Archives mensuelles : septembre 2010

IndyMediaLive – Mardi 5 octobre

Chers Collègues :

Mardi 5 octobre, je serai l’invité d’IndyMediaLive. L’émission sera diffusée sur WRIR 97.3 FM à Richmond en Virginie, de 12 heures 30 à 13 heures.

Je débattrai de l’approche abolitionniste, du véganisme et de la non-violence. J’espère que vous aurez la possibilité d’écouter l’émission, qui sera diffusée en continu et archivée sur le site.

Si vous n’êtes pas vegan, devenez-le. C’est facile, c’est meilleur pour la santé et la planète. Et, par-dessus tout, c’est, sur le plan moral, la bonne et la juste chose à faire.

Si vous l’êtes déjà, alors sensibilisez les autres au véganisme de manière créative et non-violente.

Le Monde est Vegan ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

La théorie végane/abolitionniste au Canada

Chers Collègues :

Ce week-end, je vais faire deux exposés dans la région de Toronto.

Le vendredi 1er octobre, à 15 heures 30, je débattrai, en tant qu’invité de la Suite d’Orateurs du Département de Philosophie de l’Université de Guelph, du point de vue welfariste selon lequel les animaux nonhumains auraient une valeur morale inférieure à celle des humains. Selon les welfaristes se référant à Bentham puis poursuivant avec Singer et la plupart des grandes organisations de bien-être animal, les animaux (possible exception faite de certains animaux comparables aux humains tels que les grands singes) ont un intérêt à ne pas souffrir, mais non à continuer de vivre. La raison avancée pour justifier un tel point de vue est que les animaux n’ont pas conscience d’eux-mêmes de la même façon que les humains normaux. Les welfaristes soutiennent que la question morale fondamentale est le traitement des animaux, et non leur utilisation. C’est cette opinion qui fait loi au sein du mouvement « flexitarien »/« viande heureuse ».

Je montrerai que les idées welfaristes sur la cognition animale et la conscience de soi sont elles-mêmes spécistes et demanderai que soit évoquée la question de la valeur morale égale de tous les êtres sentients et si le statut de propriété des nonhumains peut être justifié.

Les rencontres du Département de Philosophie sont gratuites et ouvertes au public.

Le samedi 2 octobre, je ferai une communication sur les droits des animaux, le problème de l’animal considéré comme propriété et la non-violence au 11e Forum Annuel de Bien-Etre Animal de l’Ecole de Médecine Vétérinaire de l’Université de Guelph.

De nombreux défenseurs des animaux passent leur temps à parler uniquement avec d’autres défenseurs du même avis. Cela ne fait pas avancer les choses. Nous avons besoin de débattre avec les gens en général, y compris ceux qui, comme les vétérinaires, embrassent une approche welfariste et rejettent la perspective abolitionniste/des droits. Samedi, je m’adresserai à des welfaristes engagés, et j’espère au moins les stimuler à réfléchir aux limites pratiques des réformes de bien-être et aux problèmes moraux posés par l’utilisation des animaux (fût-elle « humaine ») d’un point de vue général.

L’accès aux rencontres de l’Ecole Vétérinaire est gratuit, mais l’enregistrement est recommandé eu égard au nombre de places limité.

Si vous n’êtes pas vegan, devenez-le. C’est facile, c’est meilleur pour la santé et la planète. Et, par-dessus tout, c’est, moralement, la bonne et la juste chose à faire.

Si vous l’êtes déjà, alors sensibilisez les autres au véganisme de manière créative et non-violente.

Le Monde est vegan ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

La position de Singer vis-à-vis des poissons est louche

Chers Collègues :

Dans un récent article, Peter Singer soutient que :

Nous devons apprendre à capturer et tuer humainement les poissons sauvages – ou, si ce n’est pas possible, à trouver des alternatives moins cruelles et plus durables pour les manger.

Une alternative ? Quid des légumes, fruits, noix, légumineuses et céréales ?

Comme je l’ai rappelé ici et là, Singer pose que l’utilisation des poissons (ou des autres animaux) pour la nourriture – pour autant qu’ils soient traités « avec humanité » – n’est pas moralement inacceptable en soi car, selon Singer, les poissons n’ont pas le sens du futur et, par conséquent, n’ont pas d’intérêt à continuer de vivre, mais seulement l’intérêt de ne pas souffrir.

La position de Singer selon laquelle seuls les êtres doués d’une conscience de soi semblable à celle des humains ont un intérêt à vivre (en tant que distinct du fait de ne pas souffrir) est spéciste. Un poisson tient à sa vie exactement comme je tiens à la mienne et vous à la vôtre. Le poisson peut penser aussi différemment son existence que moi la mienne. Et alors ? Il préfère ou veut ou désire rester en vie. Tout comme moi. Tout comme vous. Tout comme n’importe quel être sentient.

En outre, Singer choisit une fois de plus d’ignorer que parce que les animaux sont des propriétés, les standards de leur bien-être ne dépasseront pas, sauf exceptions rarissimes, le niveau requis pour s’assurer qu’ils sont exploités efficacement. On améliore rarement les standards de bien-être, sauf s’il y a un bénéfice économique à la clé. La réalité économique les maintient à un très bas niveau. Le welfarisme ne fonctionne tout simplement pas dans les faits.

Dans l’article, Singer déclare également que :

Les règlementations en matière d’abattage exigent généralement que les animaux soient rendus instantanément inconscients avant d’être tués, ou que la mort survienne presque immédiatement, ou, dans le cas des abattages rituels, qu’elle soit aussi proche de l’instantanéité que l’autorise la doctrine religieuse.

Pas pour les poissons. Il n’y a aucune exigence d’abattage humain pour les poissons sauvages capturés et tués en mer, ni, dans la plupart des cas, pour les poissons d’élevage.

Cela me choque au-delà de toute mesure que Singer suggère que les règlementations exigeant soi-disant un abattage « humain » soient autre chose que des tentatives de rendre les humains plus à l’aise par rapport aux horreurs qui se déroulent dans les abattoirs. Si Singer s’est jamais rendu dans un abattoir – que ce soit un abattoir conventionnel ou l’un de ceux conçus par Temple Grandin, la gagnante du prix PETA – et qu’il pense que les mots « humain » et « abattage » vont ensemble, c’est qu’il n’a pas prêté attention à ce qui se passait sur le tapis d’abattage. Nous avons vu maintes et maintes fois que l’étourdissement et l’exsanguination ne sont souvent même pas exécutés convenablement, et que quand bien même ils le seraient, appeler une telle torture « humaine » à n’importe quel niveau est profondément inquiétant.

Enfin, parce que Singer et d’autres welfaristes voient dans le véganisme seulement un moyen de réduire la souffrance et non une exigence de justice qui nous interdit d’utiliser les animaux comme des ressources, fût-ce « humainement », ils ne peuvent proposer le véganisme comme autre chose qu’un principe « flexitarien » et soutiennent l’exploitation « heureuse », qu’ils louent comme « compatissante ». Singer soutient que le véganisme cohérent est « fanatique » et que nous pouvons moralement nous offrir le « luxe » de manger des produits animaux « humains ».

