Archives de l’auteur : Gary L. Francione

L’Approche Abolitionniste des Droits des Animaux en Chine !

Chers Collègues :

Plusieurs d’entre vous ont écrit pour s’enquérir de la façon dont faire connaître la théorie abolitionniste dans des pays tels que la République Populaire de Chine. Eh bien, voici une photo de mon livre, Introduction to Animal Rights: Your Child or the Dog?, traduit et publié en Chine par les Presses de l’Université Chinoise de Droit et de Sciences Politiques de Pékin. Cette Université possède l’une des facultés de droit les plus cotées du pays.

Le Pamphlet Approche Abolitionniste est également disponible en chinois.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Si vous n’êtes pas végan, devenez-le. C’est facile : c’est meilleur pour votre santé et pour la planète. Mais c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

L’absurdité de la compétition entre les étiquettes « humanitaires »

Chers collègues :

Il arrive que l’on ne sache pas par quoi commencer.

C’est là une de ces fois.

La Humane Society of the United States (HSUS) a apparemment entrepris un recours collectif contre les fermes Perdue :

La Humane Society of the United States a annoncé l’enregistrement d’un recours collectif contre le troisième plus grand producteur national de poulets, Perdue Farms, parce que ce dernier aurait prétendu que des poulets élevés intensivement étaient élevés de façon « humaine ».

La poursuite – enregistrée par un membre de la HSUS au nom des consommateurs dupés par les fermes Perdue – allègue que Perdue a illégalement publicisé ses produits au poulet de marque « Harvestland » et « Perdue » comme des produits issus de poulets « élevés humainement », en violation de la New Jersey Consumer Fraud Act. Les demandeurs veulent un procès avec jury et ils visent à obtenir des dommages compensatoires pour les membres du groupe, ainsi que l’émission d’une injonction contre l’utilisation future de l’étiquette « élevés humainement » de Perdue.

« Les compagnies comme Perdue exploitent la demande explosive des consommateurs pour une amélioration du bien-être animal pour leur propre profit », affirme Jonathan Lovvorn, vice-président et avocat à la tête du département de litige pour la protection animale de la HSUS. « Plutôt que de mettre en œuvre des réformes quant au bien-être animal, Perdue a simplement collé des étiquettes affichant « élevés humainement » sur ses produits issus de l’élevage industriel, espérant que le consommateur ne fasse pas la différence. »

Les standards sur lesquels Perdue a basé ses étiquettes « élevés humainement » sont les soi-disant « lignes directrices du bien-être animal » du National Chicken Council – l’agence de commerce de l’industrie du poulet. La poursuite allègue que ces lignes directrices permettent des traitements qu’aucun consommateur raisonnable ne considérerait comme « humains ».

Dr. Temple Grandin, qui compte parmi les plus grands experts mondiaux de la manipulation et de l’abattage d’animaux de ferme, le dit franchement dans un journal de l’industrie commerciale : « L’audit du National Chicken Council Animal Welfare utilise un système de points qui est tellement laxiste qu’il permet aux usines ou aux fermes ayant de vraiment mauvaises pratiques de passer. » Dans son livre Animals in Translation, Grandin explique, « Les poulets d’aujourd’hui sont élevés de manière à grossir si rapidement que leurs pattes peuvent briser sous le poids de leur corps ballonné. C’est horrible. »

Je ne doute aucunement du fait que les poulets de Perdue ne sont pas traités « humainement ». Je n’ai pas de doute du tout.

Par contre, je ne doute pas non plus du fait que la viande, les produits laitiers et les œufs issus de l’élevage animal compatissant de Whole Foods que HSUS, PETA et d’autres appuient ne proviennent pas d’animaux que la plupart d’entre nous considéreraient comme « humainement » traités. En fait, j’ai explicitement demandé à l’organisme People for the Ethical Treatment une douzaine de fois sur Twitter si PETA considère les produits qualifiés de « Animal Compassionate » comme ayant été obtenus « humainement » et PETA a refusé de répondre.

Et je n’ai pas non plus de doute que la viande, les produits laitiers, les œufs et les autres produits vendus sous l’étiquette Certified Humane Raised and Handled, qui sont promus par l’organisme Humane Farm Animal Care (HFAC) ainsi que son « partenaire » HSUS, ne proviennent pas d’animaux que la plupart d’entre nous estimerait avoir été « humainement » traités.

