s’offrir.

Il n’y a pas d’exploitation « humaine », et même s’il y en avait une, elle impliquerait encore et toujours le massacre injustifiable de nonhumains sentients. Singer et son mouvement pour l’exploitation « heureuse » ne sont pas gênés par la question du meurtre des animaux, parce qu’ils ne croient pas que ceux-ci aient un intérêt à la poursuite de leurs existences. J’ai débattu de ce problème dans d’autres articles, dont ceux-ci : 1, 2, ainsi que dans mon nouveau livre, The Animal Rights Debate: Abolition or Regulation?, où je discute du mouvement pour l’exploitation « heureuse » avec le Professeur Robert Garner.

Si vous êtes contre l’exploitation animale ; si vous considérez les animaux comme des membres de la communauté morale ; si vous rejetez l’idée que les nonhumains ne sont que des objets et des ressources pour les humains, vous n’avez qu’une seule option : devenir végan. C’est facile, c’est meilleur pour votre santé et la planète, et c’est surtout, moralement, la bonne et la juste chose à faire. C’est ce que nous devons aux autres animaux. Si vous n’êtes pas végan, alors vous participez directement à l’exploitation animale. Et vous ne vous en tirerez pas moralement en mangeant des poulets gazés.

Si vous êtes végan, alors sensibilisez les autres au véganisme de manière créative et non-violente.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione

©2010 Gary L. Francione

Ajout du 26 octobre 2010 :

PETA a fait paraître un communiqué de presse faisant l’éloge de Bell & Evans qu’elle cite :

« Nous sommes heureux de montrer une fois encore la voie au reste de l’industrie du poulet », déclare Scott Sechler, le président de Bell & Evans. « Le bien-être animal est une composante-clé de notre business ; nous investissons dans ce qui nous importe, parce que c’est la bonne chose à faire. »

On notera au passage que M. Sechler ignore à propos que le gazage des volailles est économiquement bénéfique à ses affaires, comme le démontre l’analyse de PETA.

Et PETA de déclarer :

En promettant d’adopter un système d’abattage qui réduit grandement la souffrance des poulets, Bell & Evans prouvent que le bien-être animal et les bonnes affaires marchent main dans la main », assure Tracy Reiman, la vice-présidente exécutive de PETA.

C’est à couper le souffle. Mais alors, PETA et Bell & Evans sont partenaires dans l’exploitation, et pour l’un comme pour l’autre il s’agit seulement de business.

Le gazage des poulets n’est bon pour les affaires de M. Sechler que s’il vend plus de poulets morts ou s’il réduit ses coûts de production, ou les deux. Or il est clair que le gazage réduit les coûts de production, et grâce à la complaisance de PETA, M. Sechler peut espérer vendre davantage d’oiseaux morts. PETA peut alors crier « victoire » pour les animaux et récolter les dons que le public lui verse avec gratitude pour la récompenser de le faire se sentir beaucoup plus à l’aise par rapport au fait de manger les poulets.

Bell & Evans sont gagnants. PETA aussi. Seuls les animaux sont perdants.

Et que dire du principe exigeant que les droits des animaux signifient véganisme ? Eh bien, Ingrid Newkirk résume ainsi la situation : « Tordons le cou au principe. »

Devenez végan. Contrairement au fait de manger des poulets gazés, c’est la bonne chose à faire.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Pas de troisième choix

Chers Collègues :

Il y a le véganisme et il y a l’exploitation animale. Il n’y a pas de 3ème choix. Si vous n’êtes pas végan, vous participez directement à l’exploitation animale.

Si vous n’êtes pas végan, demandez-vous si votre confort, plaisir, amusement ou convenance ont autant de valeur qu’une vie. Si votre conclusion est que non, alors devenez végan. C’est facile, meilleur pour votre santé et l’environnement, et, plus important que tout, c’est, d’un point de vue moral, la bonne chose à faire.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Souffrance et mort « non nécessaires »

Chers Collègues :

Nous sommes tous d’accord pour dire qu’il est moralement mal d’infliger souffrance et mort « non nécessaires » aux animaux. Si cela a un sens, alors cela doit vouloir dire que nous ne pouvons pas justifier le fait d’infliger souffrance et mort aux animaux pour des raisons de plaisir ou de confort. Or précisément, quelle est notre meilleure justification pour infliger souffrance et mort aux 57 milliards d’animaux (sans compter les poissons) que nous mangeons annuellement ?

Le plaisir. Le confort.

Par conséquent, la seule justification que nous ayons est précisément celle dont nous disons qu’elle ne suffit pas. C’est de la schizophrénie morale.