Si vous n’êtes pas vegan, devenez-le. C’est facile, c’est meilleur pour la santé et la planète. Et, par-dessus tout, c’est, sur le plan moral, la bonne et la juste chose à faire.

Si vous l’êtes déjà, alors sensibilisez les autres au véganisme de manière créative et non-violente.

Le Monde est Vegan ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Assis, tais-toi, souris, signe un chèque et admire le spectacle

Chers Collègues :

Chris Hedges a écrit un essai formidable, « Retribution for a World Lost in Screens ». Bien que la question des animaux n’y soit pas abordée, son essai nous aide à comprendre le « mouvement » animaliste actuel et la raison de son échec. Hedges défend l’idée que dans notre culture moderne centrée sur les ordinateurs, on ne cherche plus à comprendre les choses ni à entrer en empathie avec les autres ; on recherche seulement l’auto-gratification, l’illusion du pouvoir et le divertissement. Quiconque n’affiche pas un sourire perpétuel devant les problèmes du monde, quiconque fait montre d’un léger embarras à leur sujet est rejeté en tant que personne « négative » et « pessimiste ».

Nous sommes responsables du traitement cruel et du meurtre impitoyable de milliards d’êtres sentients – une réalité sans égale dans l’histoire humaine. Cela se passe sous nos yeux. Au lieu de s’ériger en une force unifiée et non-violente pour dire « non » à ces souffrances et ces morts inimaginables, on convertit ce véritable trou noir moral en spectacle. On organise des galas tenus par des non-vegans au cours desquels passent des vidéos où l’on voit des Narcisse pathétiques se décerner des médailles, des femmes nues en cage « pour les animaux » et les leaders du bien-être animal collaborer avec les exploiteurs institutionnels et nous assurer que les « pires » aspects de l’exploitation des animaux peuvent être discutés via des réformes dépourvues de sens, et que tout ce que nous avons à faire pendant ce temps-là, c’est d’être relax et contents parce que décidément tout ira bien– aussi longtemps que nous donnerons de l’argent, bien entendu.

L’on assiste à un spectacle perpétuel, des « conférences » (qui ne sont rien d’autre, pour les grandes corporations de bien-être animal, que des shows commerciaux) aux « marches pour les animaux », de sorte que ceux qui se sentent concernés peuvent se retrouver et se sentir bien en exprimant leur « compassion » et leur soutien à un traitement « humain » des animaux, en protestant contre les « abus » – autant de notions vides de sens avec lesquelles nul n’est de toute façon en désaccord dans l’abstrait. On se voit offrir des concours pour dessiner des tee-shirts avec des slogans contre l’élevage industriel ainsi que des films sur des concepteurs d’abattoirs « visionnaires » recevant des récompenses de la part des associations « animalistes ».

On nous rabâche que dire « non » en défendant clairement le véganisme comme ligne de fond morale n’est ni nécessaire, ni souhaitable. Ce ne serait pas nécessaire parce que les réformes de bien-être ainsi qu’une exploitation « heureuse » des animaux viseraient le problème de façon plus « pratique ». Ce se serait pas souhaitable non plus parce qu’on ne veut surtout pas que le public soit mécontent et qu’une solution qui requiert de vrais changements puisse interférer avec la quête acharnée du divertissement et des solutions faciles. On dit aux gens qu’ils agiront très bien en devenant simplement des « omnivores consciencieux » ou des « carnivores pleins de compassion », en consommant de la viande et des produits d’origine animale flanqués d’un label « fait avec humanité » sponsorisé par l’une ou l’autre de ces grosses organisations animalistes.

La critique de cette machine à spectacle bouffie, inefficace qu’on appelle « le mouvement », terme impropre parce qu’il ne va nulle part si ce n’est en arrière, n’est pas tolérée. Elle interfère avec le désir de croire ce que disent les welfaristes commerciaux : à savoir que l’on peut guérir le cancer en signant des chèques, en la fermant, en s’asseyant et en admirant le spectacle. Comme quelqu’un parlant dans un cinéma quand on essaie de regarder et de prendre plaisir à un film stupide. Cela interfère avec le divertissement. Dans la société qui est la nôtre – et dans le cadre du « mouvement animaliste » –, c’est le plus grave péché qui soit.

Si la planète survit et que l’histoire nous juge, ce ne sera pas pour ne pas avoir contribué davantage aux corporations de bien-être animal afin qu’elles aient été en mesure de mener de plus grosses campagnes en faveur des œufs de poules élevées en plein air ou de la suppression des box à veaux : ce sera à propos de notre destruction cruelle et sans pitié des plus vulnérables d’entre nous – humains et nonhumains –, et parce que nous nous serons simplement contentés d’admirer le spectacle.

Si vous n’êtes pas végan, devenez-le. C’est facile, c’est meilleur pour la santé et pour la planète. Par-dessus tout, c’est, sur le plan moral, la bonne et la juste chose à faire.

Si vous l’êtes déjà, alors sensibilisez les autres au véganisme de manière créative et non-violente.

Le véganisme éthique est un moyen puissant de dire « non ».

Le Monde est Végan ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Welfarisme, action directe militante, mantras et foi aveugle

Chers Collègues :

Plusieurs d ›entre vous expriment leur frustration quant au fait que lorsqu ›on cherche à engager la discussion avec d ›autres défenseurs des animaux sur l ›abolition versus la réglementation, ou sur l ›éducation végane non-violente versus l ›action directe militante, les partisans des réformes de bien-être ou de la violence n ›ont rien à dire de solide.

L ›explication en est que la croyance en la violence ou dans les réformes de bien-être n ›est pas basée sur la raison ; elle est basée sur la foi. Concernant les welfaristes, vous pouvez mettre soigneusement sur pied un argument raisonné afin de démontrer que le réformisme ne fonctionne pas et ne peut fonctionner en raison des facteurs économiques. Vous pouvez montrer comment les réformes de bien-être ont historiquement échoué. Vous pouvez montrer en quoi les campagnes welfaristes contemporaines sont profondément imparfaites. Vous pouvez produire une analyse raisonnée.

Les welfaristes n ›ont strictement rien à opposer à cela, si ce n ›est répéter le mantra : « Mais nous devons faire quelque chose maintenant pour aider les animaux ». Vous pouvez répondre que les réformes de bien-être, dans les faits, n ›aident en rien les animaux « maintenant », et démontrer empiriquement qu ›il en est bien ainsi. Vous pouvez montrer en quoi les réformes de bien-être ont rendu, et continuent de rendre, le public plus à l ›aise par rapport à l ›exploitation animale. Leur réponse consiste alors seulement en un autre mantra : « Vous semez la zizanie ». Ce qui, une fois traduit, signifie : « Nous n ›avons rien à répondre, alors taisez-vous et soutenez les réformes de bien-être, car vous vous ingérez par vos questions dans notre politique de collectes de fonds. »

Vous pouvez donner des arguments en faveur du véganisme comme ligne de fond morale et contre les campagnes ciblées. Les welfaristes ne répondent pas par des analyses raisonnées ; ils réaffirment seulement la distinction arbitraire entre la viande et les autres produits d ›origine animale ; ils répètent simplement que la fourrure est différente de la laine ou du cuir. Ils récitent des mantras. Ils disent : « Mais beaucoup d ›entre nous étaient végétariens avant de devenir vegans. » Et alors ? La plupart des défenseurs des animaux appartenaient à des organisations welfaristes qui présentent continuellement le véganisme comme difficile ou rebutant, et qui dépeignent le végétarisme comme une posture morale cohérente. Est-ce une surprise que beaucoup de vegans aient d ›abord été végétariens ? Et ceci a-t-il la moindre pertinence quant au fait que le véganisme, en tant que principe de base, doit constituer la ligne de fond morale du mouvement ? Non, évidemment non.

