Une réponse à James McWilliams — et elle n’est pas discutable

La Columbia University Press a posté sur Slate.com un article au sujet de l’appel lancé par le Professeur James McWilliams à tous les défenseurs des animaux afin qu’ils soutiennent les efforts réformistes en matière de bien-être animal de la Humane Society of the United States (HSUS).

Le lendemain, la Press publiait ma réponse au Professeur McWilliams.

Après que j’ai lu l’article du Professeur McWilliams, j’ai pensé qu’il pourrait être intéressant de débattre avec lui de ces questions dans un podcast, comme je l’avais fait précédemment avec le Professeur Robert Garner. Garner enseigne les sciences politiques à l’Université de Leicester et a également coécrit avec moi The Animal Rights Debate: Abolition or Regulation?. A l’instar de McWilliams, Garner défend l’approche welfariste. Les partisans des deux camps (abolitionniste et welfariste) ont dit combien il leur paraissait utile qu’un tel débat ait lieu.

Bien que le Professeur Williams ait accepté mon invitation en octobre, il a fait marche arrière après que la Columbia University Press a publié ma réponse.

Comme je le comprends, la Columbia University Press a également invité McWilliams à organiser un débat écrit avec moi sur ces questions, semblable à celui que j’avais réalisé avec le Professeur Marder sur l’éthique végétale. Il m’a été répondu qu’il avait également décliné cette invitation.

Je suis désolé de voir que le Professeur McWilliams, ayant mis lui-même ces questions sur la table via son article paru dans Slate, est apparemment peu disposé à s’engager dans une confrontation directe, qu’elle soit orale ou écrite.

Le Professeur McWilliams considère qu’un débat sur ces sujets revient à un « combat de boxe verbal ». Cela banalise la réalité, qui est que des questions fondamentales sont ici en jeu, parmi lesquelles l’idée, profondément ancrée dans l’idéologie welfariste, que les animaux n’ont pas un intérêt dans la poursuite de leur existence, ou tout au moins que leur vie a moins de valeur morale que la nôtre dès lors qu’il s’agit de justifier leur traitement comme produits économiques.

En outre, il y a la question de savoir si les réformes welfaristes apportent réellement des améliorations importantes au bien-être des animaux, ou si elles ne font qu’encourager la consommation de produits d’origine animale « heureux » — consommation considérée, pour reprendre les termes de Peter Singer, comme « position éthique défendable ». Voyons, personne ne pourrait nier pourtant que le fait que les grosses organisations animalistes sponsorisent des labels viande/produits d’origine animale « heureux » est explicitement destiné à faire que les consommateurs aient l’impression d’agir d’une manière « socialement responsable » (pour parler comme HSUS) quand ils mangent lesdits produits « heureux ».

Il y a également la question de savoir si de telles réformes sont acceptées ou promulguées, ou si elles ne font en fait qu’augmenter le rendement de production, échouant ainsi à nous rapprocher de l’abolition de l’exploitation des animaux, empêtrant au contraire ceux-ci encore un peu plus dans le paradigme de la propriété.

J’espère que le Professeur McWilliams finira par se rendre compte que débattre de ces importantes questions — oralement ou par écrit — est une bonne idée.

Mon invitation reste ouverte.

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Si vous n’êtes pas végan, s’il vous plaît, devenez-le. Le véganisme est une question de non-violence. C’est d’abord une question de non-violence envers les autres êtres sentients. Mais c’est aussi une question de non-violence envers la terre et envers vous-même.

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Gary L. Francione
Professeur, Rutgers University
©2012 Gary L. Francione