Archives mensuelles : septembre 2010

Commentaire n°19 : Parler du véganisme à des non-vegans : 5 principes

Chers Collègues :

Dans ce Commentaire, je traite d’un sujet que plusieurs d’entre vous m’ont demandé d’aborder : comment doit-on parler du véganisme à des non-végans ?

Je propose cinq principes généraux :

Principe n° 1 : Les gens ont bon cœur.

Notre position par défaut lorsque nous nous adressons aux gens devrait être de penser qu’ils ont bon cœur, qu’il s’intéressent et peuvent être sensibilisés aux questions éthiques. Il y a une tendance, tout au moins chez certains défenseurs, à considérer les autres humains de manière très misanthrope, à les voir comme essentiellement immoraux et indifférents aux questions morales. Je ne suis pas d’accord avec cette vision des choses.

Principe n° 2 : Les gens ne sont pas stupides.

Il y a une tendance parmi les défenseurs des animaux à croire que le public n’est généralement pas capable de comprendre les arguments en faveur du véganisme, que nous devons par conséquent y « aller mollo » avec lui et qu’au lieu de parler du véganisme, nous devons parler du végétarisme, des « Lundis Sans Viande », de la viande et des produits d’origine animale « heureux », etc. Je suis en désaccord avec cette façon très élitiste de considérer autrui. Il n’y a aucun mystère dans notre discours ; il n’y a rien de compliqué. Les gens peuvent comprendre ce que nous leur disons dès lors que nous le disons avec efficacité.

Principe n° 3 : Ne soyez pas sur la défensive ; répondez, mais ne réagissez pas.

Oui, certaines personnes tenteront de nous provoquer. Elles poseront des questions ou feront des commentaires que nous trouverons insultants et qui nous induiront à penser que nous ne sommes pas pris au sérieux. Si quelqu’un n’est vraiment pas intéressé par notre discours, il s’en ira généralement de lui-même. Considérez chaque remarque ou question – même celles que vous trouvez caustiques, impolies ou sarcastiques – comme une invitation qui vous est offerte par quelqu’un qui est davantage provoqué (de manière positive) par vos paroles et plus impliqué que vous pouvez le penser.

Principe n° 4 : Ne vous sentez pas frustré. Le travail de sensibilisation est difficile.

On vous posera les mêmes questions plusieurs fois ; on vous posera des questions qui prouveront que vous devez commencer par le commencement. Mais si voulez être un éducateur efficace, vous devez répondre à chaque question comme si c’était la première fois que vous l’entendiez. Si vous voulez que les autres s’enthousiasment pour votre message, vous devez d’abord être vous-même enthousiaste.

Principe n° 5 : Apprenez les bases. Vous devez d’abord étudier avant d’enseigner.

De nombreux défenseurs des animaux sont excités par le véganisme abolitionniste, et la première chose qu’ils font est de créer un site web ou un blog motivés par les bons sentiments mais dénués d’idées claires. Avant d’enseigner autrui, apprenez les bases. Profitez des ressources véganes abolitionnistes, telles que les vidéos, pamphlets et autres matériaux disponibles sur ce site ou d’autres sites abolitionnistes comme animalemacipation.com et la Boston Vegan Association.

Il est triste de voir que les plus gros obstacles à l’éducation végane sont les grandes organisations néowelfaristes, devenues les partenaires des exploiteurs établis dans la promotion de la consommation de produits d’origine animale en distribuant diverses formes d’ « approbation made in droits des animaux » de l’exploitation animale (voir, par exemple, 1, 2).

Ces organisations néowelfaristes sont une part du problème ; elles ne sont pas une part de la solution.

J’espère que vous trouverez ce Commentaire utile. Ainsi que je le stipule, je serai heureux de réaliser de futurs Commentaires dans lesquels je débattrai d’autres questions liées à la défense du véganisme moyennant les réactions que je recevrai à propos de celui-ci.

Devenez végan. C’est facile. C’est meilleur pour la santé et la planète. Et, par-dessus tout, c’est, moralement, la bonne et la juste chose à faire.