Un autre mantra très populaire est : « Gardez vos critiques pour les exploiteurs. » Mais l ›idéologie welfariste, y compris la promotion de la viande « heureuse » et des produits d ›origine animale « humains », est de l ›exploitation.

Ce n ›est pas différent de la manière dont procèdent les religions organisées. La raison n ›a aucune place là où la foi constitue la monnaie d ›échange et où l ›analyse critique est vue comme une hérésie. C ›est une bonne chose que vouer des gens au bûcher ne soit plus permis, sinon les grands prêtres du welfarisme animal se lanceraient dans une Inquisition moderne.

Ceux qui promeuvent la violence ont une conduite cultuelle similaire. Ils scandent sans cesse le mantra : « Nous devons utiliser la violence contre les exploiteurs. » Les questions philosophiques et morales soulevées par la violence mises à part, vous pouvez leur expliquer que, dans les faits, les véritables exploiteurs sont en premier lieu ceux qui créent la demande en produits d ›origine animale. Les exploiteurs établis sont bien sûr également coupables, mais ils ne font que répondre à la demande du public en produits animaux. C ›est comme un contrat de meurtre ; les exploiteurs établis tuent, mais ceux qui consomment les produits d ›origine animale et génèrent la demande embauchent en fait les tueurs institutionnels pour effectuer les meurtres. En droit criminel, la personne qui embauche le tueur et le tueur sont tous deux coupables de meurtre, et quiconque pense clairement comprend pourquoi tous deux sont également coupables devant la loi.

Vous pouvez faire remarquer aux partisans de la violence que si dix abattoirs ferment aujourd ›hui suite à l ›action directe, dix de plus surgiront demain, ou que dix abattoirs existants augmenteront leur capacité de production aussi longtemps que la demande restera la même. Vous remarquerez que les supporters de l ›action militante sont des exploiteurs en ce que beaucoup d ›entre eux ne sont même pas vegans. Vous remarquerez que les partisans de la violence, qui sont souvent aussi des partisans des réformes de bien-être, n ›arrivent pas à comprendre que ceux qui promeuvent la viande « heureuse » et l ›exploitation « humaine » promeuvent l ›exploitation.

La réponse ? Ils réassènent seulement leur mantra comme quoi la violence est nécessaire. Aucun raisonnement ; aucune analyse critique. Simplement l ›assertion de slogans vides de sens, généralement proférés à voix haute et mâtinés de tonnes de jargon. Encore une fois, on a affaire à quelque chose s ›apparentant à la foi religieuse.

Ainsi, dans la mesure où vous éprouvez de la frustration dans vos rapports avec les welfaristes ou les partisans de la violence, comprenez que vous n ›avez pas affaire à la raison. Vous avez affaire à la foi. Vous avez affaire à une mentalité cultuelle. Malheureusement, vous ne pouvez avoir de discussion raisonnable avec un grand nombre de ces personnes parce que le raisonnement et la raison ne leur importent pas et n ›influent pas sur leurs pensées.

La vérité, c ›est que les arguments logiques et l ›évidence empirique sont claires : le welfarisme animal ne fonctionne pas, et promouvoir la violence pour débattre du problème de l ›exploitation animale démontre une complète ignorance des mécanismes culturels et de la réalité économique de l ›exploitation.

L ›exploitation animale est invasive et omniprésente. La seule manière de changer les choses est de faire évoluer le statut des animaux de l ›état de choses, de propriétés, vers celui de personnes nonhumaines membres à part entière de la communauté morale. Cela n ›arrivera pas de manière significative tant que les animaux se retrouveront dans nos assiettes, sur nos tables, nos épaules, à nos pieds ou dans les produits que nous utilisons. Nous devons dire « non » à l ›exploitation animale dans nos propres vies et nous avons besoin de sensibiliser les autres via une éducation végane créative et non-violente.

Si vous n’êtes pas vegan, devenez-le. C’est facile, c’est meilleur pour la santé et la planète. Et, par-dessus tout, c’est, moralement, la bonne et la juste chose à faire.

Si vous l’êtes déjà, alors sensibilisez les autres au véganisme de manière créative et non-violente.

Le Monde est vegan ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Le sens de « humain »

Chers Collègues :

On entend toujours le mot « humain »utilisé conjointement avec l ›état de choses qui adviendra lorsque telle ou telle réforme de bien-être, sujet de telle ou telle campagne lancée par telle ou telle grande corporation de bien-être animal (et pour laquelle votre contribution financière est nécessaire « pour les animaux »), sera adoptée.

Ainsi que le sait toute personne consultant ce blog ou mes autres travaux, je pense que la norme du traitement “humain” des animaux,  légalement considérés comme des biens meubles, sera généralement limitée au niveau de protection requis pour les exploiter de manière économiquement rentable. En d ›autres termes : sauf rares exceptions, on dépense de l ›argent pour protéger les intérêts des animaux uniquement lorsqu ›il y a un bénéfice économique à la clé.

Une revue consacrée à l ›histoire des réformes de bien-être indique que la plupart de celles qui ont été mises en œuvre répondent à ce modèle et qu ›elles font un peu plus qu ›augmenter le rendement de la production. En revanche, elles ne font pas grand chose pour augmenter la protection des intérêts des animaux. Le principal bénéfice des réformes « humaines » est de rendre les humains plus à l ›aise par rapport au fait d ›exploiter les animaux.

Ainsi, soyons clairs : lorsqu ›on propose une réforme qui rendra le traitement des animaux plus « humain », voilà ce qu ›on veut réellement signifier :

1. la réforme peut aboutir à une légère diminution de la torture existante, mais les animaux seront toujours torturés (et dans de nombreux cas, la réforme n ›aura même pas ce résultat) ;

2. la réforme rendra généralement la production animale plus rentable en réduisant les coûts de production ;

3. la réforme ne fera rien pour arracher les animaux à leur statut de propriété, et les y empêtrera en fait davantage ;

4. la réforme rendra les humains plus à l ›aise par rapport à l ›utilisation des animaux.

C ›est une proposition d ›où tout le monde sort gagnant. Les producteurs en bénéficient en augmentant avantageusement leurs profits et sont dès lors en mesure de prétendre qu ›ils « prennent soin » des animaux (regardez Whole Foods). Les groupes animalistes peuvent de leur côté solliciter des dons à la fois pour la campagne et en récompense de la supposée « victoire », et jouer aux héros.

Seuls les animaux sont perdants.

Si vous n’êtes pas végan, devenez-le. C’est facile, c’est meilleur pour la santé et la planète. Et, par-dessus tout, c’est, moralement, la bonne et la juste chose à faire.

