Archives mensuelles : janvier 2010

A propos de l’affaire Johnny Weir, des campagnes ciblées, du traitement et du véganisme abolitionniste

Chers Collègues :

Comme je l’ai déclaré dans mon billet, j’estime que l’affaire Weir était peu judicieuse. Etant donné que les patineurs portent du cuir, de la laine, etc., ce que les animalistes ont tenté de faire revenait à demander à quelqu’un prenant part à un festin de steaks de ne pas consommer une petite cuillère de crème glacée.

La Lettre Ouverte à Johnny Weir de Friends of Animals est un parfait exemple de ce que je considère comme étant le problème central de l’approche ciblée : elle lui a été adressée parce qu’il a annoncé son intention de porter de la fourrure. Ce n’était pas une Lettre Ouverte à l’équipe entière à propos de son utilisation de peaux animales, de patins en cuir et de vêtements en laine ou soie. Or il n’y a pas de distinction moralement cohérente entre la fourrure, le cuir, la laine ou la soie. De fait, Weir a invalidé la Lettre Ouverte en faisant lui-même cette simple observation.

La Lettre Ouverte se focalise en outre sur le problème du traitement et non de l’utilisation, ce que je considère incompatible avec l’approche abolitionniste. Franchement, que le renard ait été tué dans un élevage à fourrure, dans un piège non capitonné, capitonné, ou au lacet, etc., n’est pas pertinent. S’il avait été élevé dans un environnement agréable et tué sans douleur pendant son sommeil, je considérerais toujours cela inacceptable. Or la Lettre Ouverte suggère au public que le problème est la manière dont le renard a été traité, non le fait qu’il a été utilisé.

Comme je l’ai (plusieurs fois) écrit, moins de souffrance vaut toujours mieux que plus de souffrance, et je suis d’accord avec ce passage de la Lettre Ouverte : « Quelle que soit la manière [piège ou élevage à fourrure], il n’y a rien de séduisant ni de beau dans la cruauté que les animaux ont endurée. Celle-ci ne peut se justifier moralement. » Mais dire cela néglige le fait que, bien que la cruauté soit un problème important, le point essentiel n’est pas qu’elle ne puisse se justifier moralement ; le point essentiel est que l’utilisation des animaux – quelque « humaine » soit-elle – ne peut se justifier moralement. Telle est l’idée que nous devons exposer de manière claire et sans équivoque au public si nous voulons nous affranchir un jour du paradigme de l’exploitation « humaine ».

D’autre part, quelle différence cela fait-il que les renards soient « beaux », détail que la Lettre Ouverte mentionne à deux reprises ? S’ils étaient laids, cela ferait-il une différence ? C’est précisément cette façon de penser qui nous amène à nous sentir concernés par le massacre des bébés phoques et peu concernés par l’exploitation d’animaux qui nous plaisent moins. Nous ne devons pas renforcer l’idée que ce sont les animaux qui nous paraissent beaux qui importent (ou importent davantage), pas plus que nous ne devons encourager l’idée qu’un « joli » mannequin figure sur une publicité végane.

Je soutiens les efforts de FoA ou de n’importe quel groupe ou personne défendant le véganisme éthique (quoiqu’il semble que FoA consacre peu de moyens à l’éducation au véganisme relativement à leurs nouvelles campagnes ciblées welfaristes). Mais, quoi qu’il arrive, promouvoir le véganisme n’équivaut pas nécessairement à promouvoir l’abolition, laquelle, pour les raisons que j’ai énoncées dans mes livres, articles et billets, excluent les campagnes ciblées et l’approche par le traitement. C’est une des raisons pour lesquelles je recours souvent à l’expression « vegan abolitionniste ». Tous les vegans ne sont pas nécessairement abolitionnistes.

Je souhaite assurément que HSUS lance une campagne « Go Vegan ». Mais quand bien même ce serait le cas, cela ne ferait pas pour autant de HSUS une organisation abolitionniste. Le fait qu’un groupe promeuve le véganisme ne veut pas dire qu’il ne demeure pas un groupe welfariste de plus s’il continue de lancer des campagnes ciblées et d’encourager des réformes portant sur le bien-être. En fait, si HSUS faisait une campagne « Go Vegan », HSUS et FoA se ressembleraient beaucoup ! (FoA mène en effet beaucoup de ces campagnes ciblées.) Peut-être que cela explique la raison pour laquelle FoA était opposée à l’approche « Go Vegan » que je conseillais à HSUS d’adopter. FoA s’efforçait peut-être d’éviter de devenir une « HSUS allégée » et de rester dans cette seconde faction que Vincent Guihan a identifiée dans son article De HSUS et de l’hégémonie : le véganisme abolitionniste comme valeur d’avenir.