Gary L. Francione
© 2010 Gary L. Francione

Réponse à George Monbiot

Chers Collègues :

George Monbiot, chroniqueur au Guardian (R.-U.), avait soutenu le véganisme jusqu’à ce qu’il se rétracte. Dans un éditorial intitulé A propos du véganisme, j’avais tort. Laissez-les manger de la viande – mais faites de l’élevage propre, Monbiot se rallie au mouvement viande « heureuse ».

J’ai posté un bref commentaire sur le site du Guardian :

Cher M. Monbiot :

J’ai trois remarques à vous faire.

Premièrement, mettant de côté le fait de savoir si Fairlie a raison relativement aux questions d’environnement, vous omettez un point fondamental : la consommation de viande et de produits d’origine animale ne peut être justifiée en tant que problème éthique en dehors des considérations environnementales. Pensez-y. Nous sommes tous d’accord pour dire qu’il est moralement mal d’infliger souffrances et mort non nécessaires à des êtres sentients. On peut discuter à loisir du sens du mot « nécessité », mais s’il ne veut rien dire du tout, il signifie au moins que nous ne pouvons infliger la souffrance et la mort pour des raisons de plaisir, de divertissement ou de confort. Or il se trouve précisément que ce sont là les seuls arguments existant en faveur de notre consommation de produits d’origine animale. Plus personne ne soutient l’idée que manger des produits d’origine animale est nécessaire à la santé humaine (c’est exactement le contraire), et l’agriculture animale demeure un problème écologique important, même si Fairlie a raison. La seule justification que nous avons pour infliger douleur, souffrance et mort à 56 milliards d’animaux (en ne comptant pas les poissons) est qu’ils ont bon goût et que nous prenons plaisir à les manger.

Si cela doit constituer une justification éthique, alors cela signifie que les animaux n’ont pas de valeur morale, auquel cas nous devrions simplement reconnaître qu’ils se situent complètement en dehors de la communauté morale, au lieu de soutenir hypocritement un principe éthique sur la souffrance et la mort non nécessaires – lequel principe devient dès lors complètement dénué de sens.

Deuxièmement, s’il me reste à lire le livre de Fairlie, votre exposé de ses arguments environnementaux fait apparaître pour le moins discutable son analyse de ces questions.

Troisièmement, votre position selon laquelle nous devrions rendre la production animale plus « humaine » est incroyablement naïve. Dans le système qui est le nôtre, les animaux sont des biens ; ils sont des produits économiques. Ils sont dénués de valeur inhérente. Les réformes de bien-être fournissent une très faible protection à leurs intérêts, et si vous examiniez l’histoire de ces réformes, vous constateriez que, dans l’ensemble, leur utilité est presque nulle, au-delà du fait de rendre la production animale plus rentable économiquement. Pour cette raison, l’industrie les aurait d’elle-même mises en œuvre. Songez aux box pour l’élevage des veaux de batterie. Ces box augmentent le stress de l’animal et ont pour résultat de plus hauts coûts vétérinaires ; de petits groupes d’unités, en revanche, diminuent les coûts sans altérer la qualité de la viande. La même analyse vaut pour l’abandon des caisses de gestation des porcs, l’adoption de l’abattage des volailles par atmosphère contrôlée, etc.

L’inefficacité économique de l’agriculture intensive, développée durant les années 1950, devient de plus en plus claire. Des changements adviendront dans l’élevage industriel, et on peut parier en effet que certains d’entre eux fourniront un bénéfice marginal de bien-être aux animaux. Mais c’est tout ce qui se produira. Les grands groupes animalistes aux USA et au Royaume-Uni, qui consacrent des millions à promouvoir ces réformes de toute façon inévitables, font passer ces changements dérisoires pour de grosses campagnes appelant à un traitement « humain » des animaux et font accroire au public que des progrès sont en voie d’accomplissement.

Les standards de bien-être animal pourraient-ils être meilleurs ? Bien sûr – en théorie. Car n’importe quelle entorse faite à l’agriculture intensive entraîne une hausse des coûts, et étant donné la réalité des marchés globaux et l’incapacité à stopper les importations de produits issus d’un bien-être animal inférieur, c’est tout simplement irréaliste. En outre, si les consommateurs (ou plutôt, les riches consommateurs qui sont en mesure de se l’offrir) se souciaient assez de payer les plus hauts coûts ainsi engagés, ils se soucieraient probablement aussi assez des animaux d’un point de vue moral pour ne pas les manger du tout.

