Archives mensuelles : février 2007

Mon repas à la « viande heureuse » du Erik’s diner

Chères et chers collègues:

Hier, dimanche le 25 février, j’ai eu un agréable entretien avec Erik Marcus de Erik’s Diner. Erik a défendu la position selon laquelle les réformes welfaristes procurent une protection significative aux animaux et nous mèneront à l’abolition alors que j’ai argumenté que ces réformes sont largement insignifiantes et ne font rien d’autre que de permettre aux gens de se sentir plus à l’aise de continuer à exploiter les animaux. J’ai soutenu qu’un mouvement abolitionniste doit choisir des moyens abolitionnistes pour atteindre son objectif et que cela signifie que nous devons allouer notre temps et nos ressources à l’éducation créative et non violente au véganisme/abolitionnisme, ainsi qu’aux soins offerts aux animaux prix individuellement. Ce fût une discussion animée, qui a duré à peu près 2 ½ heures!

Bob Torres de Vegan Freak a généreusement accepté de préparer une version MP3 de cette discussion afin de me permettre de la mettre à votre disposition. Vous pouvez écouter l’émission entière en utilisant le lien suivant :

Débat entre Erik Marcus et Gary L. Francione

J’espère que vous apprécierai l’émission.

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Goodall à propos de la vivisection et du végétarisme

Dans un article (19 février 2007) d’une publication enligne espagnole, El Mundo, Jane Goodall dit clairement ne pas être opposée à toute forme de vivisection et que, même si elle affirme être végétarienne, elle ne croit pas qu’il s’agisse là d’« une option que tout le monde devrait adopter ». Je ne sais pas si elle est végane, mais puisqu’elle continue à faire partie des célébrités qui appuient les produits laitiers de la Stonyfield Farm, je présume qu’elle ne l’est pas.

De toute façon, voici deux extraits de l’entretien, qui a été traduit par le professeur Jenna Torres de l’Université St-Lawrence, qui est aussi la coproductrice du site web Vegan Freak et de ses émissions, et par Maria Luisa Arenzana, une activiste espagnole qui traduit des textes portant sur les droits des animaux.

La traduction :

Q : Est-ce que vous croyez que la recherche biomédicale sur les primates devrait être interdite?

Goodall : Oui, elle devrait être interdite, à moins qu’il y ait une justification très claire comme les maladies telles que l’Alzheimer ou le Parkinson. Je ne suis pas nécessairement contre toute recherche utilisant des primates ou d’autres animaux. Ce que je crois, c’est que lorsqu’une expérience est justifiée par des raisons médicales, il faut prendre des précautions extrêmes afin que les animaux souffrent le moins possible. Mais nous savons que ce n’est pas comme ça aujourd’hui. La réalité est que la majorité des laboratoires sont des endroits terrifiants.

Q : Êtes-vous végétarienne?

Goodall : Oui, mais il ne s’agit pas nécessairement d’une option que tout le monde devrait adopter. Toutefois, si les gens sentent qu’il est nécessaire de manger de la viande, je crois que, pour leur propre santé, ils devraient en manger le moins possible, et qu’ils devraient toujours tenter de trouver des produits provenant de fermes organiques où les animaux ne sont pas gardés dans d’horribles conditions et nourris aux antibiotiques.

Merci au professeur Torres et à madame Arenzana.

Merci également à Jane Goodall, pour avoir, dans ses propres mots, affiché très clairement sa position spéciste.

Gary L. Francione
© 2007 Gary L. Francione

Quelques réflexions à propos des organisations nationales

On m’a récemment invité à participer à une émission en deux parties diffusée sur la Vegan Freak Radio. À l’occasion des discussions incluses dans le section commentaires de la seconde partie de l’émission et dans celle des forums, a été soulevée la question de savoir si les défenseurs des animaux doivent se concentrer sur les activités locales et populaires, ou si le mouvement doit plutôt être contrôlé par des « dirigeants » qui fixent les objectifs du mouvement et les imposent aux activistes.

J’ai quelques idées à ce propos, que j’ai émises à l’occasion du forum de discussion et que j’aimerais partager avec vous.