Et je n’ai pas non plus de doute que la viande, les produits laitiers, les œufs et les autres produits vendus sous l’étiquette Humane Choice, promus par l’organisme Humane Society International, une branche de la HSUS, ne proviennent pas d’animaux que la plupart d’entre nous jugerait avoir été « humainement » traités.

Et je n’ai pas non plus de doute que les œufs de poules « sans cage » que la HSUS promeut dans ses compagnes en faveur de Proposition 2 et que la HSUS qualifie de « socialement responsables », ne proviennent pas d’animaux que la plupart d’entre nous considérerait comme « humainement » traités.

Alors voyons si j’ai raison. La HSUS poursuit Perdue parce que la HSUS pense que Perdue ne traite pas ses poulets « humainement », mais la HSUS parraine elle-même l’étiquetage de l’exploitation « heureuse » afin de promouvoir des produits faits à partir d’animaux qui sont torturés, mais moins – du moins, selon la HSUS. Selon la HSUS, l’utilisation que Perdue a faite du terme « humainement » est trompeuse parce que ses pratiques sont conformes à des lignes directrices qui ne requièrent pas un traitement « humain » et, même si l’exploitation « heureuse » promue par la HSUS n’est pas « humaine » non plus, son utilisation du terme « humainement » n’est pas trompeuse parce que la consultante de l’industrie de la viande Temple Grandin l’a dit.

Voilà qui reviendrait à poursuivre le gouvernement parce que son affirmation selon laquelle la torture par l’eau n’est pas de la « torture » est trompeuse et à exiger que les planches utilisées pour cette fin soient capitonnées afin que ce soit une « meilleure » torture.

La HSUS semble être particulièrement préoccupée par le fait que Perdue n’utilise pas la méthode d’abattage par contrôle atmosphérique (controlled-atmosphere-killing (CAK)) dont la HSUS et PETA font la promotion. Je m’attends à ce que Perdue adopte, tôt ou tard, la méthode du CAK parce que c’est économiquement efficace pour la compagnie de le faire. En effet, selon un rapport de la HSUS :

La méthode du CAK entraîne des économies de coûts et une augmentation des revenus en diminuant le nombre de carcasses abîmées, la contamination et les frais de réfrigération ; en augmentant le rendement sur la viande, sa qualité et sa durée de vie sur les rayons ; en améliorant les conditions de travail. En évitant de suspendre et d’étourdir par des chocs électriques, la méthode du CAK résulte en moins d’os brisés et moins d’ecchymoses et d’hémorragies. La réduction des défauts au niveau des carcasses augmente la qualité de la viande désossée. Il a été démontré que la méthode du CAK réduit les ecchymoses jusqu’à 94 pour cent et les fractures osseuses jusqu’à 80 pour cent.

En estimant de manière conservatrice que la méthode du CAK augmente le rendement de 1 pour cent seulement, une usine transformant 1 million de poulets de chair par semaine, si ces poulets sont d’un poids moyen de 4.5 livres et sont vendus à un pris de gros de 0.80$ la livre, pourrait voir ses revenus annuels augmenter de 2,87 millions de dollars après avoir adopté la méthode du CAK. (Citation omise)

Le problème est que, même si Perdue adoptait la méthode du CAK, cela ne signifierait pas que les poulets de Perdue seront traités « humainement », pas plus que les étiquettes de l’exploitation « heureuse » que la HSUS appuie signifient que les animaux ont été traités « humainement ».

Ce que cela fera, toutefois, c’est d’assurer au public qu’il est parfaitement correct de consommer les produits issus de l’exploitation « heureuse » dont la HSUS fait la promotion, même si ces produits proviennent en fait d’animaux qui ont été torturés.

Et c’est l’objectif de cette poursuite – rassurer le public en soutenant que ceux qui sont préoccupés par l’exploitation animale n’ont pas besoin de cesser de consommer des animaux. Ils peuvent, en effet, continuer à en consommer sans se sentir coupables et le faire d’une manière moralement acceptable, tant et aussi longtemps qu’ils consomment des animaux portant l’étiquette « heureuse » de la HSUS et non celle de Perdue.

Voilà une bataille entre les étiquettes concurrentes des viandes/produits laitiers/œufs « heureux ».

Et aucun des deux belligérants ne propose quoique ce soit d’autre que ce qu’il estime être rationnellement économique. Les standards du National Chicken Council Animal Welfare reflètent ce qu’une grande partie de l’industrie du poulet considère comme les standards qui permettront d’exploiter des poulets de la façon la plus efficace. La méthode du CAK dont la HSUS (et par d’autres organisations animales, incluant PETA) font la promotion est, selon l’analyse de ces défenseurs des animaux, une pratique plus efficace économiquement. En d’autres mots, pour utiliser l’analogie précédente, la HSUS promeut les tables de torture capitonnées parce qu’elles permettent d’obtenir de meilleures informations de la part des détenus en plus d’augmenter, de façon accessoire et très marginale, le confort des victimes, alors que Perdu pense que les tables non capitonnées conviennent très bien.

Je suis désolé, mais j’estime que c’est plus qu’absurde.

Soyons clairs : les animaux traités le plus « humainement » possible sont sujets à des traitements qui seraient décrits comme de la torture par quiconque si c’était des humains qui étaient impliqués. Il n’y a rien d’« humain » dans la viande, les produits laitiers ou les œufs les plus « heureux ».

Cette poursuite vise à substituer une étiquette trompeuse pour une autre. Rien de plus.

Selon le directeur général de la HSUS, Wayne Pacelle :

Le traitement humain des animaux veut dire quelque chose. Et nous serons là pour garder un œil aiguisé sur les compagnies qui présentent malhonnêtement leur conduite et tirent avantage des consommateurs qui ont foi en la loi et sur l’intégrité des compagnies qui doivent tenir leurs promesses.

Cette affirmation est à couper le souffle, et ce, à plusieurs égards. Je connais Wayne Pacelle depuis plusieurs années et je l’aime bien, et je suis certain qu’il croit ici agir de la bonne manière. Mais, sincèrement, je ne peux pas comprendre cela. Le question des droits des animaux ne peut être réduite à la recherche de la meilleure façon de convaincre les consommateurs que l’exploitation animale est moralement justifiable ; il s’agit plutôt de convaincre les gens, par une éducation pacifique, que l’exploitation animale, même lorsqu’elle est malhonnêtement décrite comme « humaine », n’est pas moralement justifiable.

Je remarque que Philip Lymbery, de l’organisme Compassion in World Farming (CIWF), a twitté ce qui suit :

« Les fermes Perdue sont poursuivies pour avoir posé des étiquettes « poulet élevé humaintement » – Bloomberg : http://dld.bz/8Ktz – annoncer faussement qu’il y a eu respect du bien-être animal est inacceptable.

Ainsi, CIWF condamne le fait d’« annoncer faussement qu’il y a eu respect du bien-être animal ». Ça va. Or, CIWF donne des « Prix pour bons œufs » (Good Egg Awards) aux compagnies comme McDonald et les félicite d’utiliser des œufs de poules élevées « sans cage ». CIWF a un programme explicite de partenariat avec le groupe d’exploiteurs institutionnalisés appelé Food Business Team, partenariat dans le cadre duquel CIWF « s’est engagé auprès des principales compagnies alimentaires en Europe et les encourage à progresser par le biais de prix prestigieux et en promouvant leurs produits ». CIWF, en effet, agit à titre de firme de relations publiques pour appuyer l’utilisation d’animaux par les corporations telles que McDonald et Unilever. Et ces corporations retournent la faveur et louangent CIWF. Dans des déclarations affichées sur le site web de CIWF, McDonald reconnaît la « relation réellement productive » que la compagnie entretient avec CIWF et Unilever affirme : « Le partenariat a été stimulant et constructif ; il a aidé à ce que soient atteints les buts des deux organisations dont, bien sûr, l’objectif de la marque – soit celui d’offrir des ingrédients de bonne (la meilleure) qualité ».

Il semble donc que CIWF s’oppose au fait d’« annoncer faussement qu’il y a eu respect du bien-être animal », mais seulement lorsque ce n’est pas CIWF qui fait cette annonce.

Une fois de plus, je suis certain que M. Lymbery, que je ne connais pas personnellement, pense que tout cela est sensé. Ça ne l’est pas à mes yeux.

Si vous n’est pas végans, devenez végans. C’est facile ; c’est mieux pour votre santé et pour la planète. Mais, surtout, c’est la bonne chose à faire moralement.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Je n’aime pas l’admettre, mais Sarah Palin a raison – une réponse à Aaron Sorkin

9 décembre 2010

Aaron Sorkin
The Huffington Post

Cher M. Sorkin :

Dans un message blogue récemment affiché sur le site The Huffington Post, vous réprouvez Sarah Palin, après avoir cité sa réponse aux critiques qui lui avaient été adressées pour avoir chassé et tué un caribou dans le cadre de son émission de télé-réalité :

« À moins que vous n’ayez jamais porté de chaussures en cuir, que vous ne vous soyez jamais assis sur une chaise en cuir ou que vous n’ayez jamais mangé de la viande, gardez-vous de porter un jugement. »

Vous admettez manger des produits animaux et avoir des chaussures et des meubles en cuir, mais vous prétendez être différent de madame Palin. Vous lui répondez à votre tour :

Vous n’avez pas tué cet animal pour le manger, pour vous abriter ou même pour le porter, vous l’avez tué par pur plaisir. Vous aimez tuer les animaux. Je vois une différence entre nous deux, mais j’ai essayé autant que j’ai pu et, sur ma vie, je jure ne pas pouvoir faire de différence entre ce que vous êtes payée pour faire et ce pourquoi Michael Vick est allé en prison. Je peux faire cette distinction sans la moindre touche d’hypocrisie, bien que je sois content chaque fois qu’un de vous, imbéciles faussement machistes, accidentellement tire un autre d’entre vous au visage.

Désolé, M. Sorkin. Je ne peux me rappeler d’aucune chose que Sarah Palin ait dite avec laquelle je suis d’accord. Aucune. Vraiment. Aucune. Mais là, elle a tout à fait raison et vous avez tout à fait tort.

Vous critiquez son geste consistant à tuer un caribou parce que ce n’était pas nécessaire ; elle l’a fait parce que cela lui procurait du plaisir.

Et pourquoi alors est-ce que vous mangez des produits animaux ?

C’est une question rhétorique. Il n’y a qu’une réponse possible: parce que cela vous procure du plaisir.

Cela n’implique aucune nécessité. Vous n’avez pas besoin de consommer des produits animaux pour vivre une vie où la santé est optimisée. En fait, la communauté médicale nous dit chaque jour que les produits animaux sont nuisibles pour notre santé, pour une raison ou une autre. Mais vous n’avez pas même besoin d’être d’accord avec eux pour admettre le fait évident et incontestable que nous n’avons pas besoin de manger des produits animaux pour vivre une vie saine. C’est une question de préférences gustatives et rien de plus.

Et l’agriculture animale est un désastre environnemental.

La meilleure – en fait, la seule – justification pour infliger de la souffrance et la mort à 56 milliards d’animaux annuellement (sans compter les poissons) est qu’ils ont bon goût. Et ce, que vous mangiez des produits animaux issus de l’élevage traditionnel ou de la viande « heureuse » et des produits animaux dont les différents groupes et défenseurs du bien-être animal font la promotion lorsqu’ils s’efforcent de rendre le public plus à l’aise de consommer des animaux : tous les animaux utilisés pour l’alimentation, incluant les plus « humainement » élevés et tués, sont traités et abattus de manières qui, si elles étaient appliquées à des êtres humains, serait très certainement considérées comme de la torture.

Le fait que vous payez quelqu’un d’autre pour exécuter le sale boulot n’est pas pertinent moralement. J’enseigne le droit criminel. Si vous payez quelqu’un pour tuer un autre être humain, essayez de convaincre le juge que le tueur a ressenti du plaisir en exécutant l’acte de tuer, alors que vous, vous n’avez que payé pour que ce soit fait. Le juge vous trouvera tous les deux coupables de meurtre. Vous êtes tous les deux également coupables.

Nul besoin de commenter le propos portant sur les chaussures et les meubles. Une fois de plus, ces choix ne reflètent rien de moralement plus significatifs que l’envie de suivre la mode et cela n’a pas de poids moral du tout.

Et à propos de Michael Vick, tel que je l’ai soutenu, il semble que Vick aimait bien regarder des combats de chiens ; le reste d’entre nous aimons bien nous retrouver autour d’un barbecue à griller la chair d’animaux qui, dans les meilleures circonstances, ont vécu une vie et un passage vers la mort pires que les chiens de Vick. Critiquer Vick pour ses actes moralement injustifiables alors que nous adoptons des comportements moralement similaires n’est rien d’autre qu’hypocrite.

Désolé, M. Sorkin, mais pour quelqu’un qui adhère à des politiques progressistes et qui critique Sarah Palin pour tant de raisons qu’il est difficile de les compter, elle a raison cette fois. Vous n’êtes pas dans une position morale vous permettant de critiquer ce qu’elle a fait.

Je vous demanderais d’envisager de devenir végan. C’est facile ; c’est mieux pour votre santé et pour la planète. Mais, surtout, c’est la bonne chose à faire moralement.