Quoi qu’il en soit, même si les standards de bien-être augmentaient sensiblement, notre traitement des animaux serait encore et toujours considéré comme de la torture si des humains en étaient les victimes. Torturer quelqu’un par l’eau avec une planche matelassée est certes un tout petit peu mieux qu’avec une planche nue, mais ça reste de la torture.

Il est impossible de faire de l’agriculture animale destinée à nourrir des milliards d’humains sans torturer les animaux (quand bien même ces milliards d’humains consommeraient moins de produits d’origine animale). Je suis abasourdi de voir que vous puissiez croire le contraire et que vous vous soyez rallié au mouvement « viande/produits d’origine animale heureux ».

Je vous remercie de l’attention que vous porterez à mes remarques.

Gary L. Francione
Professeur, Rutgers University
Newark, New Jersey
www.abolitionistapproach.com
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Il est triste de voir un progressiste comme George Monbiot tomber dans un tel non-sens welfariste et réactionnaire.

Gary L. Francione
© 2010 Gary L. Francione

Newkirk à propos du véganisme principiel : « Tordons le cou au principe »

Chers Collègues :

Dans un article de Time Magazine, Ingrid Newkirk, la cofondatrice de PETA, parle du « flexitarisme » ou « végétarisme à temps partiel ».

Le but de nombreux activistes est simplement d’amener plus de gens à manger moins de viande. « Les puristes absolus devraient vivre dans une grotte », déclare Ingrid Newkirk, présidente des People for the Ethical Treatment of Animals (PETA). « Quiconque est témoin de la souffrance des animaux et possède la moindre lueur d’espoir de réduire cette souffrance ne peut poser que c’est tout ou rien. Nous devons être pragmatiques. Tordons le cou au principe. »

Plusieurs observations peuvent être faites à propos de ces déclarations :

Premièrement, Newkirk récite le mantra du nouveau mouvement welfariste : à savoir que les réformes de bien-être réduisent réellement la souffrance animale. Or les réformes plébiscitées par PETA et les autres groupes néowelfaristes ne fournissent dans l’ensemble pas de bénéfices importants en termes de bien-être pour les animaux. Elles représentent simplement une forme différente de torture. La torture par l’eau, qu’elle soit pratiquée avec une planche nue ou une planche matelassée, revient encore et toujours à torturer quelqu’un par l’eau.

En outre, l’industrie, dans l’ensemble et de toute façon, finirait par adopter ces réformes parce qu’elles augmentent en général le rendement de production. Donner un peu plus d’espace aux veaux ou opter pour les alternatives aux caisses de gestation aboutit à l’augmentation de la productivité animale, à la baisse des frais vétérinaires et à une meilleure performance des producteurs. PETA reconnaît explicitement que le gazage des poulets est économiquement rentable. La relation symbiotique entre les grandes organisations animalistes et les exploiteurs institutionnels est patente lorsqu’on voit que des groupes comme PETA et les exploiteurs institutionnels sont engagés dans un théâtre par quoi les défenseurs animalistes visent une pratique économiquement vulnérable ; l’industrie oppose un combat symbolique ; la réforme, ou certaine modification de la réforme, se voit tôt ou tard acceptée parce qu’elle ne nuit pas à l’industrie, mais l’aide au contraire ; les groupes animalistes déclarent victoire ; les exploiteurs jouissent des éloges que les défenseurs des animaux décernent à l’industrie. Seuls les animaux sont perdants.