À mon avis, il y deux problèmes intereliés :

Premièrement, même si certaines organisations nationales sont certes meilleures que d’autres, la plupart de ces groupes font la promotion de campagnes qui focalisent davantage sur le traitement des animaux plutôt que sur leur utilisation. C’est-à-dire qu’ils considèrent que le problème se situe principalement au niveau de la manière dont les animaux sont utilisés et non du fait même que les animaux soient utilisés. Or, tant et aussi longtemps que le traitement sera sa principale préoccupation, le mouvement tentera d’atteindre l’objectif évasif de réduire la souffrance en rendant l’exploitation plus « humaine » plutôt que d’abolir l’utilisation d’animaux en éradiquant graduellement leur statut de propriété.

Tel que je le soutiens depuis maintenant de nombreuses années, toute mesure prise à l’égard des animaux peut être considérée comme « réduisant leur souffrance ». Pourtant, ces mesures ont généralement pour but de protéger les intérêts des animaux dans la seule limite où il est économiquement avantageux de le faire et, donc, ne peuvent, d’aucune manière significative, être interprétées comme le résultat de la reconnaissance de la valeur inhérente des nonhumains. Au contraire, ces campagnes welfaristes renforcent souvent la valeur extrinsèque ou conditionnelle des animaux.

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SITUATION D’URGENCE AU SANCTUAIRE PEACEFUL PRAIRIE

Chers collègues :

Je n’ai pas encore visité Peaceful Prairie mais ce qu’on m’a dit jusqu’à maintenant à son propos m’a beaucoup impressionné. Contrairement à d’autres sanctuaires, il ne fait pas la promotion de cette notion insensée de viande « heureuse » et il adopte une position clairement abolitionniste. D’ici là, j’affiche l’annonce qui a été placée sur leur site aujourd’hui.

Il a besoin d’aide.
Si vous voulez répondre: cliquez ici

Le sanctuaire a toujours un URGENT besoin de fonds!

Nous aimerions informer tous nos supporters de la difficulté qu’éprouve le Peaceful Prairie Sanctuary (PPS) à se remettre de deux tempêtes de neige consécutives et de la basse température que l’hiver a apportée jusqu’à maintenant.

Grâce à un donneur anonyme, nous avons pu obtenir suffisamment de luzerne pour nourrir les chèvres, les moutons et les vaches pendant le reste de l’hiver. Par contre, le prix de la nourriture pour les porcs, poulets, canards et oies a atteint des sommets inégalés, tout comme le prix de la paille et des copeaux de pin utilisés pour leur offrir un lit sec et chaud. Les factures d’électricité ont plus que triplé.

Nos granges, clôtures et installations extérieures ont également subis d’importants dommages! Le poids des clôtures écrasées par la neige a disloqué les portes, a détruit les murs côtés nord et ouest de la grange, a arraché des pans de toit entiers et a gelé l’eau des robinets et des tuyaux souterrains.

L’effet domino de la tempête nous obligera à remplacer, à réparer et à payer pour les dommages subis pendant plusieurs des mois à venir.

Alors que les propriétaires de ranchs du Colorado ont reçu de l’aide municipale, régionale et nationale pour nourrir leur bétail et pour le maintenir en vie jusqu’à ce qu’il puisse être brutalement abattu, nous faisons tout en notre possible pour permettre aux résidants du PPS de rester en vie et de recevoir les soins appropriés en dépit des blizzards incessants et de leurs conséquences.

Nous espérons pouvoir retrouver une sorte de quasi-normalité dans les mois qui viennent, remettre sur pied nos horaires de visites et faire en sorte que le sanctuaire se remette non seulement à fonctionner normalement de nouveau, mais – grâce à votre aide – à fonctionner même mieux qu’avant.

À ceux d’entre vous qui avez généreusement aidé pendant ces temps difficiles, nous vous remercions.

À tous, s’il vous plait continuez à appuyer le sanctuaire et notre travail par vos dons déductibles d’impôt. Jusqu’à ce que nous puissions recommencer à recevoir des visiteurs au sanctuaire, vous pouvez vous adonner à une visite virtuelle en visionnant les vidéos suivants.

Si vous voulez aider, cliquez ici

Merci.

Gary L. Francione
© 2007 Gary L. Francione

« Les êtres humains vont tous mourir, eux aussi. »

Il semble que le mouvement pour la défense des animaux s’enfarge dans ses propres membres tant il s’emballe et se précipite frénétiquement, afin de se trouver dans la meilleure position pour embrasser le postérieur corporatif de Whole Foods Market et son chef de la direction, John Mackey.