Le Monde est végan ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

La réponse de VIVA! et la mienne

Chers Collègues :

J’ai posté un billet sur les remarques de VIVA! telles qu’elles ont été rapportées dans le journal britannique The Sunday Mail concernant la vente au Royaume-Uni de viande d’animaux tués selon la méthode halal.

Une « réponse de VIVA! » a paru sur Opposing Views, où mon propre article a été reproduit.

Réponse de VIVA! :

Gary, il t’intéressera peut-être d’apprendre que le Daily Mail n’a pas parlé à VIVA!. Ils se sont contentés de prendre une citation sur notre site. Il a été prouvé que l’abattage rituel sans étourdissement préalable est plus cruel, mais nous sommes contre tous les abattages. L’abattage « humain », bien entendu, n’existe pas.

A chaque occasion, nous essayons de mettre en avant le véganisme en tant que choix le plus éthique qui soit pour protéger les animaux. Cependant, tu dois comprendre que les médias ont leur propre ordre du jour. Si nous avions parlé au Daily Mail à l’époque (nous l’avons fait depuis), nous aurions pu parler du véganisme jusqu ›à la fin de temps… Ils imprimeront toujours ce qu’ils veulent imprimer. Merci de garder cela à l’esprit avant de nous critiquer à l’avenir, nous ou d’autres organisations. Je te remercie.

- Justin Kerswell, 21 septembre 2010, 11h06

J’ai confirmé que cette réponse émanait effectivement bien de VIVA!.

Voici la mienne :

Cher Justin,

Merci pour ta réponse. Elle ne répond malheureusement pas à mes inquiétudes, sinon pour les renforcer.

Islamophobie et abattage halal

En admettant que tu dises la vérité (et je le crois) et que le Sunday Mail n’ait pas parlé à VIVA! et pris la citation sur le site de l’organisation, alors le problème est autrement plus grave en ce que les remarques xénophobes attribuées à VIVA! ne peuvent être considérées comme sorties de leur contexte, mais qu’elles représentent plutôt une déclaration de principe réfléchie de la part de l’organisation. Etant donné l’islamophobie rampante qui a cours au Royaume-Uni (et ailleurs), ce pourrait être une bonne idée que d’effacer cette déclaration de votre site. Il n’est pas bien de dire que VIVA! soutient le multiculturalisme alors que l’organisation fait des remarques telles que celles-ci, étant donné particulièrement que nous savons tous les deux que les animaux qui sont étourdis ne le sont généralement pas correctement. Par conséquent, je suis dérouté de ce que vous puissiez croire utile d’établir une distinction entre l’abattage halal et l’abattage conventionnel.

En outre, la déclaration attribuée à VIVA! (que tu ne désavoues pas) : « Les consommateurs peuvent y mettre du leur en boycottant les commerces qui persistent à vendre de la viande d’animaux n’ayant pas été étourdis », diffuse le message explicite que le problème est l’abattage halal (ou casher), et que la solution est de boycotter la viande d’animaux non étourdis. Une bien meilleure déclaration eût été : « Les consommateurs qui se soucient de ces questions doivent se demander s’ils doivent consommer des produits d’origine animale, car tous les produits d’origine animale sont le résultat de la torture et du massacre injustifiable d’animaux nonhumains. » Comme je l’ai dit, VIVA! a raté ici une occasion de sensibiliser le public. Une fois encore, étant donné que les animaux étourdis ne le sont précisément pas souvent, la distinction que vous établissez se contredit dans ses propres termes, et pas seulement par rapport au fait que le problème est l’utilisation des animaux, et non leur traitement ou exploitation particuliers par un groupe particulier de gens.

VIVA! et le véganisme

Ta déclaration selon laquelle « [à] chaque occasion nous essayons de mettre en avant le véganisme en tant que choix le plus éthique qui soit pour protéger les animaux » est simplement inexacte.

Le fait est que, sur ses sites, VIVA! (qui se ramifie dans plusieurs pays) fait activement la promotion d’un végétarisme considéré comme une alternative moralement cohérente au fait d’être omnivore, caractérisant le véganisme comme quelque chose d’optionnel que les gens peuvent embrasser s’ils choisissent d’aller plus loin. Dans la mesure où VIVA! distingue la chair des autres produits d’origine animale, elle entretient le fantasme qu’il existe entre eux une différence moralement cohérente. Or nous savons toi et moi qu’il s’agit là d’un non-sens. Les produits laitiers, comme tous les produits d’origine animale qui sont autre chose que de la viande, comprennent autant, sinon plus de souffrance que la viande, et tous les produits d’origine animale, quelle que soit la manière dont ils ont été obtenus, résultent de la mort d’un animal. Faire la promotion du végétarisme et non du véganisme ne diffère logiquement en rien du fait de promouvoir l’achat de viande de vaches tachetées au lieu de viande de vaches marron. Le raisonnement de VIVA! est précisément le même que celui qui fut utilisé pour soutenir les campagnes en faveur de choses telles que le boycottage de la viande de veau. La réalité, c’est qu’il n’y a aucune différence entre le veau et les autres viandes, comme il n’y a aucune différence entre la viande et les autres produits d’origine animale.

Le site britannique de VIVA! vend des livres de recettes contenant des produits d’origine animale et fait de la publicité pour des restaurants ou des auberges servant ces produits. Comment peux-tu dire qu’ « [à] chaque occasion nous essayons de mettre en avant le véganisme » alors que vous vendez des livres de recettes contenant des produits d’origine animale et que vous plébiscitez les endroits qui en servent ? C’est une question rhétorique. En faisant la promotion de ces livres et de ces commerces, vous dites clairement au public qu’il existe une différence entre la viande et les autres produits d’origine animale.

Non seulement VIVA! promeut l’idée que le végétarisme représente une alternative cohérente au fait d’être omnivore, mais elle entretient aussi le non-sens qu’il serait difficile ou « rebutant » de devenir vegan (c’est le propre mot de VIVA! sur son site Facebook dans un des commentaires de l’organisation), et que le végétarisme constituerait une sorte de passerelle vers le véganisme. Ce genre de position ne mène à rien sinon à renforcer la propagande voulant que le véganisme soit une posture extrême qui ne peut être tenue que par Hercule. C’est précisément cela qui décourage le public et contribue au grand nombre d’ « animalistes » qui ne seront jamais végans. Si nous sommes clairs à propos du fait que le véganisme constitue le principe moral de base, alors nous devons le dire. Ceux qui ne sont pas prêts à devenir végans dans l’immédiat embrasseront l’étape intermédiaire qu’ils veulent, mais au moins le message sera clair.

Si VIVA! fait vraiment la promotion du véganisme, pourquoi déclare-t-elle sur son site : « VIVA! s’oppose à tous les abattages et nous plébiscitons le végétarisme comme le seul moyen vraiment efficace d’empêcher la souffrance animale » ? Nous n’arrêterons pas la souffrance en devenant simplement végétariens. Si le véganisme figure vraiment à votre ordre du jour, et non seulement à titre de changement optionnel (ou « rebutant ») de style de vie, pourquoi faites-vous ce genre de déclarations qui ne sert qu’à embrouiller l’esprit du public ? Telles que les choses sont présentées, n’importe quel lecteur des sites de VIVA! en partirait avec l’impression que le végétarisme est une position morale parfaitement valable ; que la viande est « pire » que le lait ; et que le véganisme n’est qu’une option – difficile et « rebutante » de surcroît –, et non le principe moral de base. Combien de membres de VIVA! fréquentent les restaurants et auberges dont vous faites la publicité sur vos sites ? Combien de membres de VIVA! consomment dans ces endroits du lait et du fromage ? Combien de membres de VIVA! ont acheté des livres de cuisine non végane via votre site et fait à manger avec des produits d’origine animale ?