Deuxièmement, Newkirk ignore sciemment que la promotion acharnée des réformes de bien-être ainsi que les appels à une exploitation plus « humaine » des animaux ont pour résultat que le public se sent plus à l’aise par rapport au fait de les manger, et qu’en conséquence la consommation s’intensifie. Il est intéressant de noter que la consommation par habitant de produits d’origine animale augmente et ne faiblit pas. Lorsque des groupes comme PETA décernent un prix à la conceptrice d’abattoirs Temple Grandin, font l’éloge des revendeurs de chair et de produits d’origine animale, ou annulent le boycottage de KFC au Canada sous prétexte que KFC a accepté d’introduire progressivement l’achat de poulets gazés en provenance des producteurs, qu’est-ce que ça dit au public ? Ce n’est rien moins qu’un gros cachet d’approbation « droits des animaux ».

Il devrait être de plus en plus clair que le mouvement viande « heureuse »/produits d’origine animale « heureux » constitue un formidable pas en arrière.

Troisièmement, Newkirk escamote à propos le point le plus important du débat, qui est de savoir s’il faut s’inscrire dans une ligne de fond morale clairement végane ou poursuivre plutôt les réformes de bien-être.

C’est un jeu à somme nulle. C’est-à-dire que nous vivons dans un monde aux ressources limitées. Chaque centime d’argent, chaque seconde de temps, chaque effort dévolus aux réformes de bien-être sont autant d’argent, de temps et de travail consacrés en moins à l’élaboration d’un front de défense végan clair et sans équivoque. Si les grosses corporations néowelfaristes investissaient toutes leurs ressources dans le militantisme végan, elles seraient à même de réduire la souffrance et la mort en réduisant la demande de produits d’origine animale. Elles déplaceraient le paradigme de l’idée que les animaux sont des choses que nous pouvons utiliser si nous les traitons « avec humanité » à celle qu’ils sont des êtres dotés d’une valeur morale inhérente qui nous interdit de les utiliser de quelque manière que ce soit.

Considérez l’exemple suivant : vous disposez aujourd’hui d’une heure pour militer. Devez-vous passer cette heure à démontrer aux gens qu’ils doivent consommer des œufs de poules élevées en plein air, ou bien à leur expliquer qu’il ne faut plus manger d’œufs (ni de produits d’origine animale) ? Vous ne pouvez faire les deux, et dans la mesure où vous leur dites – comme le font ces organisations – qu’ils peuvent souscrire à leurs obligations morales envers les animaux en consommant des œufs de poules élevées en plein air ou d’autres produits d’origine animale « heureux », vous garantissez virtuellement que le mieux qui puisse advenir est que les gens choisiront une forme différente de torture plutôt que pas de torture du tout.

Contrairement à ce que suggère Newkirk, la situation ne se réduit pas à choisir entre la réduction de la souffrance ou la promotion du véganisme. C’est uniquement en promouvant le véganisme – en travaillant sur le côté « demande » de l’équation plutôt que sur son coté « matériel » (le point de mire des réformes welfaristes) – que nous réduirons la souffrance – et la mort.

Un point connexe est qu’il n’y a pas que la souffrance qui compte, ainsi que Newkirk le suggère ; la mort importe tout autant. Newkirk se rallie apparemment à l’opinion de Peter Singer selon quoi les animaux n’auraient dans l’ensemble pas d’intérêt à la poursuite de leur existence mais auraient seulement un intérêt à ne pas souffrir. Je rejette cette opinion en tant que fait objectif. Nier que les êtres sentients puissent avoir un intérêt à la poursuite de leur existence – c’est-à-dire nier qu’ils préfèrent, ou veulent, ou désirent continuer à vivre – est absurde. La position welfariste, acceptée par Newkirk et Singer, pose que la vie animale n’a aucune valeur morale en soi. Peut-être que cela explique pourquoi PETA tue la plupart des animaux qu’elle recueille dans ses installations de Norfolk. Je rejette en tout cas cette opinion parce qu’elle est spéciste.

Aussi longtemps que nous nous focaliserons sur la manière dont nous traitons les animaux, aussi longtemps que nous penserons avoir le droit de les exploiter dès lors que nous les traitons « avec humanité », aussi longtemps que nous refuserons de voir que le sujet véritable est que nous ne pouvons justifier l’exploitation animale, fût-elle « humaine », le paradigme n’évoluera jamais.