Sincèrement,
Gary L. Francione

Commentaire n° 22 : le Réseau de Défense de la Paix et la Campagne pour l’Engagement Végan

Chers Collègues :

Le Réseau de Défense de la Paix (RDP) a été fondé en 2010. Il s’agit d’un groupe de base géré entièrement par des volontaires œuvrant pour l’élimination de la violence dans la vie des animaux – humains comme nonhumains.

L’un des projets du RDP est l’Engagement Végan. Voici ce qu’on peut lire sur le site :

L’Engagement Végan a démarré au Royaume-Uni. Les membres du conseil du Réseau de Défense de la Paix l’ont porté l’année dernière [2009], avec beaucoup de succès, dans la ville de Philly. Trente non-végans se sont engagés à devenir végans pour une durée de 30 jours avec le soutien du programme Engagement. Ce soutien incluait des réunions hebdomadaires comprenant cours de cuisine, conférences sur l’environnement et la santé, mentors personnels (des végans expérimentés), événements sociaux ainsi qu’un incroyable « colis de survie » pour faciliter ces 30 jours végans. Cette année, l’Engagement s’étend à davantage de villes, et nous avons besoin de vous.

Leila Fusfeld, la Présidente du RDP, déclare : « Bien que l’Engagement Végan lui-même dure seulement un mois, le programme est conçu de manière à fournir aux participants les outils et les connaissances pour les aider à rester végans pour la vie. »

Le RDP est un exemple de groupe opérant la jonction entre les droits humains et les droits des animaux, et revendiquant l’importance de la non-violence. Le Projet Engagement Végan du RDP est un exemple passionnant d’une défense du véganisme créative et non-violente. Dans ce Commentaire, Leila Fusfeld me rejoindra pour donner davantage d’explications sur la Campagne Engagement Végan et la façon dont vous pouvez l’amener dans votre communauté.

Pour plus d’informations sur l’Engagement Végan, cliquez ici. Si vous êtes déjà végan mais que devenir mentor, intervenant ou démonstrateur culinaire vous intéresse, cliquez ici. Si vous désirez soutenir cette initiative en parrainant un engagement, contactez le Réseau de Défense de la Paix.

Si vous n’êtes pas végan, devenez-le. C’est facile ; c’est meilleur pour votre santé et pour la planète. Mais c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Du véganisme, d’un poète arabe médiéval

Chers Collègues :

Un lecteur m’a envoyé le poème suivant, écrit par le poète arabe médiéval Abu ‘L’Ala Ahmad ibn ‘Abdallah al-Ma’arri, connu sous le nom de Al-Ma’arri. Il est né en 973 et mort en 1057. Il était aveugle. La traduction est disponible ici.

Je ne volerai plus la Nature

Tu es malade de compréhension et de religion.
Viens à moi, que tu puisses entendre une saine vérité.
Ne mange pas injustement le poisson que la mer a rejeté,
et ne désire pas comme nourriture la chair des animaux égorgés,
Ou le lait blanc des mères qui destinaient ce pur breuvage à leurs petits et non aux nobles dames. N’afflige pas les oiseaux confiants en prenant leurs œufs ;
car l’injustice est le pire des crimes.
Epargne le miel que les abeilles ont industrieusement recueilli de la fleur des plantes parfumées ;
Car elles ne l’ont pas conservé pour qu’il puisse appartenir à d’autres,
pas plus qu’elles ne l’ont amassé par générosité ou pour en faire don.
J’ai lavé mes mains de tout cela ;
et je souhaite avoir trouvé ma voie avant que mes cheveux soient devenus gris !

Al-Ma’arri

Je remercie la personne qui m’a envoyé ce poème. Je le partage avec vous, car je le considère comme des plus inspirants.

Si vous n’êtes pas vegan, devenez-le. C’est facile ; c’est meilleur pour votre santé et pour la planète. Mais c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Peter Singer et moi sommes d’accord sur une chose : la non-violence

Chers Collègues :

Peter Singer a récemment posté le Tweet suivant en réaction à la réception, par un vivisecteur de l’UCLA, de lames de rasoir prétendument infectées avec du sang contaminé :

Pouah… en quoi cela va-t-il aider les animaux ? Le seul résultat, c’est de donner du mouvement animaliste la pire image possible. http://tinyurl.com/27xmlkr

Je suis d’accord avec Singer à propos du fait qu’une violence de ce genre donne une image négative du mouvement animaliste. Mais je pense que le problème va bien au-delà de la simple image publique. En mettant de côté les problèmes moraux généraux posés par la violence, la bouffonnerie de l’UCLA n’a tout simplement aucun sens. Bien sûr, le vivisecteur en question exploite les animaux de manière injustifiable. Mais il en va de même de toutes les personnesutilisant les animaux, ce qui inclut celles qui consomment des produits d’origine animale. Il n’y a réellement aucune raison morale de distinguer ceux qui participent à la vivisection de ceux qui consomment viande, produits laitiers ou autres produits d’origine animale, y compris les produits d’origine animale « heureux ». Ceux qui plébiscitent la violence veulent-ils voir dans leurs grands-parents, qui préparent une dinde pour Thanksgiving, une cible ? Désirent-ils traiter les membres de leur famille ou leurs amis mangeant des glaces, buvant du lait ou consommant n’importe quel produit d’origine animale, comme des « salauds d’abuseurs » et donc comme des cibles légitimes ? Non, bien sûr que non.

La seule manière de résoudre le problème de l’exploitation animale est de faire évoluer le statut de propriété actuel des animaux vers celui de personne, et cela n’adviendra pas – nous ne trouverons jamais notre boussole morale – tant que nous consommerons des produits d’origine animale. Cela n’arrivera certainement jamais grâce à la violence. Si l’opinion sociale concernant l’utilisation des animaux et si la demande publique de cette utilisation restent les mêmes, alors rien ne changera jamais. Si vous fermez dix abattoirs aujourd’hui et que la demande reste la même, dix autres abattoirs ouvriront demain, ou les dix abattoirs existants augmenteront leur capacité de production. Pour davantage d’explications sur ce sujet, voir 12345 et mon Commentaire. Je discute également de ce problème dans mon nouveau livre, The Animal Rights Debate: Abolition or Regulation?, paru en novembre 2010 chez Columbia University Press.

Ainsi, bien que Singer et moi soyons en désaccord en ce qui concerne chacune des autres questions d’éthique animale, je suis content que nous soyons du même avis sur l’importante question de la violence au sein de la défense animale. J’espère sincèrement que Singer n’est pas sujet à des menaces ou des attaques diffamatoires comme celles qui m’ont personnellement visé pour avoir condamné haut et fort la violence.

Le mouvement des droits des animaux a un sens uniquement comme mouvement de paix et de non-violence. Gandhi a dit :

Soyons le changement que nous voulons voir dans le monde.

Si nous voulons voir advenir un monde débarrassé de la violence contre les plus vulnérables, nous devons devenir nous-mêmes non-violents et présenter nos opinions de manière non-violente. La non-violence commence avec notre propre véganisme et notre recours à des moyens créatifs et non-violents de sensibiliser autrui au véganisme.

Si vous n’êtes pas végan, devenez-le. C’est facile ; c’est meilleur pour votre santé et pour la planète. Mais c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire. Le véganisme, c’est la non-violence en action.

Si vous êtes végan, alors passez autant de temps que vous le pouvez à sensibiliser autrui au véganisme de manière créative et non-violente.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Une pensée pour Thanksgiving 2010

Aujourd’hui, comme vous allez rendre grâce pour ce que vous avez, s’il vous plaît, ne célébrez pas cet événement en participant à la souffrance et à la mort d’un autre. S’il vous plaît, ne tenez pas pour acquis ce qui n’est pas à vous. S’il vous plaît, ne participez pas à l’injustice de l’exploitation animale.

Rendez grâce en appréciant la paix dans votre cœur et que cette paix s’étende à tous les autres êtres humains et non-humains.

Si vous n’êtes pas végans, devenez-le. C’est très facile, c’est meilleur pour votre santé et la planète. Et c’est surtout, moralement, la bonne et la juste chose à faire.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Pédophilie « humaine » et « compassionnelle »

Chers Collègues :

Depuis de nombreuses années, j’affirme que si l’exploitation animale ne peut être moralement justifiée (et je ne pense pas qu’elle puisse l’être), alors nous devons, sur un plan individuel, stopper notre participation directe à l’exploitation animale en devenant végans et, sur un plan social, exiger l’abolition de cette exploitation, et non sa réglementation. J’ai soutenu par exemple que, ayant déterminé que la pédophilie est moralement mauvaise, nous ne saurions, en dépit du caractère répandu de la pédophilie dans nos sociétés, préconiser une pédophilie « humaine ». De même, nous ne devons pas préconiser une exploitation animale « humaine ». Si l’exploitation animale est moralement injustifiable, alors nous devons le dire, et le dire clairement. (J’ai également démontré que, sur un plan pratique, les réformes de bien-être animal ne fonctionnent pas et sont, dans les faits, contreproductives).