Si vous n’êtes pas végan, vous participez directement à l’exploitation animale. Etre végan est facile, meilleur pour la santé, et c’est surtout le moyen le plus puissant que vous ayez en tant qu’individu de dire « non » à l’exploitation animale.

Si vous êtes végan, alors sensibilisez les autres au véganisme.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Exploitation bénie

Chers Collègues :

Si vous plébiscitez l’ « omnivore consciencieux » opérant des choix « compassionnels », devinez quoi ? Les gens continueront à manger des produits d’origine animale. Ils continueront de participer directement à l’exploitation animale et ne verront pas où est le mal. Après tout, les « experts », les « gens des droits des animaux » auront béni leur consommation de produits d’origine animale…

Si vous plébiscitez le végétarisme comme un choix « compassionnel », vous donnez aux gens le feu vert pour consommer produits laitiers et autres produits d’origine animale. Ceci explique pourquoi nous connaissons tous de nombreux végétariens qui ne sont jamais devenus végans. Pourquoi le deviendraient-ils alors que les experts auto-désignés ne cessent de leur dire qu’ils se déchargent de leurs obligations morales envers les animaux rien qu’en étant végétariens ?

Si vous considérez les animaux comme des membres de la communauté morale, vous arrêtez de les consommer. Un point, c’est tout. Ce n’est pas une question d’exploitation « heureuse » ; la question, c’est de mettre un terme à l’exploitation.

Si vous n’êtes pas végan, devenez-le. C’est facile, c’est meilleur pour la santé et l’environnement, et surtout, c’est moralement la bonne chose à faire.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Un rêve welfariste devient réalité !

Chers Collègues :

Imaginez que vous trouviez une campagne ciblée qui vous permettra d’engranger de l’argent sans fin, 24 h/24, sept jours sur sept, de sorte que vous (et, surtout, vos donateurs) puissiez « aider les animaux ».

Imaginez que cette campagne ne contraigne personne à changer sa conduite envers les animaux. Que tout le monde puisse continuer à manger des steaks, à boire du lait, à porter de la laine ou du cuir, à aller au cirque et à passer l’après-midi dans les champs de courses, tout en éprouvant le délicieux sentiment d’être une personne douée de « compassion ».

Imaginez une campagne dont le but est précisément de définir la « maltraitance animale » de manière si étroite qu’à peu près nul donateur potentiel, peu importe la quantité de viande, de lait, d’œufs, de fromage, de beurre ou de glace qu’il ingurgite, peu importe la nature de ce qu’il consomme et la forme d’exploitation légalisée à laquelle il participe, ne sera considéré comme participant à la « maltraitance animale ».

Tout ce que les gens auront à faire sera de soutenir des actions complètement dépourvues de sens – par un don, bien entendu.

Ne cherchez pas plus loin, j’ai la campagne qu’il vous faut : la campagne des registres contre la maltraitance animale.

Le Comté de Suffolk, dans la moitié est de Long Island, a créé cette semaine le premier registre de maltraitance animale. Cette loi exigera que les personnes condamnées pour cruauté envers les animaux soient enregistrées par les autorités ou fassent face à la prison et aux amendes. La loi Suffolk est modelée sur les « Lois Megan » qui ont créé des registres pour les agresseurs d’enfants.

Désormais, nous serons donc en mesure d’identifier les « agresseurs d’animaux », tout au moins dans une partie de Long Island.

Mais attendez.

Les supermarchés du Comté de Suffolk qui vendent des morceaux de corps et des produits d’origine animale figureront-ils sur le registre ? Eh bien non, car la vente de morceaux de corps d’animaux ou de produits d’origine animale est parfaitement légale. Ce n’est pas de la « maltraitance animale ».

Et les habitants du Comté de Suffolk qui consomment des produits d’origine animale – ainsi que tous ceux d’entre nous qui créons la demande en produits d’origine animale – figureront-ils sur le registre ? Bien sûr que non. Consommer des animaux ne constitue pas une violation de la loi anti-cruauté.

Par conséquent, qui est exactement visé par cette loi ?

Eh bien, selon l’article en lien ci-dessus, il y a la femme qui a torturé les chats :

La loi fut motivée par de nombreux cas de maltraitance animale survenus au cours des mois précédents, dont celle d’une femme de Selden accusée d’avoir forcé ses enfants à assister à la torture et au meurtre de chats et de douzaines de chiens, avant de les brûler dans son arrière-cour.

