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Commentaire n°6: aspects du débat végétarisme/véganisme

Chers Collègues :

Notre premier Commentaire sur le végétarisme considéré comme « passerelle » vers le véganisme ayant entraîné une controverse sans fin, je débattrai dans celui-ci de trois questions :

1. Ma position selon laquelle nous ne saurions faire de distinction morale entre la chair et les autres produits d’origine animale signifie-t-elle que nous devons entrer en confrontation avec et nous ériger en juges des non-végans ?

Réponse courte : non, bien sûr que non.

2. Que faire lorsque des personnes disent se préoccuper du problème de l’exploitation des animaux mais ne pouvoir tout simplement pas renoncer aux produits d’origine animale ?

Réponse courte : c’est en général une réaction qui invite réellement à une discussion plus approfondie.

3. Pourquoi les néowelfaristes rejettent-ils avec autant de véhémence le véganisme comme ligne de fond morale ?

Réponse courte : un principe-clé de la théorie du bien-être animal est qu’il est acceptable d’utiliser et de tuer les animaux aussi longtemps que nous ne les faisons pas souffrir. Dans une telle optique, le véganisme se réduit simplement à un moyen – parmi beaucoup d’autres, y compris la viande et les produits d’origine animale « heureux » – de réduire la souffrance. Il n’a, ici, pas de signification plus grande que celle de moyen de réduire la souffrance.

J’espère que ce Commentaire clarifiera certaines des excellentes questions que j’ai reçues.

Gary L. Francione
©2009 Gary L. Francione

Commentaire n°5 sur la violence.

Chers collègues:

Je suis opposé à la violence. Je considère la violence comme intrinsèquement
immorale. J’ai souvent écrit et débattu à ce sujet, y compris dans les
essais (1,2) sur ce site.

Je reconnais que beaucoup d’entre vous êtes en désaccord avec mon opposition
à la violence.

Mais ce n’est pas pertinent. Même si vous croyez que la violence peut être
justifiée, il y a encore des raisons d’affirmer que la violence n’a
absolument aucun sens dans le cadre de la lutte pour les droits des animaux.

Je maintiens que la seule chose qui a un sens pratique est l’éducation
créative,
non-violente au véganisme. Cette stratégie est loin d’être passive, il
s’agit de notre travail actif et constant à changer un paradigme fondamental
- la notion que les animaux sont des choses, des ressources, des biens,
qu’ils sont uniquement des moyens destinés à des fins humaines.

Tant que nous ne construirons pas une masse importante de personnes qui
refuse ce paradigme, rien ne changera.

Dans ce commentaire, je débats au sujet de la violence.

Gary L. Francione
©2009 Gary L. Francione

Commentaire n°4: Suite de « animaux de compagnie » les chats non-végétaliens.

Chers collègues,

Un certain nombre de personnes m’ont écrit en réponse au commentaire sur les
« animaux de compagnie » au sujet des chats non-végétaliens.

A ma connaissance, de nombreux chats peuvent vivre sainement avec une
alimentation végétalienne, mais s’il y a des chats qui ont absolument besoin
de consommer des produits animaux?

Dans ce commentaire, je vous propose quelques idées qui, je l’espère, vont
stimuler votre réflexion sur cette question.

Gary L. Francione
© 2009 Gary L. Francione

Commentaire n°3 sur Michael Vick

Chers Collègues :

Comme vous le savez, je me demande depuis 2007 pourquoi l’on juge Michael Vick pire que ceux qui consomment ou utilisent des produits d’origine animale (cf. 1, 2, 3).

Quoi qu’il en soit, Vick a été libéré de prison en mai 2009, et le commissaire du NFL (National Football League) Roger Goodell le réintégrait sous conditions le 27 juillet. Les Philadelphia Eagles lui ont fait un contrat d’un an, renouvelable pour une deuxième année consécutive.

A en juger par les rapports des medias et les commentaires parus sur les blogs, de nombreux défenseurs des animaux sont indignés et certains réclament le boycottage du NFL.

Dans ce Commentaire, j’explique la raison pour laquelle j’estime que l’affaire Michael Vick concerne moins Michael Vick ou les combats de chiens que les principes moraux fondamentaux qu’en tant que société, nous prétendons accepter.

Gary L. Francione
© 2009 Gary L. Francione

Commentaire n°2: Les « animaux de compagnie »

Chers collègues:

La question des « animaux de compagnie » est un sujet sensible avec beaucoup de défenseurs.

Voici ce que j’ai écrit dans l’appendice de mon livre: Introduction aux Droits des Animaux: Votre Enfant ou le Chien?:

Question 3: Est-ce que l’institution de la possession d’animaux de compagnie viole le droit basique des animaux à ne pas être considérés comme des objets?