Ceux qui cherchent réellement à abolir l’exploitation animale doivent cesser de participer à la propagande « Le véganisme est teeeeellement difficile », et en finir avec l’idée que le végétarisme (ou les autres campagnes ciblées) constituerait une « passerelle » vers le véganisme. (Pour plus d’informations sur ce sujet, veuillez s’il vous plaît écouter mon Commentaire et lire mon billet de rappel, mon article général sur les arguments « passerelle » et mon autre article « Le végétarisme d’abord », publié dans The Vegan.)

Enfin, vos sites pointent l’élevage industriel comme étant le problème, comme si la question était la manière dont ces produits sont obtenus et non le fait qu’ils soient générés tout court. Cela contribue à semer la confusion dans l’esprit du public et à renforcer l’idée que le problème est le traitement des animaux et non leur utilisation.

Mes requêtes à VIVA!

1. En résumé, je reste inquiet, particulièrement dans le climat actuel, du caractère islamophobe de vos remarques sur l’abattage halal, et je vous demande de clarifier ces déclarations sur votre site afin de bien faire comprendre que le problème n’est pas l’abattage halal, mais toute utilisation des animaux quelle qu’elle soit. Je demande à ce que vous logiez toutes les formes d’exploitation à la même enseigne, et que vous n’en dressiez pas une spéciale pour les Musulmans (ou les Juifs).

2. Si le véganisme figure réellement à votre ordre du jour, je demande à ce que vous le proclamiez en toutes lettres et que vous cessiez d’entretenir le fantasme selon quoi la viande serait d’une certaine manière « pire » que les produits laitiers et les autres produits d’origine animale.

3. Je demande à ce que VIVA! cesse de qualifier le véganisme de difficile ou de rebutant. Il ne l’est pas. En fait, le véganisme est très facile, et de nos jours, les gens peuvent trouver des alternatives véganes à tous les produits d’origine animale qu’ils aiment. Et si VIVA! lançait une campagne « Le véganisme, c’est facile » ? Je répète : si vous faites du véganisme le principe moral de base, les gens pourront choisir de ne pas de venir végans, mais au moins ne pourront-ils plus se tourner vers VIVA! et s’en revendiquer sous prétexte que vous aurez apposé votre sceau d’approbation sur leur choix de continuer à consommer des produits d’origine animale « moins pires ».

4. Je demande à ce que VIVA! cesse de vendre des livres de cuisine prônant l’utilisation de produits d’origine animale, et arrête de faire de la publicité pour des restaurants ou des auberges qui en servent.

Merci.

Gary

Gary L. Francione
Professeur, Université Rutgers

*******

Post-scriptum ajouté le 26 septembre 2010 :

Dans une nouvelle réponse postée sur Opposing Views, VIVA! déclare :

En chaque exemple, notre définition du végétarisme est végane – en ce sens que nous recommandons le véganisme comme étant le plus éthique de tous les régimes, tout en reconnaissant que les gens évoluent dans cette direction à leur propre rythme.

Cette affirmation, dans les faits, est incorrecte. La documentation ainsi que les sites de VIVA! font constamment et régulièrement la différence entre « végétarien » et « végan ». VIVA! ne définit pas « végétarien » par « végan ».

En outre, si VIVA! veut vraiment préconiser le véganisme, nul besoin dans ce cas de confusion linguistique : qu’on utilise simplement le terme « végan ».

Comme je l’ai déclaré plus haut, nous pouvons admettre que les gens « évoluent dans cette direction à leur propre rythme », mais non concéder que ladite « direction » soit moindre que le véganisme. Actuellement, VIVA! envoie le message qu’il existe une différence moralement cohérente entre la viande et les autres produits d’origine animale. Il n’y en a pas.

Pour finir, je constate qu’à l’heure d’aujourd’hui, VIVA! vend toujours des livres de recettes non-véganes et fait toujours la promotion de restaurants et d’auberges servant de la nourriture non-végane. Cela en dit long.

Une occasion manquée

Chers Collègues :

Je suis toujours attristé quand une question surgit dans l ›actualité et que les défenseurs des animaux laissent passer une chance de sensibiliser le public au véganisme pour la raison qu ›ils préfèrent suivre le mouvement néowelfariste et rendre ainsi les gens plus à l ›aise par rapport à l ›exploitation animale.

Le journal britannique The Mail on Sunday a publié aujourd’hui un article rapportant qu’une grande quantité de viande servie en Grande-Bretagne est halal, autrement dit que les animaux dont elle est issue sont abattus conformément à la loi islamique. Le halal est comparable à l ›abattage rituel juif, la cacherout, et exige de taillader profondément le cou de l ›animal, de sectionner les veines jugulaires et les artères carotides des deux côtés en laissant toutefois la moelle épinière intacte. Les animaux tués de cette façon ne sont pas étourdis, et l ›abattage halal et casher ont été dénoncés comme cruels et causant davantage de souffrance que la méthode d ›abattage par étourdissement, supposée rendre l ›animal inconscient avant d’être mis à mort.

Beaucoup de gens au Royaume-Uni se sont émus en songeant que la viande qu’ils mangeaient provenaient d’animaux qui n’avaient pas été tués « humainement ».

Je dirais qu’aucun animal consommé en Grande-Bretagne ou n’importe où ailleurs sur la planète n’a été traité et tué de manière qui puisse être qualifiée d’ « humaine » sans faire un emploi abusif et obscène de ce mot.

Par conséquent, cette affaire offrait aux défenseurs des animaux l’opportunité d’expliquer à un public concerné qu’il n’y a rien d’ « humain » dans la production de viande ; que toute la viande – et tous les produits d’origine animale – proviennent d’animaux nonhumains qui ont été torturés dans des conditions optimales. Et nous ne pouvons justifier de tuer les animaux dans quelque circonstance que ce soit lorsque la seule justification que nous avons de le faire est qu’ils ont bon goût.

Les défenseurs des animaux ont-ils saisi l’occasion ?

Non.

A la place, ils ont dit que cette question ressortait à la pratique d’une religion particulière. VIVA! était par exemple citée dans l’article :

D’autres pratiques pouvant avoir cours pour des raisons religieuses, telles que la polygamie ou la lapidation pour adultère, ne sont pas autorisées au Royaume-Uni.

La liberté religieuse ne doit pas l’emporter sur les considérations morales, et les souffrances causées par cette forme d’abattage sont si grandes qu’elles ne peuvent être autorisées et qu’une action doit être entreprise pour l’empêcher. Les consommateurs peuvent y mettre du leur en boycottant les endroits qui s’obstinent à vendre de la viande d’animaux qui n’ont pas été préalablement étourdis.