Par conséquent, c’est avec beaucoup d’intérêt que j’ai pris connaissance des réactions publiques à la publicité d’Amazon.com pour un livre téléchargeable intitulé Le Guide du pédophile de l’amour et du plaisir : code de conduite d’un amoureux des enfants, décrit par son auteur comme une « tentative de rendre les situations pédophiles plus sûres pour les enfants qui s’y trouvent impliqués, en établissant pour les adultes certaines [sic] règles à suivre. » CNN rapporte :

Un livre téléchargeable en vente sur Amazon.com et défendant la pédophilie a déclenché des centaines de commentaires et menaces d’utilisateurs en colère appelant au boycottage du détaillant en ligne à moins qu’il ne supprime le titre.

Près de 1700 utilisateurs ont posté des commentaires sur le livre à partir de 21h40, déploré sa publication et juré de boycotter Amazon jusqu’à ce qu’il efface le titre auto-publié de son site. Au moins deux pages Facebook ont été créées et consacrées au boycottage d’Amazon.

Amazon.com a apparemment stoppé la vente du livre en vertu de cette indignation publique.

La réaction au livre prouve mon propos : même si nous savons tous que la pédophilie est omniprésente dans la société, et même si promouvoir une pédophilie « humaine » peut amener à réduire la souffrance des enfants qui en sont les victimes, nulle personne estimant que la pédophilie est moralement mauvaise ne pense que nous devrions plaider en faveur d’une pédophilie « humaine » ou « compassionnelle ».

De même, ceux qui pensent que l’exploitation animale est moralement mauvaise ne doivent pas faire campagne en faveur d’une exploitation « heureuse » ou « compassionnelle » des animaux, ni plébisciter les labels viande « heureuse ». Le message doit être clair : nous ne pouvons pas justifier l’utilisation des animaux, fût-elle « humaine ». La réalité, bien sûr, est que la plus « humaine » des utilisations des animaux implique encore ce qui serait considéré comme de la torture si des humains en étaient les victimes. Aucune utilisation des animaux, quelque « humaine » ou « compassionnelle » soit-elle, ne peut être justifiée, exactement de la même façon qu’aucune pédophilie, quelque « humaine » ou « compassionnelle » soit-elle, ne peut l’être.

Il n’y aura de véritable mouvement des droits des animaux que lorsque leurs défenseurs réagiront avec autant d’indignation à la promotion d’une exploitation animale « heureuse » que nous le faisons tous à la promotion d’une pédophilie « heureuse ».

Si vous n’êtes pas végan, devenez-le. C’est très facile, c’est meilleur pour la santé et la planète. Et c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire.

Si vous êtes végan, alors sensibilisez les autres au véganisme de manière créative et non-violente.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Commentaire n° 21 : The Animal Rights Debate, le forum de discussion Approche Abolitionniste et une réponse à Nicolette Hahn Niman

Chers Collègues :

Dans ce Commentaire, je débats de trois sujets.

Premièrement, je parle de mon nouveau livre, The Animal Rights Debate: Abolition or Regulation?, coécrit avec le Professeur Robert Garner et publié par Columbia University Press.

Ce livre se concentre sur le débat en cours au sein de la communauté de la défense animale, à savoir : devons-nous poursuivre les réformes de bien-être en tant qu’elles seraient un moyen de faire advenir, à la fin, les droits des animaux ? Je plaide contre les réformes de bien-être ; Garner plaide pour.

Deuxièmement, il y a deux semaines, le 26 octobre 2010, nous avons lancé le Forum Approche Abolitionniste, où les personnes intéressées peuvent venir discuter des questions théoriques concernant l’abolition, du véganisme et des idées pratiques d’une éducation végane créative et non-violente, mais aussi échanger des informations sur la nutrition, la nourriture végane, la façon d’élever les enfants végans, etc.

A ce jour, nous comptons plus de 200 membres et les discussions sont formidables. Seulement deux règles sont à respecter : rester poli et respectueux, et ne pas promouvoir la violence.

Si vous désirez apprendre plus de choses à propos de la philosophie végane et de l’approche abolitionniste des droits des animaux, pensez à rejoindre le Forum.

Troisièmement, je réponds à Nicolette Hahn Niman, du Ranch Niman, qui vend de la viande « heureuse » provenant, selon le site, d’animaux « Elevés Humainement dans les Fermes et les Ranchs Familiaux Durables ».