Comme je l’ai mentionné dans mon dernier billet, j’ai lancé une invitation à Priscilla Feral afin qu’elle débatte avec moi de ces problèmes par podcast. J’espère qu’elle y répondra positivement.

LE MONDE EST VEGAN ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Gandhi : à propos du 62e anniversaire de sa mort

Chers Collègues,

Il y a soixante-deux ans aujourd’hui, le Mahatma Gandhi était assassiné.

Aujourd’hui, prenons du temps pour réfléchir à son enseignement fondamental : l’Ahimsa, autrement dit la non-violence.

Gandhi a exprimé plusieurs idées de grande valeur qu’il nous faut méditer. Deux de mes favorites sont les suivantes :

Soyez le changement que vous voulez voir dans le monde.

Le faible ne peut jamais pardonner. Le pardon est l ›apanage du fort.

Rappelez-vous que la violence est le problème, et qu’elle ne sera jamais la solution. Si nous voulons un changement réel, nous devons changer. Nous devons connaître une révolution du cœur qui nous fera nous rendre compte que la paix est le seul chemin que nous devons emprunter. Tous les autres nous égareront.

Faites l’usage de la paix et de la non-violence dans votre vie de tous les jours, dans chacune des interactions que vous avez. Cela ne veut pas dire que vous devez pour autant taire la vérité. Gandhi insistait sur la satyagraha, ou étreinte de la vérité. Mais il croyait que nous devions toujours exprimer la vérité sans violence, que ce soit dans nos pensées, dans nos paroles ou dans nos actes.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Une « victoire » pour qui?

Chers Collègues :

On a annoncé hier que le patineur américain Johnny Weir a finalement décidé de ne pas ajouter de renard blanc à l’épaule gauche de son costume après avoir reçu « ‘des messages de haine et des menaces de mort’ de la part d’activistes des droits des animaux ».

Certains défenseurs des animaux jugent qu’il s’agit là d’une « victoire ».

Je trouve cela très surprenant.

Premièrement, à l’instar de toutes les campagnes ciblées promues par les néowelfaristes, l’incident suggère qu’il existerait une distinction moralement pertinente entre la fourrure et les autres produits d’origine animale. Ainsi que Weir l ›a fait lui-même remarquer :

« Tous les patineurs portent des patins en cuir de vache.

Peut-être que je porte un joli petit renard blanc pendant que les autres portent des vaches, mais ce qui est sûr, c’est que nous portons tous des animaux. »

L’observation de Weir est, bien entendu, correcte. Et je me doute qu’il y aura également pas mal de laine dans les costumes. C’est pourquoi les campagnes ciblées comme celle-ci ont pour effet non pas d’éduquer le public, mais de l’embrouiller.

Dans tous les cas, Weir annonçant qu’il ne portera pas sa garniture en fourrure fait penser à quelqu’un qui, lors d’un repas composé de steaks, déclare qu’il ou elle ne va pas manger le flan aux œufs au dessert. Et puis après ?

Deuxièmement, et plus important encore, la décision de Weir de ne pas porter de fourrure ne ressortit absolument pas à des raisons morales.

Weir prétend avoir reçu « ‘des messages de haine et des menaces de mort’ de la part d’activistes des droits des animaux ».

« J’espère que ces activistes comprendront que ma décision de changer de costume ne constitue en aucune manière une victoire pour eux, mais un match nul », a-t-il déclaré dans son communiqué. « Je n’ai pas changé d’avis pour les satisfaire, mais pour protéger mon intégrité et l’intégrité des Jeux Olympiques aussi bien que celle de mes camarades concurrents ».