Quatrièmement, je comprends pourquoi les entreprises animalistes du genre de PETA plébiscitent les principes « flexitariens » et sont hostiles au véganisme. Elles veulent la plus grosse base de donateurs possible. Selon un cadre de PETA, la moitié des membres de PETA ne sont même pas végétariens. Si vous voulez que ces personnes versent leurs cotisations et vous citent dans leurs testaments, vous avez besoin de les rendre à l’aise quant à leur exploitation assidue des animaux. Si vous voulez frayer avec des célébrités de Hollywood ou d’autres gens célèbres qui consomment les animaux, vous ne pouvez avoir une politique végane claire. Vous adoptez donc plutôt une position qui inclut tout le monde, mais, précisément parce qu’elle n’exclut aucune conduite en tant que moralement inacceptable, une telle position ne veut rien dire.

La schizophrénie morale est stupéfiante. PETA condamne systématiquement les exploiteurs institutionnels mais ne parvient pas à reconnaître que les consommateurs réclamant des produits d’origine animale – parmi lesquels figurent tous les membres de PETA non végans –sont en premier lieu des exploiteurs qui créent la demande.

Pour résumer, il est triste que les plus gros adversaires du véganisme posé comme ligne de fond morale soient de prétendus défenseurs des animaux tels Newkirk et Singer (1; 2). Il est affligeant de voir que la réponse de Newkirk au véganisme principiel est : « Tordons le cou au principe », ou qu’elle dise de ceux qui le défendent qu’ils « devraient vivre dans une grotte ».

C’est un sujet d’inquiétude que de constater que ceux qui crient le plus fort que le véganisme est difficile ou décourageant sont de soi-disant défenseurs des animaux.

Comprenez bien que je ne mets pas en doute la sincérité de Newkirk. Je crois simplement et sincèrement qu’elle se trompe profondément.

Si vous n’êtes pas végan, merci d’envisager de le devenir. Ne tombez pas dans la dichotomie erronée faite entre la viande et les autres produits d’origine animale, car il n’y a pas de distinction moralement cohérente entre les deux. Les animaux utilisés pour le lait vivent généralement plus longtemps, sont traités aussi mal, sinon plus mal que les animaux élevés pour la viande, et finissent leur existence dans les mêmes abattoirs hideux que leurs homologues abattus pour leur chair.

Devenir végan est facile (en dépit de ce qu’affirment certaines grosses organisations animalistes) ; c’est meilleur pour votre santé ; c’est meilleur pour la planète ; et par-dessus tout, c’est, sur le plan éthique, la juste chose à faire. Le véganisme n’est pas une question de compassion ou de pitié ; c’est une question de justice fondamentale.

Le véganisme est le minimum que nous devons aux nonhumains sentients.

Gary L. Francione
© 2010 Gary L. Francione

Commentaire n°18 : un pas en arrière, l’importance du véganisme et l’emploi abusif du terme « abolition »

Chers Collègues :

Dans ce Commentaire, j’aborde plusieurs sujets :

Premièrement, je parle de l’avis du groupe néowelfariste Mercy for Animals selon quoi le géant du détail Costco aurait fait un « pas en avant » en acceptant de commercialiser de la viande de veau « humaine ». Je soutiens que le fait d’avoir des défenseurs des animaux faisant l’éloge d’une semblable chose constitue un « pas en arrière », comme constitue un pas en arrière le fait de faire de la consommation de viande de veau un sujet plus important que la consommation des autres produits d’origine animale.

Deuxièmement, je débats de l’argument donné par certaines grosses organisations qui voudrait que parce que nous ne pouvons éviter complètement les produits d’origine animale, tout principe moral comprenant le véganisme comme ligne de fond ne serait qu’une « pureté personnelle » artificielle.

Pour finir, je parle de l’emploi abusif du terme « abolition » par ceux qui défendent les réformes de bien-être et la violence.

J’évoque aussi brièvement l’atelier abolitionniste que nous avons tenu à Rutgers en mai dernier ainsi que mon prochain livre, The Animal Rights Debate: Abolition or Regulation?, publié par Columbia University Press.

J’espère que vous prendrez plaisir à écouter ce Commentaire.

Gary L. Francione
© Gary L. Francione