Réponse: Oui. Les animaux de compagnie sont notre propriété. Les chiens, chats, hamsters, lapins, et autres animaux sont produits en masse comme des boulons dans une usine ou, dans le cas des oiseaux ou animaux exotiques, capturés dans la nature, transportés sur de longues distances, pendant lesquelles beaucoup d’entre eux meurent. Les animaux de compagnie sont commercialisés exactement de la même façon que d’autres commodités. Bien que certains d’entre nous traitent bien leurs compagnons, la plupart d’entre nous les traite mal. En Amérique, la majorité des chiens passe moins de deux ans dans un foyer avant d’être jetés dans une fourrière ou sinon transférés à un nouveau propriétaire; plus de 70% des gens qui adoptent des animaux les donnent, les emmènent dans des refuges ou les abandonnent. Nous sommes tous conscients d’histoires horribles de chiens du voisinage vivant à l’attache et passant la majorité de leur vie seuls. Nos villes sont pleines de chiens et chats errant qui vivent misérablement, qui sont affamés ou souffrent du froid, qui succombent de maladies, ou qui sont torturés par des humains. Des gens qui disent aimer leurs compagnons animaux les mutilent absurdement en leur faisant couper les oreilles, la queue, ou arracher les griffes de façon à ce qu’ils ne grattent pas les meubles.

Vous pouvez traiter votre compagnon comme un membre de votre famille et effectivement lui accorder une valeur intrinsèque ou le droit basique de ne pas être traité comme votre ressource.

Mais le traitement de votre animal signifie vraiment que vous considérez votre propriété animale comme ayant une valeur supérieure à celle du marché; si vous changiez d’avis et que vous administriez quotidiennement des sévices corporels graves à votre chien à des fins disciplinaires ou que vous arrêtiez de nourrir votre chat pour le motiver davantage à attraper les souris dans le sous-sol de votre magasin, ou que vous tuiez votre animal pour ne plus l’assumer financièrement, votre décision serait protégée par la loi. Vous êtes libre de donner la valeur que bon vous semble à votre propriété. Vous pouvez décider de lustrer souvent votre voiture ou de laisser l’érosion se faire.

Le choix vous appartient. Tant que vous apportez le minimum d’entretien à votre voiture pour qu’elle passe le contrôle technique, toutes autres décisions prises avec respect envers le véhicule, y compris le donner au ferrailleur sont vos affaires. Tant que vous apportez un minimum de nourriture, d’eau et d’abris à votre animal, toutes autres décisions, à part de le torturer sans raison, sont vos affaires, y compris votre décision de l’abandonner dans le refuge le plus proche (où beaucoup d’animaux sont soit tués soit vendus pour la recherche), ou de le faire tuer par un vétérinaire complaisant.

Il y a de nombreuses années, j’ai adopté un hamster par l’intermédiaire d’un camarade de fac de droit. Une nuit le hamster a été malade, et j’ai appelé les urgences vétérinaires. Le vétérinaire a dit que la somme minimale pour une urgence était de 50$ et m’a demandé si je voulais dépenser cette somme alors que je pouvais avoir un « nouveau » hamster dans n’importe quelle animalerie pour 3$. J’ai de toute façon emmené le hamster chez le vétérinaire, mais cet événement a été l’un des premiers à réveiller ma conscience au sujet du statut de commodités économiques que sont les animaux.

En tant que personne vivant avec sept compagnons canins sauvés que j’aime tendrement, je ne prends pas ce sujet à la légère. Bien que je considère mes compagnons comme des membres de la famille, ils restent ma propriété et je pourrais décider demain de les tuer. J’ai beau aimer vivre avec des chiens, s’il n’en restait plus que deux dans le monde, je ne serais pas d’avis de les élever pour qu’il y ait plus « d’animaux de compagnie » et donc de perpétuer leur statut de propriété. En effet, quiconque se soucie réellement des chiens devrait visiter une « usine à chiots » – un endroit où les chiens sont élevés par centaines ou par milliers et ne sont traités que comme des commodités. Les chiennes reproduisent jusqu’à épuisement et sont soit tuées soit vendues pour la recherche. Nous devrions bien sûr arrêter de donner la vie à des animaux pour pouvoir les posséder comme animaux de compagnie.

Dans ce second Commentaire de l’Approche Abolitionniste, nous étudierons tous les aspects de la question des « animaux de compagnie ».

Gary L. Francione
© 2009 Gary L. Francione

Commentaire n°1: Le végétarisme, un « chemin » vers le véganisme?

Chers Collègues :

Bienvenue sur le Commentaire Approche Abolitionniste.

Le Commentaire consistera en une série de podcasts qui discuteront et exploreront les divers aspects de l’idée que nous devons abolir, et non simplement réglementer, l’exploitation animale. Le Commentaire reflètera les idées contenues sur ce site et dans mes livres.