« A quelques semaines de mon entrée sur la glace à Vancouver, je dois m’inquiéter de ma technique et de mon entraînement, et ceci est plus important que n’importe quel costume ou n’importe quelle menace que je peux recevoir. »

Il ne s’agit en aucun cas d’une victoire pour les animaux. En réalité, c’est une défaite. Nous ne remporterons jamais aucune « victoire » tant que celle-ci sera fondée sur la violence ou des menaces de violence. La violence est intrinsèquement mauvaise et inepte stratégiquement en ce qu’elle renforce la catégorisation des « animalistes » en fous qui menacent les gens en les soumettant. Cela attise naturellement le ressentiment du public et ruine toute discussion sérieuse à propos de l’exploitation animale.

Weir s’inquiétait peut-être de l’éventualité de recevoir une tarte en pleine figure alors qu’il patinait. Cette inquiétude n’était pas sans fondement : la semaine dernière, PETA a lancé une tarte sur Gail Shea, la ministre des Océans et de la Pêche Canadienne. Dans tous les cas, Weir a pris une décision simple, pratique et calculée, certainement pas une décision éthique, et l’a fait savoir au monde entier.

Si nous voulons que le paradigme se déplace jamais, alors nous devons réaliser une révolution du cœur. A mon avis, le point central de notre entreprise doit consister en une sensibilisation au véganisme créative et non-violente. Les campagnes ciblées ne servent qu’à renforcer le préjugé du public selon quoi la position des animalistes est incohérente : quelle est la différence entre une garniture en fourrure et des patins en cuir ou des vêtements en laine ? Et nous n’arriverons jamais à rien avec la violence ou des menaces de violence. Le problème est la violence ; la violence ne sera jamais la solution.

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Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

P.S. : Je lance cordialement une invitation à Priscilla Feral, la présidente de Friends of Animals, le groupe qui a adressé à Weir une lettre ouverte, afin qu’elle veuille bien discuter avec moi par podcast du cas Weir, et plus généralement du bien-fondé des campagnes ciblées. Et bien entendu, je reste également disponible pour débattre cordialement du néowelfarisme avec Wayne Pacelle, Ingrid Newkirk ou d’autres présidents de grandes organisations, ainsi qu’avec Peter Singer et Bernie Rollins.

Je tiens à souligner que je ne remets absolument pas en question la sincérité d’aucune de ces personnes. Je suis même persuadé qu’elles sont sincères. Je crois simplement que le néowelfarisme se trompe, comme se trompent ceux qui embrassent une approche ciblée, et qu’une discussion pourrait aider à y voir plus clair.

Commentaire n°15: La chance tourne

Chers Collègues :

Victor Schonfeld, le réalisateur de The Animals Film, film influent tourné en 1982, a fait suivre One Planet: Animals and Us, son documentaire en deux parties diffusé sur la BBC, d’un éditorial intitulé The Five Fatal Flaws of Animal Activism paru dans le Guardian, l’un des principaux journaux du Royaume-Uni.

Une fois encore, Schonfeld a clairement fait comprendre que le mouvement animaliste dominant s’était égaré. Il a critiqué les campagnes welfaristes, la promotion de la viande et des produits d’origine animale « heureux », le fait que l’on décerne des prix à certains concepteurs d’abattoirs ainsi que le sexisme éhonté de PETA. Il a une fois de plus défendu l’idée que le véganisme devait constituer la base morale du mouvement.

Schonfeld a été extrêmement critiqué par Vegan Outreach, qui fait désormais clairement partie de la mouvance bien-être animal/viande « heureuse ». Mais encore plus remarquable fut, trois jours après la parution de l’éditorial de Schonfeld, la réponse d’Ingrid Newkrik (PETA) au Guardian, défendant le statut d’organisation de bien-être animal de PETA et dépeignant ses campagnes sexistes comme d’ « inoffensives bouffonneries ».

J ›ai, ici-même, consacré un billet à l’éditorial de Newkirk.

Dans ce Commentaire, j’aborde la question de savoir si la chance est en train de tourner en faveur d’une approche végane-abolitionniste créative et non-violente. Mes invités sont le Dr Roger Yates, le principal sociologue de mouvement animaliste, qui enseigne à l’Université du Pays de Galles ainsi qu’au University College (Dublin), et Vincent J. Guihan, un doctorant de l’Université Carleton au Canada ayant une perception très subtile de la politique du mouvement.

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Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Les réponses sont claires

Chers Collègues :

Dans sa tentative de contrer le puissant essai de Victor Schonfeld, Five Fatal Flaws of Animal Activism, Ingrid Newkirk a défendu le réformisme welfariste de la façon suivante :

A ceux qui dénigrent le gradualisme, le philosophe Peter Singer répond avec bon sens : « Préféreriez-vous vivre dans l’horreur perpétuelle, qu’on vous nourrisse pour grossir sept fois plus vite que la normale de sorte que vos os éclatent et que vos organes s’affaissent, ou préféreriez-vous vivre sans douleurs chroniques ? Préféreriez-vous passer votre existence entassé dans une petite cage, incapable de battre des ailes, de construire un nid ou quoi que ce soit d’autre que vous aimeriez faire, ou être au moins en mesure de marcher ? Préféreriez-vous être pendu par les pieds la tête en bas et ébouillanté, ou perdre conscience lorsque la caisse dans laquelle vous vous trouvez traverse une zone de gazage contrôlée ? » Les réponses sont claires.

Essayons-nous à des questions similaires dans un contexte d’exploitation humaine :

Préféreriez-vous qu’on vous donne une crème glacée avant d’être molesté ? Préféreriez-vous ne pas être torturé avant d’être assassiné ? Préféreriez-vous être torturé 15 minutes plutôt que 20 avant d’y passer ? Préféreriez-vous ne pas être battu avant d’être violé ? Préféreriez-vous être jeté à l’eau sur une planche rembourrée plutôt que sur une planche nue ?

Les réponses sont claires.

Bien sûr qu’il est préférable d’avoir moins mal que plus mal. Mais cela esquive la question fondamentale, à savoir : pouvons-nous pour autant justifier d’infliger, en premier lieu, de la souffrance ? Puisque le viol est mal, il ne saurait y avoir de campagnes en faveur de viols commis « humainement ». La même analyse vaut pour la pédophilie, la torture, le meurtre, etc.

Par ailleurs, Newkirk se refuse à reconnaître une simple réalité économique : puisque les animaux sont considérés comme des biens meubles et qu’on leur dénie toute valeur inhérente, les seules réformes welfaristes qui sont acceptées sont celles qui engendrent, pour les humains, un bénéfice économique. PETA le reconnaît explicitement dans sa campagne en faveur du gazage des volailles : cette méthode d’abattage est bien meilleure économiquement pour les producteurs. C’est précisément la raison pour laquelle les usines d’abattage de poulets l’adoptent de plus en plus : parce que cela fait sens économiquement. Mais la réalité légale de l’animal-propriété signifie que le niveau de la protection animale welfariste sera toujours très bas et lié à une exploitation économiquement performante des animaux. C’est ainsi que PETA, en réalité, est devenue un partenaire de l’industrie afin de rendre l’exploitation animale plus performante. Merveilleux !

Ce que Newkirk ne prend pas la peine de préciser à propos de Singer, c’est qu’il ne croit pas que manger les animaux ou des produits d’origine animale soit intrinsèquement problématique. Singer a même dit à plusieurs reprises que le problème ne réside pas dans le fait que nous utilisions les animaux, mais dans la manière dont nous les utilisons – les animaux (d’après lui) n’ayant pas d’intérêts à vivre. Singer estime qu’être omnivore est moralement acceptable si vous prenez soin de manger la chair et les produits d’animaux élevés et abattus « avec humanité ». J’ai longuement discuté de ce problème dans mes livres (particulièrement Animals as Persons: Essays on the Abolition of Animal Exploitation et mon prochain essai The Animal Rights Debate: Abolition or Regulation?, à paraître chez Columbia University Press en avril 2010), mais vous pouvez également lire ici-même des billets consacrés à ce sujet (cf. 1, 2, 3, 4).

Newkirk, dont l’organisation, d’après Newsweek Magazine, tue approximativement 85% des animaux qu’elle recueille, paraît d’accord avec l’idée que la mort n’est pas en soi un mal pour les animaux. Pour elle comme pour Singer, le problème réside dans le traitement des animaux, non dans leur utilisation. Mais dès lors que des humains sont impliqués, alors la manière d’envisager les choses change radicalement. Et une telle différence de perception n’est selon moi rien d’autre que du spécisme.