Je trouve profondément triste que VIVA! ait choisi de faire de ce problème une question de pratique musulmane concernant lamanière dont les animaux sont tués plutôt que le fait qu’ils soient tués tout court. Les musulmans n’ont malheureusement pas le monopole de la maltraitance animale, et les commentaires de Viva! ne font qu’encourager l’islamophobie, déjà rampante au Royaume-Uni et aux USA. Comme ci-dessus mentionné, les Juifs utilisent une méthode d’abattage similaire, et l’abattage par étourdissement que tout le monde pense tellement meilleur que celui des musulmans ou des Juifs est en réalité également horrible.

C’est un fantasme absolu que de croire qu’il existe des différences significatives entre la viande halal et la viande « humaine ». Toutes les deux impliquent la torture et la mort. Il est tout simplement malhonnête de perpétuer l’idée que nous pouvons simultanément considérer les animaux comme des membres de la communauté morale et continuer de les manger, eux ainsi que les produits faits à partir d’eux.

Les choses étant ce qu’elles sont, tous ceux qui consomment les animaux, j’en ai peur, sont logés à la même enseigne. Il n’y a pas d’enseigne spécialement dévolue aux musulmans ou aux Juifs. En critiquant le halal ou la cacherout, nous prétendons qu’il existe une différence moralement importante entre leur façon de faire et notre façon de faire, et que ceux qui mangent la viande d’animaux préalablement étourdis sont moralement supérieurs parce qu’ils se soucient davantage du bien-être animal. Nous revoici une fois de plus face à l’activité favorite du néowelfarisme : tenter de rendre les gens à l’aise par rapport à l’exploitation animale aussi longtemps qu’elle est pratiquée « humainement » et qu’elle fait cas du « bien-être animal ».

Je dois dire qu’une grande partie de la viande vendue aux Etats-Unis, particulièrement dans le Nord-Est, est casher, donc le même problème existe aussi de ce côté de l’Atlantique.

Quoi qu’il en soit, la solution ne consiste pas à s’assurer que vous achetez de la viande d’animaux préalablement étourdis, ni à boycotter les endroits qui vendent le la viande halal ou casher.

La solution est de vous demander : si je me soucie de cette question ; si je m’oppose à la torture et à la mise à mort des animaux, pourquoi est-ce que je mange de la viande et des produits d’origine animale ?

La réponse est : ou bien je reconnais qu’au fond je ne me soucie pas tant que cela des animaux, ou bien je commence à penser sérieusement à devenir végan.

C’est une honte que des groupes comme Viva! s’obstinent à dire que le véganisme est trop rebutant et difficile à comprendre pour l’homme moyen. Ce n’est pas vrai, et cette attitude condescendante devient une prophétie auto-réalisatrice et favorise la qualification du véganisme comme « extrême ».

Ce qui est difficile à comprendre, c’est comment un mouvement social qui s’oppose soi-disant à l’exploitation animale peut refuser de promouvoir le véganisme comme ligne de fond morale et se contenter à la place de plébisciter la viande et les produits d’origine animale « heureux » contre ceux produits dans les élevages industriels, ou de perpétuer l’idée qu’il existe une distinction morale significative entre la chair et les autres produits d’origine animale.

Si vous n’êtes pas végan, devenez-le. C’est facile, c’est meilleur pour la santé et la planète. Et, par-dessus tout, c’est, moralement, la bonne et la juste chose à faire.

Si vous êtes végan, alors sensibilisez les autres au véganisme de manière créative et non-violente.

Le Monde est végan ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Un message qui inspire

Chers Collègues :

Hier, j ›ai posté un billet de blog sur la nécessité de promouvoir le véganisme comme principe et ligne de fond morale et de rejeter l ›attitude négative (mais très intéressée) des grandes organisations animalistes qui consiste à dire que les omnivores sont tout simplement incapables de comprendre le message vegan. Ce matin, notre site réceptionnait un courriel qui m ›avait été adressé directement, du Professeur Andrew Hunt, historien à l ›Université de Waterloo en Ontario, Canada.

Le Professeur Hunt déclarait :

Bonjour : Je suis professeur d ›histoire à l ›Université de Waterloo. L ›année dernière, au même moment, j ›étais un omnivore qui adorait toutes les sortes de viande existant sous le soleil. Aujourd ›hui, je suis vegan (et ce depuis environ 10 mois), et Gary Francione a joué un grand rôle dans cette transformation. Je l ›ai écouté et, au lieu de transiter par le végétarisme, je me suis tout de suite tourné vers le véganisme.

Je ne connais pas personnellement le Professeur Hunt. Je ne l ›ai jamais rencontré. Avant de lui écrire pour lui demander la permission de citer son courriel, je n ›ai jamais eu aucun contact avec lui.

Contrairement à ce qu ›affirme la propagande de ces organisations, les gens sont capables de comprendre les arguments en faveur du véganisme. Les gens sont capables de prendre les idées morales au sérieux. Les gens peuvent être éduqués. Les gens veulent apprendre. Les gens peuvent changer. Le Professeur Hunt n ›est pas seulement devenu vegan ; il a démarré un site web qui fait la promotion du véganisme, de la non-violence et des connexions entre droits humains et droits des animaux.

Je reçois beaucoup de messages comme celui-ci. Ils me font continuer. L ›éducation créative et non-violente peut fonctionner et fonctionne effectivement.

Il n ›est pas nécessaire de promouvoir le végétarisme, et étant donné qu ›il n ›y a absolument aucune différence moralement cohérente entre la chair et les autres produits d ›origine animale, les défenseurs des animaux ne doivent pas agir ainsi. Et toute la propagande en faveur de la viande, des produits laitiers et autres produits d ›origine animale « heureux » ne sert en rien à aider les animaux ou à parvenir à l ›abolition. Elle sert simplement à rendre les humains plus à l ›aise par rapport au fait d ›exploiter les nonhumains.

Si vous n’êtes pas vegan, devenez-le. C’est facile, c’est meilleur pour la santé et la planète. Et, par-dessus tout, c’est, moralement, la bonne et la juste chose à faire.

Le Monde est vegan ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Annonce importante : pas de petits poissons d’élevage le vendredi

Chers Collègues :

Aujourd’hui marque le début d’une nouvelle et importante campagne pour les animaux :

Pas de petits poissons d’élevage le vendredi

Le but de cette campagne est d’inciter les gens à ne pas manger de poissons d’élevage le vendredi et à consommer à la place d’autres produits d’origine animale, afin de les sensibiliser au sort tragique des petits poissons d’élevage.

Pourquoi les poissons ?

Bien qu’il soit vrai que tous les poissons souffrent, que la souffrance de chaque animal est la sienne et qu’elle soit quelque chose dont il ne veut pas faire l’expérience, et bien qu’on ne puisse, sans esquiver les questions morales, instaurer des degrés dans la souffrance d’un animal par rapport à un autre, nous avons décidé de nous focaliser uniquement sur les poissons plutôt que sur l’ensemble des animaux, et nous demandons aux gens de ne pas manger de poissons d’élevage plutôt que de leur proposer le véganisme.