Les animaux sont des personnes nonhumaines, et nous ne pouvons justifier moralement le fait de les traiter comme des ressources humaines. En outre, parce qu’ils sont considérés comme des biens meubles et des produits économiques, réglementer leur traitement coûte de l’argent, et les lois portant sur leur bien-être ne débouchent pratiquement jamais sur une protection significative de leurs intérêts. D’un point de vue général, les règles portant sur le bien-être rendent en fait l’utilisation des animaux plus rentable, parce que les règles qui sont finalement mises en œuvre sont celles qui engendrent, pour les producteurs et les consommateurs, un bénéfice économique. Le Commentaire Approche Abolitionniste débattra de la raison pour laquelle les réformes portant sur le bien-être animal ne fonctionnent pas, ne peuvent fonctionner, ni ne peuvent fournir de protection aux animaux nonhumains.

Le Commentaire Approche Abolitionniste fera la promotion du véganisme éthique et d’une éducation végane créative et non-violente en tant que formes essentielles et fondamentales de l’activisme, et ce afin de parvenir à l’abolition de l’utilisation des animaux. Le véganisme éthique va bien au-delà du simple fait de ne pas manger de produits d’origine animale ; il refuse l’utilisation des animaux pour l’habillement ainsi que l’usage de tout produit contenant des ingrédients d’origine animale ou ayant été testé sur les animaux. Il n’y a aucune distinction morale entre la chair et les autres produits d’origine animale. Tous les produits d’origine animale impliquent la souffrance et la mort des animaux.

Le Commentaire Approche Abolitionniste explorera la notion de « droits des animaux ». Bien qu’il y ait beaucoup de controverses à propos de ce que doivent être les droits des humains, il reste que nous nous opposons tous à l’esclavage ou au fait de traiter les humains comme des biens meubles. L’Approche Abolitionniste affirme que nous ne pouvons justifier moralement le fait de dénier ce droit à tous les nonhumains sentients. Le leur reconnaître signifie que nous devons cesser de faire advenir des animaux domestiqués à la vie. Nous devons prendre soin de ceux qui existent ici et maintenant, mais nous ne devons pas en faire naître d’autres. Quant aux animaux non domestiqués, nous devons les laisser en paix, cesser d’empiéter sur leur habitat et de détruire celui-ci.

Le Commentaire Approche Abolitionniste tentera de définir la « schizophrénie morale » qui est la nôtre dans nos rapports avec les animaux nonhumains, ou encore la manière aberrante et confuse dont nous appréhendons l’éthique animale. Nous sommes tous d’accord pour dire qu’il est mal d’infliger la mort et des souffrances « non nécessaires » aux animaux nonhumains. Si « nécessité » doit jamais posséder un sens cohérent, cela doit au moins signifier qu’il est mal de les leur infliger à des fins de plaisir, de divertissement ou de confort. Or il se trouve précisément que nous ne pouvons « justifier » une part écrasante de notre exploitation des animaux par autre chose que notre plaisir, notre divertissement ou notre confort. Beaucoup d’entre nous vivons avec des animaux nonhumains que nous considérons comme des membres de la famille. Mais nous plantons nos fourchettes dans d’autres animaux qui ne diffèrent pas, moralement et dans les faits, des nonhumains que nous aimons.

Le Commentaire Approche Abolitionniste débattra également du problème de la violence et tentera d’expliquer pourquoi le mouvement pour l’abolition de l’exploitation animale doit être partie prenante d’un mouvement plus vaste pour l’Ahimsâ, ou non-violence. Tous les humains exploitent les animaux d’une manière ou d’une autre. Par conséquent, la violence dirigée contre les exploiteurs institutionnels n’a aucun sens. Les exploiteurs institutionnels des animaux, pas plus que les producteurs de produits d’origine animale, ne sont le problème ; le problème, c’est le public, qui demande des produits d’origine animale. Si nous voulons qu’un jour cesse l’exploitation animale, alors nous devons sensibiliser les gens de façon non-violente et déplacer le paradigme moral qui nous fait traiter les animaux comme des biens.

Enfin, le Commentaire Approche Abolitionniste parlera des rapports importants qui existent entre droits des animaux et droits des humains, et examinera les raisons pour lesquelles nous ne devons pas recourir au sexisme, au racisme ni aux autres formes de discrimination pour promouvoir les droits des animaux.

Dans ce premier Commentaire, je pose la question de savoir si nous devons plébisciter le végétarisme en tant que « chemin » vers le véganisme. Ma conclusion est que la réponse est « non ».

Résultat des courses : si vous êtes végétarien, vous êtes toujours complice de la souffrance animale ; vous êtes toujours complice du massacre des animaux.

Si vous considérez les animaux comme des personnes morales nonhumaines, pourquoi seriez-vous les complices de leurs souffrances et de leur mort ?

J’espère que vous trouverez ce Commentaire, ainsi que nos efforts futurs, utiles à votre réflexion sur l’éthique animale.

Gary L. Francione
© 2009 Gary L. Francione