La plupart d’entre nous estimons qu’il est moralement mal d’infliger mort et souffrance aux animaux quand celles-ci ne sont pas « nécessaires ». Quel que soit le sens qu’on accorde au mot « nécessité », cela signifie dans tous les cas que nous ne pouvons justifier d’infliger souffrance et mort aux animaux pour notre plaisir, notre confort ou notre divertissement. Le fait que nous croyions à la validité de ce principe fut démontré de manière éclatante dans le tollé engendré par l’affaire Michael Vick à propos des combats de chiens.

Mais, comme j’en ai fait la remarque dans le texte We’re All Michael Vick, il n’y a aucune différence entre s’asseoir autour d’une fosse pour assister à un combat de chiens et s’asseoir autour d’un barbecue où rôtissent les cadavres d’animaux qui ont été torturés tout autant que les chiens de Vick. Nous n’avons pas besoin de manger de produits d’origine animale. De plus en plus de professionnels de la santé reconnaissent même qu’ils sont préjudiciables à la santé humaine. Quant à l’agriculture animale, elle représente incontestablement un désastre environnemental. Bien sûr, nous payons quelqu’un pour tuer à notre place les animaux que nous mangeons, mais il s’agit là d’une différence sans validité morale.

Par conséquent, notre consommation continuelle de produits d’origine animale va à l’encontre d’un principe éthique que la plupart d’entre nous (exception faite, ironiquement, de Singer et Newkirk, le père et la mère du mouvement « viande heureuse ») admettons. Toutes choses étant égales, le fait qu’un acte cause souffrance et mort à un être sentient nous accule à fournir une justification à cet acte. La vérité est que nous ne devrions jamais faire de mal à une créature sentiente quelle qu’elle soit sans posséder pour cela une très bonne raison. Or nos plaisirs gustatifs ne valent pas mieux que la raison de Vick : le plaisir qu’il prend à regarder des chiens se battre entre eux.

Aussi, pourquoi ne pas reformuler la question et demander : vaut-il mieux torturer des êtres sentients un tout petit peu moins, ou vaut-il mieux consommer des aliments qui n’impliquent pas la souffrance et la mort des animaux, et qui sont meilleurs pour notre santé et la planète ?

La réponse est claire.

Pour finir, je relève ce que Newkirk dit en réponse aux critiques formulées par Schonfeld à l’encontre du sexisme de PETA :

Quant aux femmes sexy présentes dans nos publicités, aux costumes ridicules, aux tableaux de rue et aux primes de sandwiches au tofu, dans un monde où les gens veulent rire, qui peut résister à une jolie photo et à un repas gratuit ? Si des bouffonneries aussi inoffensives permettent à un individu de réfléchir à sa propre responsabilité dans l’exploitation des animaux, comment peuvent-elles être vues comme une faute ?

Newkirk pense-t-elle vraiment que le sexisme et la marchandisation systématique des femmes, dans un monde où viols et harcèlements sexuels se produisent chaque seconde de chaque jour, ne sont que d’ « inoffensives bouffonneries » ?

Newkirk pense-t-elle vraiment que faire « sourire » les gens avec le sexisme est une bonne idée ?

Newkirk pense-t-elle vraiment que le massacre de 56 milliards d’animaux par an (sans compter les poissons) est une occasion de susciter un « sourire » ?

Devrions-nous avoir des femmes nues afin de collecter des fonds pour Haïti de sorte que les gens « sourient » ?

Martin Luther King, invoqué dans la dernière publicité de PETA où l’on voit une femme de couleur faire un strip-tease « pour les animaux », aurait-il jamais cautionné l’idée de faire « sourire » les gens en allant plutôt nu qu’assis à l’arrière du bus ?

Encore une fois, Ingrid, les réponses sont claires.

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Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Exploiter l ›exploitation

Chers collègues:

En 2007, j ›ai écrit un article en réponse au PETA’s State of the Union Undress de 2008.

PETA a maintenant réalisé le PETA’s State of the Union Undress de 2010, présentant cette fois-ci la nudité totale d ›une femme de couleur – tout ceci « pour les animaux », bien sûr.

La vidéo de PETA conclut sur une citation de Martin Luther King Jr.

Quelqu ›un pense-t-il vraiment que ceci a un quelconque intérêt « pour les animaux »?

Aucun mouvement pour un changement social qui veut des partisans intelligents et progressifs ferait quelque chose de la sorte.