Bien sûr, Whole Foods vend des tonnes de cadavres d’animaux (frais ou congelés) et des milliers de produits d’origine animale. Mais ne vous inquiétez pas, fous, les défenseurs des animaux. Il s’agit là de produits d’animaux « heureux ». Rien de moins éclairant que lorsque Peter Singer, le soi-disant « Père du mouvement pour les droits des animaux », nous dit que « Whole Foods a mis sur pied la Animal Compassion Foundation, une organisation indépendante et sans but lucratif dont la mission est « d’éduquer et de soutenir la recherche afin d’aider et d’inspirer les propriétaires de ranchs et les producteurs de viande à travers le monde à atteindre de plus hauts standards d’excellence en matière de bien-être animal tout en maintenant leur viabilité économique » (The Way We Eat : Why Our Food Choices Matter, 181) Et cela est radical, n’est-ce pas? La Animal Compassion Foundation « procurera de l’aide et inspirera » ceux qui produisent des cadavres d’animaux à améliorer la situation dans la mesure où ils peuvent maintenir un profit acceptable. En d’autres mots, nous pouvons vendre des nonhumains et faire du profit ce faisant, mais vous, les « consommateurs compatissants », pouvez dormir sur vos deux oreilles. Attendez-vous à une révolution.

Whole Foods, selon Notre Père, est une « entreprise éthique » (183), faisant partie de ce que Singer considère être l’approche des « omnivores consciencieux » dans le domaine de l’exploitation des nonhumains. Et Whole Foods promet que « les producteurs qui rencontreront ces standards volontaires seront autorisés à poser sur leurs produits une étiquette les « ‘désignant Animal Compassionate’ ». Encore une autre étiquette de viande « heureuse », pouvant entrer en compétition avec l’étiquette ‘Certified Humane Raised & Handled’ ainsi que l’étiquette ‘Freedom Foods’. Que de choix de viandes « heureuses »!

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Viande d’animaux « heureux »: un pas vers l’abolition ou une excuse permettant la consommation de produits d’origine animale?

Un article récemment paru dans le BBC News Magazine a capté mon attention. On y cite le professeur Rachael Deacon disant : « Je paye plus cher pour acheter de la nourriture santé. Je ne veux pas que les animaux soient abattus dans d’horribles conditions ou qu’ils aient une vie horrible ». Mis à part le fait que, selon madame Deacon, il est possible d’abattre d’une manière qui ne soit pas horrible, est-ce que les préoccupations de cette dame reflète le succès des défenseurs des animaux, qui font la promotion de la viande « heureuse » en tant qu’étape intermédiaire vers un monde où il y a moins de souffrance et de mort?

Non. Elle a été végétarienne pendant 10 ans mais a maintenant choisi de recommencer à manger de la viande.

Deacon est une « omnivore consciencieuse » dont l’exemple illustre bien le problème de l’approche de la viande « heureuse », approche qui domine maintenant au sein du mouvement pour la défense des animaux. Les grosses corporations en faveur du bien-être animal ont créé des étiquettes, telles que la mention Certified Humane Raised & Handled et l’étiquette Freedom Food, afin que les consommateurs se sentent plus à l’aise de manger des animaux ayant été élevés et tués de manières qui, si elles devaient être appliquées à des humains, seraient sans doute perçues comme de la torture. Les défenseurs des animaux remettent des prix aux designers d’abattoires et félicitent publiquement les chaînes de supermarchés qui vendent des produits provenant des cadavres d’animaux supposément élevés et abattus de manière « humaine » et d’autres produits d’animaux« heureux ».

Cette approche ne dirige pas les gens vers l’adoption progressive du véganisme. Ellle leur offre plutôt une raison de s’en éloigner. Elle focalise sur le traitement plutôt que sur l’utilisation des animaux et trompe les gens en leur faisant croire que les règlements de type welfariste ont pour résultat d’assurer une protection significative aux animaux.

L’article de la BBC, « Certaines saucisses sont plus égales que d’autres (Some sausages are more equal than others) », illustre aussi ce problème. L’auteur Megan Lane nous dit qu’elle a été végétarienne pendant 14 ans mais qu’elle a « recommencé à manger de la viande, mais seulement celle qui provient d’animaux qui ont pu jouir d’une vie heureuse avant d’être abattus ». Elle dit que lorsqu’elle est devenue végétarienne, les produits « organiques et la viande provenant d’animaux en liberté » n’étaient pas aussi faciles à trouver qu’ils le sont aujourd’hui.

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