La raison en est simple : le public n’est tout simplement pas assez intelligent ou préparé émotionnellement à faire face au fait que tous les êtres sentients sont… eh bien… sentients. C’est-à-dire au fait que tous les êtres sentients, parce qu’ils sont sentients, ne veulent pas faire l’expérience de la douleur, de la souffrance, de l’angoisse et d’autres états négatifs. Par conséquent, bien qu’en ce sens tous les êtres sentients soient moralement indifférentiables, nous avons décidé de tracer une distinction éminemment indéfendable entre les poissons et les autres animaux nonhumains, parce que nous devons amener progressivement les gens à la vérité. La vérité pourrait les choquer et excéder leurs capacités cognitives, aussi avons-nous décidé qu’il était préférable de prétendre que le fait de manger les poissons était moralement différent du fait de manger, de porter ou d’utiliser les autres produits d’origine animale.

Cette campagne révolutionnaire, centrée sur les petits poissons d’élevage, est réellement une campagne « tremplin », partie d’une stratégie globale visant à proposer éventuellement le véganisme comme principe moral de base. Si l’on se réfère aux circonstances présentes, nous nous y emploierons dans quatre siècles environ, mais même alors nous devrons y aller mollo. Nous prévoyons d’ailleurs d’annoncer « Pas de petits poissons d’élevage le jeudi », un jour en 2020. Une révolution commence par le premier pas !

Les gens ne vont pas devenir végans du jour au lendemain, vous savez. Et nous faisons d’ailleurs tout ce qui est en notre pouvoir pour qu’ils ne le deviennent pas en répétant constamment que le véganisme est difficile et qu’il faut prendre garde à ne pas en faire un principe moral de base. Nous devons être pratiques, et pas simplement idéologiques.

Nous devons nous souvenir que beaucoup d’entre nous n’avons pas été végans pendant des années parce que les groupes animalistes avec lesquels nous collaborions nous affirmaient que manger des produits d’origine animale était moralement acceptable. Il est important que ces erreurs soient répétées encore et encore, sinon toutes nos erreurs auront été vaines. Plutôt que de reconnaître qu’il n’y a pas de différence moralement cohérente entre la chair, les produits laitiers et les autres produits d’origine animale, nous devons continuer de perpétuer le fantasme selon quoi le végétarisme est une position morale pleine de sens. Ce serait un tort que de soutenir que toute utilisation des animaux est injustifiable et que le véganisme est le principe moral de base, et donner de ce fait aux gens quelque chose à quoi aspirer indépendamment du degré d’éthique qu’ils ont atteint et du fait de savoir s’ils sont prêts à devenir végans immédiatement. A la place, nous devons leur dire que les principes du véganisme sont trop austères afin de les rendre plus à l’aise par rapport au fait d’exploiter les animaux. Nous devons apposer notre sceau d’approbation sur leur consommation de divers produits d’origine animale.

Bien que nous considérions que la question des droits humains fondamentaux ne souffre pas de mauvaise réponse (personne ne prétend que la condamnation morale de l’esclavage, du viol ou des attouchements sexuels sur les enfants n’est qu’une question d’opinion), nous devons toujours prétendre que les questions d’éthique animale sont simplement des questions de choix de vie, de préférence ou d’opinion personnelle, pas plus importantes moralement que le choix de X de prendre des vacances ou de Y d’aimer tel genre de musique. Nous devons embrasser le « flexitarisme », ou sinon nous apparaîtrons comme trop rigides et nous risquerons d’être pris pour des « fanatiques ». Il est capital de ne jamais qualifier le véganisme de principe moral de base, de ne jamais poser qu’il est ce que nous devons aux animaux nonhumains ; il est capital de ne jamais être honnête, de ne jamais dire franchement qu’on ne peut justifier la consommation de produits d’origine animale quels qu’ils soient. Les humains méritent la justice ; les animaux, eux, ont seulement droit à notre pitié et notre compassion.

Pourquoi les petits poissons ?

Bonne question ! Nous avons décidé de nous focaliser sur les petits poissons parce que les gens ne considèrent pas les poissons mignons et que nous pensons qu’ils pourraient en revanche trouver les petits poissons plus mignons que les gros poissons. Et en tant que défenseurs des animaux, nous avons en tête le vieil adage, « tout ce qui est mignon fait vendre ». Si vous y réfléchissez, la plupart des campagnes ciblées se focalisent sur les animaux que nous les humains avons coutume de trouver séduisants, tels que bébés phoques, éléphants, dauphins, chiots, veaux, loups, etc. Nous n ›avions même pas intensifié les campagnes ciblées concernant le bien-être des porcs avant que Babe paraisse au cinéma et fournisse de mignons bons points aux cochons et autres animaux de ferme.

Bien qu’il n’y ait pas de différence moralement significative entre un gros et un petit poisson (ou entre un poisson et une vache, etc.), nous avons réfléchi soigneusement à la question et avons conclu que le public n’était tout simplement pas prêt à accepter l’idée que nous ne devons pas manger les poissons (ou les produits d’origine animale), en conséquence de quoi nous avons décidé d’y aller mollo et de ne leur parler que des mignons petits poissons. Sans compter qu’après la sortie du Monde de Nemo, davantage de gens trouvent les petits poissons mignons. Nous devons toucher les gens là où ils en sont.

Souvenez-vous, nous devons franchir un pas à la fois. Le véganisme est extrêmement difficile. Les grandes organisations le répètent à longueur de temps, preuve que cela doit être vrai et que nous devons être d’accord. Comment pouvons-nous croire possible que les gens vont trouver absolument délicieuse cette merveilleuse nourriture végane actuellement disponible ? Comment pouvons-nous attendre des gens qu’ils prennent les questions morales au sérieux ?

Pourquoi les petits poissons d’élevage ?

Facile ! Trois raisons à cela.

La première, c’est que Peter Singer, le père du mouvement, a clairement expliqué que les nonhumains n’étaient pas sophistiqués sur le plan cognitif autant que nous le sommes, et qu’en conséquence ils n’ont pas d’intérêt à la poursuite de leur existence. Ils n’ont pas conscience d’avoir une vie, et leurs vies valent moins sur un plan moral. Les animaux ne se soucient pas du fait qu’on les utilise ou qu’on les mange ; ils se soucient seulement de la manière dont on les utilise. Il leur importe seulement de ne pas souffrir trop et d’être tués relativement sans douleur, mais pas de continuer à vivre.

Maintenant les poissons, d’après les welfaristes, sont situés vraiment très bas sur l’échelle cognitive, et ne remportent en conséquence pas beaucoup de points sur celle de savoir « à quel degré leur conscience d’eux-mêmes est proche de celle d’un adulte humain normal ». Par conséquent, le problème n’est pas de les manger en soi ; le problème est de les faire souffrir. On peut s’offrir le « luxe » de manger les poissons si lesdits poissons ont été élevés et tués « humainement ».

La deuxième, c’est qu’en nous focalisant sur les petits poissons d’élevage, nous garantissons toutes sortes de « victoires » complètement dépourvues de sens qui rendront les gens plus à l’aise par rapport au fait de consommer les petits poissons « heureux ». Nous sommes en train de convaincre la Gagnante du Prix PETA Temple Grandin de concevoir de nouvelles installations d’abattage des poissons, et l’autre Gagnant du Prix PETA Whole Foods de vendre plein de cadavres de poissons en affichant qu’ils ont été « capturés à l’état sauvage ». Donc les choses commencent à bouger pour les poissons ! Les victoires aussi ! Et c’est juste une question de temps avant que toutes les grosses sociétés commerciales de bien-être animal aient leur label « poisson mort heureux » collé sur les cadavres. Ces labels auront pour résultat de faire affluer plus d’argent dans les coffres de ces sociétés commerciales. Songez au nombre de « poissons heureux » qu’il faudra pour aider les animaux !

La troisième, c’est qu’une fois encore nous ne pensons pas que le public soit prêt à l’idée de ne plus manger du tout les petits poissons. Nous leur proposons donc d’arrêter de manger seulement les petits poissons d’élevage. Le public n’a pas notre intelligence. Nous trouvons les arguments en faveur du véganisme très faciles à comprendre, mais nous ne pouvons tout simplement pas imaginer à quel point les gens sont crétins.

Nous savons qu’il se trouvera des défenseurs des animaux pour critiquer cette campagne et nous dire que nous devrions plutôt sensibiliser les gens au véganisme ; et que ce faisant nous serions en mesure de déplacer le paradigme en faisant porter le discours non plus sur le traitement des animaux, mais sur leur utilisation proprement dite. Ces critiques sont simplement le fait de gens élitistes semant la zizanie et ne reconnaissant pas à quel point le public est stupide. Ces critiques ne se rendent pas compte que le fait d’être en désaccord constructif avec nous sème la zizanie. Ces critiques ne se rendent pas compte à quel point cette campagne est révolutionnaire. C’est seulement en avril de cette année que HSUS a lancé une campagne pour sauver les mignons phoques via le boycottage des fruits de mer canadiens et la consommation de poissons capturés et commercialisés par les pays autres que le Canada. Et HSUS n’a même pas fait de différence entre les petits et les gros poissons ! Notre campagne à nous va beaucoup, beaucoup plus loin, au moins jusqu’à vendredi. Bien que nous ne préconisions pas le boycottage de l’ensemble des fruits de mer canadiens, nous défendons celui des petits poissons de tous les pays le vendredi. Nous demandons officiellement à HSUS de changer sa campagne en appelant au boycottage des petits poissons canadiens et des petits poissons de tous les pays – mais seulement le vendredi car nous ne voulons pas non plus passer pour trop radicaux.

Bien qu’il soit vrai que les gens mangeront des steaks, des œufs et des glaces à la place du poisson, ou encore des poissons « capturés à l’état sauvage » chez un revendeur de poissons morts « heureux », nous devons faire quelque chosemaintenant pour aider les animaux, et c’est ce que nous pouvons imaginer de mieux.

Nous pensons enfin que cette campagne deviendra très populaire parce que les gens devront vraiment en faire très peu pour obtenir un changement concret. Nous pouvons leur montrer comment être des « défenseurs des droits des animaux » en laissant simplement tomber les petits poissons d’élevage le vendredi. Ils auront une si bonne opinion d’eux-mêmes après cela qu’ils iront s’asseoir et feront un chèque à l’ordre d’une de ces grosses organisations animalistes. Une autre victoire ! Et dans dix ans, nous les inviterons à ne plus manger de petits poissons d’élevage le jeudi. Et dans vingt ans, à n’en plus manger le mercredi. Et ainsi de suite. Et alors seulement nous passerons aux poissons d’élevage de taille moyenne. Et le public ne verra jamais rien venir. Nous sommes tellement malins !

Ainsi, pour les animaux, merci de soutenir notre campagne révolutionnaire afin d’aider le public mentalement et émotionnellement limité à comprendre la vérité morale que seule une poignée d’entre nous est capable de comprendre. Oui, nous savons que les élitistes semeurs de zizanie tiennent à ce que le véganisme soit rapidement déclaré principe moral de base. Et à cela nous répondons :  « Tordons le cou au principe ».

*****

Franchement, je ne peux pas comprendre ceux qui défendent des initiatives comme les Lundis Sans Viande. De telles campagnes instaurent des différences là où il n’y en a aucune, encouragent les gens à consommer des produits d’origine animale d’un point de vue général, et partent du principe que le public est incapable de piger une idée simple. Pour avoir des idées sur la façon dont parler du véganisme aux non-végans, écoutez mon récent Commentaire sur le sujet.

Les défenseurs des animaux réellement opposés à leur utilisation ne doivent pas proposer aux gens le végétarisme (ni rien qui soit moins que le véganisme) comme un tremplin vers le véganisme. En premier lieu, nous savons tous que de nombreuses personnes qui ont été végétariennes durant des décennies ne sont jamais devenues véganes pour autant, et par conséquent, d’un point de vue empirique, il n’est pas du tout évident que le végétarisme constitue une sorte de transition. Deuxièmement, les végétariens tendent à manger davantage de produits laitiers et autre produits d’origine animale quand ils abandonnent la viande. Ces autres produits d’origine animale causent autant, sinon plus de souffrance et de mort aux animaux. Par conséquent, un régime végétarien avec beaucoup de produits laitiers, d’œufs, etc., n’est pas meilleur en termes de quantité de souffrance animale.

L’argument qui veut que le public trouve le véganisme difficile est une prophétie auto-réalisatrice : les grandes organisations animalistes sont ici les pires coupables, en renforçant constamment l’idée que le véganisme est difficile et requiert des sacrifices herculéens et une volonté de fer. Et même si le public trouve que le véganisme est difficile, cela ne signifie pas pour autant que notre message doit changer. Nous vivons dans un monde où le racisme est encore très présent ; les gens trouvent qu ›il est difficile d ›arrêter une décision dans une communauté morale sur le sujet de l ›intégration basée sur la couleur de la peau. Cela signifie-t-il que nous devons cesser de promouvoir le message comme quoi le racisme est moralement injustifiable ? Bien sûr que non.

Nous devons toujours être clairs comme le cristal sur le fait qu’on ne peut justifier la consommation ou l’utilisation de quelque produit d’origine animale que ce soit. Si quelqu’un décide de ne pas faire tout le chemin, ou du moins pas tout de suite, que cela soit son choix, mais n’allons surtout pas apposer notre sceau d’approbation sur une démarche moindre et autre que le véganisme. Nous n’agirions jamais ainsi s’il s’agissait des droits humains fondamentaux ; le fait que nous le fassions dès lors qu’il s’agit des animaux n’est rien d’autre que du spécisme.

La lutte pour les droits des animaux n’est pas simplement une question de compassion ; oui, nous devons entrer en empathie avec les nonhumains. Mais les droits des animaux sont beaucoup plus que cela : ils signifient que nous ne pouvons justifier l’exploitation des animaux nonhumains, quelque « humaine » soit-elle. Les droits des animaux sont, fondamentalement, une question de justice.

Pour aller plus loin sur ces sujets, je vous renvoie aux articles 1, 23 ; écoutez aussi ce Commentaire sur le végétarisme considéré à tort comme un soi-disant « tremplin » vers le véganisme.

Par conséquent, faisons de chaque jour un « Jour Sans Produits d’Origine Animale ». Devenez végan. C’est facile. C’est meilleur pour la santé et la planète. C’est surtout, moralement, la bonne et la juste chose à faire.

Gary L. Francione
© Gary L. Francione