Il est clair désormais que le problème est ici. En définissant par  « maltraitance animale » les conduites rares et pathologiques se heurtant aux lois anti-cruauté – conduites représentant sans doute moins que le millionième d’1 % de l’usage que nous faisons des animaux -, on ne touche pas à ce qui est considéré comme « normal ». On renforce l’idée qu’utiliser n’est pas maltraiter, et que la maltraitance constitue l’exception à la règle plutôt que la règle de chaque seconde de chaque jour. En outre, cette loi s’appliquera majoritairement aux situations impliquant les animaux que nous fétichisons : les chiens, les chats, etc. Autrement dit à ceux que nous aimons et que nous considérons comme des membres de notre famille, tout en plantant allégrement notre fourchette dans le corps des autres.

Bref, c’est une initiative dépourvue de sens qui servira seulement à renforcer l’idée qu’il est correct d’exploiter les animaux tant que nous ne les « maltraitons » pas.Cette initiative dit même que notre utilisation « normale » des animaux n’est pas de la maltraitance.

Il est tout aussi clair que cette sorte de campagne est un rêve welfariste qui devient réalité : c’est une campagne que tout le monde peut soutenir et qui donnera l’impression aux gens d’être vertueux. Seuls les « méchants » maltraitent les animaux, et ils figurent dans le registre criminel ; quant à nous autres, nous sommes des gens doués de « compassion ».

Je peux vous assurer que cette campagne constitue un filon du welfarisme animal qu’on ne pourra pas arrêter. En fait, si vous voulez grimper à bord, vous feriez mieux de vous dépêcher, car il est déjà en train de quitter la gare :

Les militants du bien-être animal espèrent que la loi, votée mardi à l’unanimité dans la banlieue du Comté de la ville de New York qui compte 1,5 million d’habitants, inspirera les gouvernements du pays tout entier, de la même façon que les registres de la Loi Megan pour les agresseurs d’enfants se sont multipliés au cours de la dernière décennie.

Plus d’une douzaine d’Etats ont introduit une législation visant à établir des registres similaires, mais le Comté de Suffolk est la première entité gouvernementale à voter une telle loi, a déclaré Stephan Otto, directeur des affaires législatives du Fonds de Défense Légale des Animaux.

PETA a déjà fait part de son soutien enthousiaste aux registres. PETA estime-t-elle que la conceptrice d’abattoirs et consultante en industrie de la viande Temple Grandin devrait y figurer ? Rentre-t-elle dans la catégorie des « agresseurs d’animaux » ? Non ; PETA a décerné un prix à Grandin.

Et Whole Foods, qui vend de la viande « heureuse » et d’autres produits d’origine animale soutirés aux animaux torturés ? Non, car PETA (avec la plupart des grosses sociétés commerciales du bien-être animal) soutient les produits d’origine animale « heureux » vendus par Whole Foods.

Et les organisations animalistes aux vastes budgets qui préfèrent tuer les animaux plutôt que de mettre sur pied un programme d’adoption ? Sont-ils des « agresseurs » ? Non, PETA tue 90 % des animaux qu’elle recueille dans ses installations, donc cela ne saurait constituer de la maltraitance, n’est-ce pas ?

Et les gens qui consomment des produits d’origine animale ? PETA les considère-t-elle comme des « agresseurs d’animaux » ? Ce serait légèrement embarrassant étant donné que la moitié des membres de PETA, selon le vice-président de l’organisation Dan Mathews, ne sont même pas végétariens.

Cela vient renforcer mon avis selon lequel l’idée des registres d’agresseurs n’est qu’une tentative de définir la « maltraitance » par l’exception pathologique consistant à torturer des chatons et des chiens dans son arrière-cour. Ce genre d’épisode est extrêmement rare. C’est l’exploitation journalière faite par des gens ordinaires, y compris celle perpétrée, facilitée et approuvée par le business du bien-être animal, qui constitue la vraie maltraitance.

Mais soyez relax ! Il doit y avoir plein de dollars à se faire là-dedans. Il existe 50 Etats plus Washington D.C., divers territoires et des centaines de milliers de comtés, de villes, de villages, etc. C’est une campagne qui peut s’étendre sur des décennies et dont la durée de vie en termes de collectes de fonds est presque illimitée. J’imagine déjà les Marches en faveur des Registres menées par des célébrités diverses et variées, permettant à chaque femme, homme ou enfant d’acheter son passeport pour se démarquer de la classe des « agresseurs d’animaux » en faisant un don pour s’assurer que les vrais « agresseurs d’animaux » figurent bien dans les registres criminels pendant que nous continuerons d’avoir bonne opinion de nous-mêmes. Je suis sûr que l’on prévoit déjà d’organiser des événements médiatiques avec des femmes nues portant seulement des morceaux de papier avec les noms des délinquants figurant dans les registres. Oh, tous les sacrifices que certains feront « pour les animaux »…

Et que dire de la femme de Long Island qui a torturé les chiens et les chatons ? N’est-ce pas une bonne idée que d’avoir un registre pour identifier les gens comme elle ?

Eh bien, ce n’en est pas une si vous croyez traiter des cas similaires de la même façon.

Vous voyez, cette personne a torturé des chiens et des chatons parce qu’elle en retirait plaisir et satisfaction. Etait-ce mal ? Certainement. Mais en quoi ce qu’elle a commis diffère-t-il réellement de ce que le reste d’entre nous faisons ? La plupart d’entre nous mangeons des produits d’origine animale, et les animaux dont ces produits sont issus ont été torturés exactement autant que les chiens et les chatons de l’affaire de Long Island. Mais cette femme est une criminelle, tandis que nous autres, qui soutenons le registre et d’autres trucs du même acabit, sommes des gens doués de « compassion ». Cherchez l’erreur.

Il y a quelques années (2007), j’avais fait la remarque que Michael Vick, qui a purgé sa peine pour avoir organisé des combats de chiens, ne différait pas vraiment du reste d’entre nous. Il aimait s’asseoir autour d’une fosse et regarder des chiens se battre entre eux ; nous autres aimons nous asseoir autour d’une fosse à barbecue pendant que rôtissent les corps d’animaux qui ont été torturés exactement autant (sinon plus) que les chiens de Vick. La seule différence entre lui et nous est que nous payons quelqu’un pour faire le sale boulot à notre place. Mais nous prenons plaisir à consommer les produits de l’exploitation exactement comme Vick prenait plaisir à ce qu’il faisait.

Tout cela, c’est de la schizophrénie morale.

Si vous n’êtes pas vegan, devenez-le. C’est facile, c’est meilleur pour votre santé et pour la planète. C’est surtout, sur le plan de l’éthique, la bonne et la juste chose à faire. C’est ce que nous devons aux autres animaux. Si vous êtes vegan, alors sensibilisez les autres au véganisme.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Approche Abolitionniste en Français : le nouveau site-miroir

Chers Collègues :

Marc Vincent, Méryl Pinque et Valéry Giroux ont créé un site-miroir en français. Je suis ravi que les militants français disposent désormais d’un site qui soit l’exacte réplique de notre site originel.

Bien qu’il existe des sites publiant régulièrement des traductions autorisées de mes articles de blog en espagnol, en portugais et enallemand, et bien que le site en anglais vous propose des vidéosle Pamphlet Approche Abolitionniste ainsi que d’autres documents en plusieurs langues, il s’agit de notre premier site-miroir.

Merci à Marc, Méryl et Valéry.

J’aimerais ajouter que quelle que soit la langue que vous parlez, la réalité est la même :

Si vous n’êtes pas vegan, devenez-le. C’est facile, c’est meilleur pour la santé et la planète. Par-dessus tout, c’est, moralement, la bonne et la juste chose à faire.

Si vous êtes vegan, alors sensibilisez les autres au véganisme de manière créative et non-violente.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Viva! contre la RSPCA… et n’oubliez pas le bouton « Donnez » !

Chers Collègues :

Dans le sillage de la controverse britannique sur la vente de viande halal qui suppose l’exsanguination sans étourdissement et les remarques de l’organisation néowelfariste Viva! selon quoi « Les consommateurs peuvent y mettre du leur en boycottant les endroits vendant de la viande d’animaux qui n’ont pas été étourdis », j’ai écrit deux articles.

Dans le premier article, je faisais remarquer que, en plus de suivre le mouvement islamophobe conduit par les médias réactionnaires, Viva! faisait la promotion d’une version soi-disant “plus heureuse” du massacre animal, quand elle aurait dû dire que la seule réponse cohérente au souci moral de l’exploitation animale est d’arrêter complètement de manger, de porter ou d’utiliser les produits d’origine animale en devenant vegan.

Viva! a répondu, et j’ai alors écrit un second article où je faisais remarquer que Viva! établit une distinction entre la chair et les autres aliments d’origine animale, plébiscite le végétarisme comme choix éthique cohérent, définit le véganisme comme difficile et « rebutant », vend des livre de cuisine végétarienne avec des recettes non véganes et fait de la publicité pour des auberges et restaurants servant des produits laitiers. Bref, Viva! promeut l’exploitation animale dans sa version sans viande.

Viva! a mis en accusation la RSPCA qui sponsorise le label Freedom Food, affirmant que la RSPCA ne contrôle pas correctement les choses et que les œufs « heureux » ne le sont pas vraiment. Mais Viva! ne nous dit rien de neuf. Il était clair dès le départ que le projet Freedom Food n’est rien de plus qu’un procédé marketing destiné à enrichir la RSPCA et les producteurs de viande/produits d’origine animale « heureux », et que les animaux Freedom Food sont torturés autant que ceux dont la souffrance et la mort ne sont pas bénies par la RSPCA. Pourtant, des groupes welfaristes nord-américains, britanniques ou autres déploient des efforts frénétiques pour créer de nouveaux partenariats avec les exploiteurs établis qui entraîneront encore plus de labels « exploitation heureuse ».

Mais revenons au conflit opposant Viva! et la RSPCA. Nous avons donc une organisation qui soutient l’exploitation animale qui accuse une autre organisation de soutenir l’exploitation animale. Je m’attends presque à ce que Viva! fasse étalage de certaines de ses célébrités non véganes pour nous dire que les non-vegans de la RSPCA sont moins « compatissants » que les non-vegans de Viva!. Peut-être même que PETA pourra patronner un combat de catch « compassionnel » dans la boue entre les non-vegans de Viva! en petite tenue et la RSPCA. N’importe quoi pour les animaux.

Mais après la pluie, le beau temps. Bien entendu, les produits d’origine animale ne sont pas vraiment « heureux » (sauf apparemment s’ils sont servis dans un restaurant non vegan plébiscité par Viva!). Mais vous pouvez aider. A droite de la mise en accusation de la RSPCA par Viva! se trouve la solution : « Aidez-nous à sauver les animaux. Faites un don à Viva! », et vous avez un espace pour inscrire la somme choisie ainsi que le bouton « Donnez ».

Tel est le refrain de base de toutes les grandes structures : la situation est mauvaise pour les animaux, mais vous pouvez l’améliorer. Envoyez-nous de l’argent et nous résoudrons le problème. Nous « sauverons les animaux ».

Bien sûr, c’est un fantasme. La seule chose que vous sauverez en cliquant sur le bouton « Donnez », ce sont les jobs des gens qui travaillent pour Viva!. Il existe un moyen de résoudre le problème de l’exploitation animale ; il existe un moyen de « sauver les animaux » : celui de faire évoluer leur statut de celui de produits et de ressources humaines à celui de membres de la communauté morale et de personnes nonhumaines. Mais cela n’arrivera jamais – ne pourra jamais arriver – tant que les animaux se retrouveront dans nos assiettes, sur notre dos ou à nos pieds. Leur statut ne changera pas en l’absence d’un mouvement puissant pour le véganisme éthique.

Par conséquent, vous pouvez aider, mais pas en envoyant de l’argent à Pierre ou Paul. Vous n’avez pas besoin de grandes structures, ni du bouton « Donnez ». Les grandes structures commerciales animalistes sont des obstacles au changement, non des facilitateurs.

Vous avez seulement besoin de votre décision pour faire ce qu’il convient et devenir vegan.

Ne vous méprenez pas : si vous n’êtes pas vegan, vous participez directement à l’exploitation animale. Il n’y a pas de différence moralement pertinente entre la chair et les autres produits d’origine animale. Il y a autant de souffrance dans un verre de lait ou un morceau de fromage servi dans un restaurant de type exploitation « heureuse » plébiscité par Viva! que dans la viande vendue sous le label exploitation « heureuse ». Tous les animaux, qu’ils soient utilisés pour la viande, le lait ou n’importe quoi d’autre, que les produits soient vantés ou non comme « heureux », finissent leurs existences dans le bruit et les conditions sordides des mêmes immondes abattoirs.

Si vous n’êtes pas vegan, devenez-le. En dépit des proclamations négatives de Viva! et de plusieurs autres grosses structures commerciales animalistes selon quoi le véganisme serait difficile ou rebutant, c’est très facile. Et quelque difficile que vous le trouviez vous-même, songez combien le fait que vous ne soyez pas vegan est dur pour les animaux.

Le véganisme est meilleur pour votre santé et pour la planète. Par-dessus tout, c’est moralement la bonne et la juste chose à faire. Le véganisme éthique est un moyen puissant de dire « non » à l’exploitation animale.

Si vous êtes vegan, alors sensibilisez les autres au véganisme. Votre propre véganisme et vos efforts engagés dans une éducation végane créative et non-violente sont ce qu’il y a de plus efficace pour aider les animaux.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione