Archives mensuelles : septembre 2007

Quelques réflexions à propos de l’éducation au véganisme

Je vais essayer de m’attaquer, de manière préliminaire, à un sujet qui génère passablement de controverse et à propos duquel je reçois pas mal de courriels. Le sujet, grossièrement décrit, porte sur la question de savoir comment les végans devraient se comporter à l’égard des omnivores, considérant que les végans éthiques perçoivent l’utilisation des animaux comme quelque chose qui implique une sérieuse violation de leur droit de ne pas être traités comme des ressources à la disposition des êtres humains. Est-ce que les végans ont l’obligation d’entrer en confrontation avec les omnivores et de se comporter avec eux de la manière dont nous nous comportons avec ceux qui commettent de sérieux crimes contre des êtres humains?

Dans un sens, vous pouvez deviner ma réponse à cette question, puisque je soutiens que la première obligation des défenseurs d’animaux est d’offrir une éducation végane non violente et créative.

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Continuerez-vous à douter de la pertinence de l’analogie?

Depuis de nombreuses années, je soutiens qu’il est impossible d’établir une distinction morale entre le spécisme et les autres formes de discrimination, comme le racisme, le sexisme et l’hétérosexisme. Je suis toujours à l’affût d’exemples pouvant illustrer l’analogie et l’un d’eux est apparu sur mon bureau cette semaine.

Selon un article intitulé Playing Chicken, Jason Atkins, un ex-marine et enquêteur dans le domaine des fraudes à l’assurance, a mis sur pied un site web qui transmet en ligne les combats de coqs, qui sont maintenant illégaux aux États-Unis, depuis un ring de Puerto Rico. Si vous visitez le site, vous verrez une bande-annonce montrant des scènes de combats de coqs et des femmes insuffisamment vêtues présenter l’événement. Et Atkins opère un autre site où il « retransmet des combats à poings nus, des matches de jujitsu brésilen sans règle surnommés « Rio Heroes » et ce que Atkins dit être un sport fait sur mesure pour l’Amérique, les « Girls and Guns » dans lesquels des femmes, portant un bikini accessoirisé par un étui à fusil à doubles courroies et par des bottes de combat à talons hauts, s’affrontent dans une compétition de tir à armes à feux en utilisant des mitrailleuses qui pourraient aisément convenir à un peloton de combattants américains en Iraq − tout y est, du M-249 SAW à la carabine sniper Barrett de calibre .50. » Quelques fois, au moment où vous vous dites que ça ne peut pas être pire, ça le devient.

Gary L. Francione
© 2007 Gary L. Francione

« Ceux qui ne peuvent se souvenir du passé sont condamnés à le répéter. »

Ces mots, écrits par le philosophe George Santayana, semblent résonner d’une manière particulièrement pertinente ces jours-ci, alors que, devant nos yeux, le monde s’effondre sous la violence.

Mais Santayana avait aussi quelque chose d’important à dire au mouvement de défense des animaux.

La plupart des grosses organisations néo-welfaristes, autant aux États-Unis qu’en Grande-Bretagne, prétendent endosesr le véganisme, mais refusent d’en faire le principe de base du mouvement parce qu’elles craignent que le véganisme paraisse trop « radical » pour le grand public. Alors, ces organisations font la promotion de la viande « heureuse » et des produits d’origine animale portant le sceau Certified Humane Raised and Handled ou affichant l’étiquette Freedom Food ou ayant été produits dans le respect des Farm Animal Compassionate Standards de Whole Foods, se trouvant maintenant des deux côtés de l’Atlantic. Et Peter Singer nous rappelle qu’être un végan rigoureux est « fanatique » et que nous sommes, en fait, obligés de ne pas être végans lorsque cela risque de choquer les autres.

Ceux d’entre nous qui maintenons que le véganisme devrait être le fondement moral clair et sans équivoque du mouvement se font fermement rétorquer par les néo-welfaristes que la société n’est pas prête à entendre le message végan. Selon eux, nous devrions donc, plutôt, focaliser sur les oeufs de « poules en liberté » et sur la viande provenant d’animaux « humainement » élevés.

Et comment est-ce que le message de Santayana s’applique dans un tel contexte?

En 1944, Donald Watson fondait The Vegan Society au Royaume-Uni. Il inventait le mot « vegan » pour décrire quelqu’un qui ne consomme aucun produit animal. Dans le tout premier numéro de « The Vegan News » − il y a de cela 63 ans − Watson écrivait :

Une critique courante est que le temps n’est pas encore mûr pour notre réforme. Est-ce que le temps pourra un jour être mûr pour quelque réforme que ce soit sans avoir été mûri par la détermination humaine?

Watson rappelait que les opposants à l’esclavage n’avaient pas attendu que le temps soit « mûr » et que les partisants de l’eau potable et des mesures sanitaires avaient rencontré une vive opposition et n’avaient pas pu attendre l’arrivé de l’« impossible moment » où le temps aurait été « mûr ».

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