Archives mensuelles : avril 2007

Vivisection, partie 1 : la « nécessité » de la vivisection?

Un des principaux arguments que je mets de l’avant est que, bien que presque tout le monde reconnaît qu’il est moralement mauvais d’infliger de la souffrance « non nécessaire » et la mort aux animaux, 99% de la souffrance et des mises à mort que nous infligeons aux animaux ne peuvent être justifiées que par notre plaisir, notre amusement ou notre convenance. Par exemple, la meilleure justification dont nous disposons pour tuer les milliards de nonhumains que nous mangeons chaque année est que nous apprécions le goût de la chair animale et des produits d’origine animale. Or, il ne s’agit pas d’une justification acceptable – si nous considérons réellement, tel que nous l’affirmons, qu’il est mal d’infliger de la souffrance « non nécessaire et une mort « injustifiée » aux animaux − et cela illustre la confusion de notre pensée en ce qui a trait aux nonhumains, que je décris comme notre « schizophrénie morale ».

Une autre des questions que je rencontre souvent est la suivante : « Mais qu’en est-il de la vivisection? Cette utilisation d’animaux n’est certainement pas fondée sur le plaisir, n’est-ce pas? »

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Simon le sadique, Jeffrey Dahmer, la Ligue contre les sports cruels et le Centre d’Oxford pour le bien-être animal

En septembre 2007, deux organisations de défense du bien-être animal, la Ligue contre les sports cruels et le Centre d’Oxford pour le bien-être animal, tiendront une « Conférence internationale sur la relation entre les abus envers les animaux et la violence à l’égard des êtres humains ». Bien que la conférence ait lieu à l’Université de Oxford, le Centre pour le bien-être animal d’Oxford, selon l’assistant-directeur des affaires publiques de l’Université d’Oxford, « n’est pas le centre officiel ni même un centre affilié » à l’université.

L’information donnée à propos de la conférence prévoit que :

La conférence soulignera l’importance de l’éthique animale en explorant les questions suivantes :

  • Disposons-nous de preuves empiriques du lien entre les abus à l’égard des animaux et la violence envers des humains ou le comportement antisocial?
  • Comment devrions-nous interpréter ces preuves?
  • S’il existe un tel lien, quelles en sont les implications éthiques?
  • Et quelles sont les implications de l’éthique animale à l’égard des politiques sociales et légales?

L’objectif de la conférence est de permettre aux gens de mieux comprendre la nature des abus à l’endroit des animaux, les motivations qui mènent aux actes cruels et les implications de tout cela pour l’être humain autant que pour le bien-être animal. » Un champ de « recherche clé » du Centre « est le lien entre les abus à l’égard des animaux et la violence à l’endroit de l’humain.

Il y a deux problèmes – sérieux et liés – avec le fait d’aborder l’éthique animale de cette façon.

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Questions fréquemment posées, deuxième partie

Voici la deuxième partie de mon essai sur les questions fréquemment posées. La première partie a été mise en ligne la semaine dernière.

4. Question : L’utilisation des animaux par les êtres humains n’est-elle pas « traditionnelle » ou « naturelle » et, par conséquent, moralement justifiée?

Réponse : Non. Toute forme de discrimination dans l’histoire de l’humanité a été défendue par l’appel à la « tradition ». De manière routinière, on tente de justifier le sexisme en soutenant que les femmes sont traditionnellement les subalternes des hommes : « La place d’une femme est à la maison ». L’esclavage humain a été considéré comme une tradition dans la plupart des cultures, à un moment ou à un autre. Le fait que certaines pratiques puissent être qualifiées de traditionnelles n’a rien à voir avec l’acceptabilité morale de cette pratique.

En plus de s’appuyer sur la tradition, certains soutiennent que l’utilisation d’animaux est « naturelle » et en concluent qu’elle est donc moralement acceptable. Encore une fois, le fait qu’un comportement soit jugé naturel n’implique pas nécessairement qu’il soit moralement acceptable. Premièrement, à peu près toutes les formes de discrimination rencontrées dans l’histoire ont été décrites comme étant naturelles, autant que traditionnelles. Les deux notions sont même souvent utilisées de manière interchangeable. Nous avons tenté de justifier l’esclavage humain en soutenant qu’il respecte une hiérarchie naturelle entre les propriétaires d’esclaves et les esclaves. Nous avons prétendu justifier le sexisme en défendant qu’il représente la supériorité naturelle des hommes sur les femmes.

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Questions fréquemment posées, première partie

Dans mon essai du 13 décembre 2006, j’offrais une réponse à la question fréquemment posée à propos de l’opportunité d’accorder des droits aux plantes. J’ai reçu de nombreux courriels de la part de lecteurs me disant que cet essai leur avait été utile dans leurs discussions à propos des droits des animaux et du véganisme, et qu’ils apprécieraient que je leur suggère d’autres réponses aux questions que les défenseurs des droits des animaux se font souvent demander.

Dans cet essai, j’aborde trois questions et réponses qui, je l’espère, vous seront utiles dans le cadre de votre activisme. La semaine prochaine, j’en aborderai trois autres.

1. Question : Les animaux domestiques, comme les vaches et les porcs, ou encore les rats de laboratoire, n’existeraient pas si nous ne les avions pas nous-mêmes créés pour nos propres fins. Est-ce que cela ne signifie pas que nous soyons libres de les traiter comme une de nos ressources?

Réponse : Non. Le fait que nous soyons, dans un certain sens, responsables de l’existence de ces êtres ne nous donne pas le droit de les traiter comme une ressource. Si c’était le cas, alors nous pourrions également traiter nos enfants comme des ressources. Après tout, ils n’existeraient pas sans notre action − de notre décision de les concevoir à notre décision de ne pas avorter la grossesse. Et bien que nous jouissions d’une certaine liberté dans notre manière de traiter nos enfants, il y a des limites. Nous ne pouvons les traiter comme nous traitons les animaux. Nous ne pouvons les asservir, les soumettre à la prostitution ou vendre leurs organes. Nous ne pouvons pas les tuer. En fait, dans toutes les cultures, mettre une enfant au monde est, au contraire, perçu comme un acte créant l’obligation morale, pour les parents, de prendre soin de cet enfant et de ne pas l’exploiter.

Et comme je l’explique dans ma présentation Animaux comme propriétés, disponible sur mon site web, l’institution de la propriété d’animaux n’est pas davantage défendable que l’institution de la propriété d’êtres humains.

2. Question : Les droits ont été inventés par des humains. Comment pourraient-ils être octroyés à des animaux?

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