Dans un récent article paru dans The AtlanticDogs Aren’t Dinner: The Flaws in an Argument for Veganism, Mme Niman nie que nous souffrions de schizophrénie morale en traitant certains animaux comme des membres de notre famille et en plantant nos fourchettes dans d’autres. Son analyse, en un mot, est que, culturellement, nous entretenons des relations différentes avec les chiens et les cochons.

C’est précisément le problème : culturellement, nous traitons certains nonhumains sentients comme des choses et d’autres comme des personnes. Mais les normes culturelles ne peuvent en aucun cas servir de justification aux normes culturelles ! Si c’était le cas, alors le racisme, le sexisme, tous les genres de discriminations et les violations des droits humains seraient justifiés.

J’espère que vous prendrez plaisir à écouter ce Commentaire.

Si vous n’êtes pas végan, pour quelle raison ne l’êtes-vous pas ? Il n’est pas nécessaire que les humains exploitent les nonhumains. Alors qu’attendez-vous ? Devenir végan est facile ; c’est meilleur pour votre santé ; et c’est surtout, moralement, le moindre que vous puissiez faire si vous considérez que les animaux ont une signification morale.

Si vous êtes végan, alors sensibiliser autrui au véganisme de manière créative et non-violente.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Le Barreau de New York ne place pas la barre assez haut

Chers Collègues :

Je viens juste de recevoir un avis déclarant que le 11 novembre 2010, le Barreau de la Ville de New York, le Comité des Questions Légales se rapportant aux Animaux, présente un programme décrit en ces termes :

Les vaches heureuses viennent de Californie – Poudre aux yeux ou fraude à la consommation ?

Jeudi 11 novembre 2010, 18h30 – 20h30

L’étiquetage des produits d’origine animale, incluant les produits alimentaires d’origine animale et les biens de consommation, qui contiennent de tels labels et des messages vendeurs comme « humain », « sans cage », « plein air », « pas de broyage de bébés » et « 100% fausse fourrure », qui peuvent induire le consommateur en erreur quant aux normes de bien-être animale du produit portant un tel label.

Comme ceux d’entre vous qui connaissent mon travail le savent, je suis très critique à l’égard du phénomène de l’exploitation « heureuse ».

J’ai critiqué la Humane Society of the United States pour être un partenaire dans l’exploitation en faisant la promotion de l’exploitation « heureuse ».

J’ai critiqué Mercy for Animals pour avoir proclamé que Costco, le géant du détail, a fait un « pas en avant » en acceptant de commercialiser du veau « humain ».

J’ai critiqué Farm Sanctuary pour s’être focalisé sur le traitement des animaux des élevages industriels, comme si un traitement plus « humain » rendait l’exploitation animale plus acceptable.

J’ai dénoncé le fait que HSUS, sa filiale idéologique Compassion over Killing, Farm Sanctuary, Mercy for Animals et d’autres associations de bien-être animal aient approuvé explicitement le label viande « heureuse » Compatissant envers les Animaux de Whole Foods.

Aussi, lorsque j’ai appris que le Barreau de la Ville de New York tenait un débat pour savoir si l’exploitation « heureuse » induisait réellement le consommateur en erreur, j’ai voulu savoir qui étaient les intervenants :

Le programme est le suivant :

Orateurs :
CHERYL LEAHY, Conseillère Générale, Compassion Over Killing ;
ALISON LONGLEY, Directrice de campagnes, Farm Sanctuary ;
JONATHAN R. LOVVORN, vice-président & Avocat en chef (Chief Counsel), Animal Protection Litigation & Research, Humane Society of the United States ;
MATT RICE, NYC, Coordinateur de campagnes, Mercy for Animals.

Je suis membre du Barreau de l’Etat de New York et j’ai de l’estime pour le Barreau de la Ville de New York. Et j’accepte aussi que des avis raisonnables puissent différer sur la question de l’exploitation « heureuse ». Mais je suis triste de voir que le Comité des Questions Légales se rapportant aux Animaux tienne une session aussi ridiculement déséquilibrée et agisse apparemment comme une équipe de pom-pom girls pour des organisations particulières soutenant l’exploitation « heureuse ».

« Poudre aux yeux » ? Oui, je le pense en effet.

Si vous n’êtes pas végan, devenez-le. C’est très facile, c’est meilleur pour la santé et la planète. Et c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire.

Si vous êtes végan, alors sensibilisez les autres au véganisme de manière créative et non-violente.

Le monde est végane ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione