Commentaire n°2: Les « animaux de compagnie »

Chers collègues:

La question des « animaux de compagnie » est un sujet sensible avec beaucoup de défenseurs.

Voici ce que j ›ai écrit dans l ›appendice de mon livre: Introduction aux Droits des Animaux: Votre Enfant ou le Chien?:

Question 3: Est-ce que l ›institution de la possession d ›animaux de compagnie viole le droit basique des animaux à ne pas être considérés comme des objets?

Réponse: Oui. Les animaux de compagnie sont notre propriété. Les chiens, chats, hamsters, lapins, et autres animaux sont produits en masse comme des boulons dans une usine ou, dans le cas des oiseaux ou animaux exotiques, capturés dans la nature, transportés sur de longues distances, pendant lesquelles beaucoup d ›entre eux meurent. Les animaux de compagnie sont commercialisés exactement de la même façon que d ›autres commodités. Bien que certains d ›entre nous traitent bien leurs compagnons, la plupart d ›entre nous les traite mal. En Amérique, la majorité des chiens passe moins de deux ans dans un foyer avant d ›être jetés dans une fourrière ou sinon transférés à un nouveau propriétaire; plus de 70% des gens qui adoptent des animaux les donnent, les emmènent dans des refuges ou les abandonnent. Nous sommes tous conscients d ›histoires horribles de chiens du voisinage vivant à l ›attache et passant la majorité de leur vie seuls. Nos villes sont pleines de chiens et chats errant qui vivent misérablement, qui sont affamés ou souffrent du froid, qui succombent de maladies, ou  qui sont torturés par des humains. Des gens qui disent aimer leurs compagnons animaux les mutilent absurdement en leur faisant  couper les oreilles, la queue, ou arracher les griffes de façon à ce qu ›ils ne grattent pas les meubles.

Vous pouvez traiter votre compagnon comme un membre de votre famille et effectivement lui accorder une valeur intrinsèque ou le droit basique de ne pas être traité comme votre ressource.

Mais le traitement de votre animal signifie vraiment que vous considérez votre propriété animale comme ayant une valeur supérieure à celle du marché; si vous changiez d ›avis et que  vous administriez quotidiennement des sévices corporels graves à votre chien à des fins disciplinaires ou que vous arrêtiez de nourrir votre chat pour le motiver davantage à attraper les souris dans le sous-sol de votre magasin,  ou que vous tuiez votre animal pour ne plus l ›assumer financièrement, votre décision serait protégée par la loi. Vous êtes libre de donner la valeur que bon vous semble à votre propriété. Vous pouvez décider de lustrer souvent votre voiture ou de laisser l ›érosion se faire.

Le choix vous appartient. Tant que vous apportez le minimum d ›entretien à votre voiture pour qu ›elle passe le contrôle technique, toutes autres décisions prises avec respect envers le véhicule, y compris le donner au ferrailleur sont vos affaires. Tant que vous apportez un minimum de nourriture, d ›eau et d ›abris à votre animal, toutes autres décisions, à part de le torturer sans raison, sont vos affaires, y compris votre décision de l ›abandonner dans le refuge le plus proche (où beaucoup d ›animaux sont soit tués soit vendus pour la recherche), ou de le faire tuer par un vétérinaire complaisant.

Il y a de nombreuses années, j ›ai adopté un hamster par l ›intermédiaire d ›un camarade de fac de droit. Une nuit le hamster a été malade, et j ›ai appelé les urgences vétérinaires. Le vétérinaire a dit que la somme minimale pour une urgence était de 50$ et m ›a demandé si je voulais dépenser cette somme alors que je pouvais avoir un « nouveau » hamster dans n ›importe quelle animalerie pour 3$. J ›ai de toute façon emmené le hamster chez le vétérinaire, mais cet événement a été l ›un des premiers à réveiller ma conscience au sujet du statut de commodités économiques que sont les animaux.

En tant que personne vivant avec sept compagnons canins sauvés que j ›aime tendrement, je ne prends pas ce sujet à la légère. Bien que je considère mes compagnons comme des membres de la famille, ils restent ma propriété et je pourrais décider demain de les tuer. J ›ai beau aimer vivre avec des chiens, s ›il n ›en restait plus que deux dans le monde, je ne serais pas d ›avis de les élever pour qu ›il y ait plus « d ›animaux de compagnie » et donc de perpétuer leur statut de propriété. En effet, quiconque se soucie réellement des chiens devrait visiter une « usine à chiots » – un endroit où les chiens sont élevés par centaines ou par milliers et ne sont traités que comme des commodités. Les chiennes reproduisent jusqu ›à épuisement et sont soit tuées soit vendues pour la recherche. Nous devrions bien sûr arrêter de donner la vie à des animaux pour pouvoir les posséder comme animaux de compagnie.

Dans ce second Commentaire de l ›Approche Abolitionniste, nous étudierons tous les aspects de la question des « animaux de compagnie ».

Gary L. Francione
© 2009 Gary L. Francione