Je ne vais pas davantage commenter car si vous ne voyez pas le PETA State of the Union Undress (et son sexisme en général) comme terriblement mauvais à différents niveaux, alors il n ›y a réellement rien que je ne pourrais dire pour vous convaincre.

Espérons qu ›en 2010, nous ferons des progrès pour convaincre le public que les droits des animaux soulèvent des questions graves et que cela n ›est pas juste une excuse pour les comportements juvéniles de ceux qui en profitent pour exploiter l ›exploitation des humains et non-humains.

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Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Martin Luther King Jr : son rêve et notre réalité

Cher Collègues:

Aujourd’hui marque la célébration de la vie et de l’œuvre de Martin Luther King Jr.

Le Dr King a incarné deux valeurs importantes et fondamentales : la non-violence et l’égalité.

Quarante-deux ans après son assassinat, nous demeurons toujours une nation inégalitaire. Les gens de couleur, les femmes, les gays, les lesbiennes et d’autres sont toujours considérés comme des citoyens de seconde classe. Oui, les choses ont changé, mais nous ne sommes toujours pas parvenus à instaurer l’égalité entre tous les humains. Et les animaux nonhumains continuent d’être traités comme des biens dépourvus de toute valeur inhérente.

Quarante-deux ans après l’assassinat du Dr King, nous considérons toujours la violence comme la solution de tous les problèmes. Nous n’avons toujours pas compris que la violence est le problème, et non la solution au problème.

Nous devrions consacrer aujourd’hui quelques minutes à méditer sur les notions d’égalité et de non-violence. Nous devrions nous résoudre à faire du rêve du Dr King une réalité. Son rêve est, enfin, la seule chose qui rachètera notre réalité.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Les cinq points faibles de l’activisme animal selon Victor Schonfeld

Chers Collègues :

En 1982, Victor Schonfeld a réalisé l’influent The Animals Film, raconté par Julie Christie. The Animals Film était le premier film à exposer en détail les façons dont les humains traitaient les nonhumains. Pour beaucoup d’entre nous qui l’ont vu à l’époque (j’en fais partie), les images de ce film ont travaillé profondément nos esprits et nous ont aidés à renforcer le mouvement des droits des animaux alors émergent.

Schonfeld a récemment fait sa réapparition en réalisant un documentaire en deux parties pour la BBC World Service, One Planet: Animals and Us. Il y pose les questions suivantes : avons-nous fait des progrès depuis 1982 ? Notre rapport aux nonhumains est-il aussi exploiteur qu’il l’était avant cette date ? Dans la première partie, il se penche sur notre utilisation des animaux pour la nourriture, en se focalisant sur les élevages industriels. Dans la seconde, il se concentre sur la vivisection. En conclusion à la seconde partie, il exprime son inquiétude quant au fait que bien peu de progrès ont été réalisés, et appelle à ce que le véganisme devienne la « ligne de fond » du mouvement des droits des animaux.

La BBC World Service est le programme radiophonique le plus largement écouté au monde. Le fait qu’on y parle du véganisme est passionnant. Si vous n’avez pas encore entendu les deux parties d’Animals and Us, s’il vous plaît, faites-le. Je ne suis pas d’accord avec tout ce que dit Schonfeld, mais il a réalisé un travail énorme étant donné la complexité du problème et la courte période de temps dont il disposait.

Dans le Guardian (R.-U.) d’aujourd’hui, Schonfeld a publié un article intitulé Les cinq points faibles de l’activisme animal. L ›accroche :

Des grotesques affiches de nus aux concepts aussi douteux que celui de « viande heureuse », les groupes des droits des animaux sont en train de perdre la bataille d’un changement réel.

Schonfeld déclare que son exploration de la scène contemporaine lors de la réalisation d’Animals and Us

a rendu éclatant le fait que les efforts des groupes organisés en faveur des animaux ont été largement infructueux sur le plan des buts finaux, et que les campagnes pour l’obtention de changements minimes sont sans doute contreproductives. L’activisme organisé a cruellement besoin de nouvelles perspectives.

Il a identifié cinq problèmes particuliers : (1) l’échec du mouvement animaliste à tendre la main et à se lier ainsi aux autres mouvements sociaux progressistes ; (2) l’utilisation du sexisme pour soi-disant promouvoir les droits des animaux ; (3) le partenariat qui s’est effectivement développé entre les grosses organisations animalistes et les exploiteurs institutionnels ; (4) la promotion de la « viande heureuse » et des produits d’origine animale ; et (5) l’absence générale de stratégie.

Schonfeld clôt son article ainsi :

Les activistes animalistes ne se sont pas posé les questions difficiles, et les tours de force de l’autopromotion organisée se substituent au travail moins séduisant qui consiste à comprendre comment aider chacun d’entre nous à changer notre manière de vivre. Beaucoup de bruit, peu d’évolution. Sans doute est-il temps d’inverser cette tendance.

Je terminerai ce billet par les trois réflexions suivantes :

Premièrement, Schonfeld a probablement déjà été bombardé par les grosses organisations de bien-être animal et leurs partisans qui lui reprochent d’oser critiquer la tactique des grands groupes. Nous savons tous qu’exprimer le moindre désaccord quant à la tactique des grands groupes, ou même demander qu’il y ait un débat à son propos, expose à la récrimination et aux accusations d’être des « diviseurs » et « de se moquer des animaux ». Ecrivez un petit mot à Schonfeld à info[-AT-]beyondtheframe.co.uk pour lui dire que vous appréciez qu’il ait le courage de soulever ces problèmes.

Laissez également un commentaire intelligent sur le site du Guardian. Beaucoup de ceux qui sont postés pour l’instant ne font rien pour inciter au débat et à la discussion.

Deuxièmement, aujourd’hui, qui est le jour où paraît l’article de Schonfeld au Royaume-Uni, est aux Etats-Unis la Journée Martin Luther King. Il y a hélas encore beaucoup de racisme ici et partout et aujourd’hui (et tous les jours), et nous devons méditer sur la manière dont mieux réaliser l’égalité dans le monde. Afin de rattacher les idées contenues dans l’article de Schonfeld avec la Journée MLK, posez-vous la question : Martin Luther King aurait-il fait la promotion d’une campagne intitulée « Plutôt nu qu’assis à l’arrière du bus ? » Non, bien sûr que non.

Troisièmement, rappelez-vous : LE MONDE EST VEGAN ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Exploitation marchande de LE MONDE EST VEGAN ! Si vous le voulez.

Chers Collègues :

Il est venu à ma connaissance que certains « défenseurs des animaux » sont en train de vendre des tee-shirts et d’autres objets portant la mention LE MONDE EST VEGAN ! Si vous le voulez. Ils citent également notre site et réalisent apparemment des profits.

Merci de bien comprendre que ni le site, ni moi-même, n’avons quoi que ce soit à voir avec ce genre d’initiatives, que nous ne sollicitons ni n’acceptons d’argent pour promouvoir les idées de paix et de non-violence qui sont les nôtres. L’utilisation de notre URL pour la vente de ces marchandises donne la fausse impression que nous approuvons ces agissements, ou encore que nous entretenons des liens avec leurs auteurs. Comme nous sommes au courant de la situation, nous avertissons en ce moment les fournisseurs.

L’intérêt de la campagne du panneau d’affichage virtuel était de propager la philosophie du véganisme et d’exprimer ainsi notre capacité à construire un monde végan. L’idée n’était pas que de soi-disant « défenseurs des animaux » transforment ce projet en entreprise commerciale.

Si jamais vous constatez que de tels produits sont en vente, merci d’en avertir notre site.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione

Commentaire n°14: analyse de la seconde partie d’Animals and Us

Chers Collègues :

La seconde partie du programme de la BBC One Planet: Animals and Us, animé par Victor Schonfeld (qui a réalisé l’influent The Animals Film en 1982), est consacrée à la vivisection. Schonfeld termine son émission en reconnaissant que le mouvement des droits des animaux a clairement besoin de lignes directrices, et considère le véganisme comme une manière possible de traiter du problème de l’exploitation animale.

La BBC World Service est le programme radiophonique le plus largement écouté au monde. Qu’on y parle du véganisme est passionnant.

Dans ce commentaire, le Dr Roger Yates et la productrice du Podcast NZ Elizabeth Collins se joindront à moi pour commenter la seconde partie d’ »Animals and Us ».

Nous parlerons aussi de la dernière mention , par Norm Phelps, du néowelfarisme.

LE MONDE EST VEGAN ! Si vous le voulez.

Gary L. Francione
©2010 Gary L. Francione