La mission de ce site web est d’offrir une explication claire d’une approche pacifique des droits des animaux qui (1) requiert l’abolition de l’exploitation animale; (2) est basée exclusivement sur la sentience et sur aucune autre capacité cognitive; (3) conçoit le véganisme comme le fondement moral de le position pour les Droits des Animaux; et (4) rejette toute violence et s’engage dans une sensibilisation, créative et non-violente, au véganisme.
Il n’est pas de meilleure manière de célébrer la Fête des Mères qu’en cessant de participer à l’exploitation des mères nonhumaines via votre consommation de lait, de fromage et autres produits laitiers.
Une vache élevée pour son lait est fécondée de force annuellement, et ses bébés lui sont arrachés en quelques jours. Elle est, pendant 9 ou 10 mois de chaque année, soit enceinte, soit allaitante. Dès qu’elle a accouché, le cycle infernal recommence.
Tous les veaux, en l’espace de quelques jours, sont arrachés à leurs mères. Certains veaux femelles deviennent à leur tour des vaches à lait ; les autres, ainsi que les veaux mâles, sont vendus pour la viande.
Les publicités de nombreuses exploitations laitières locales ou biologiques montrent des photos de vaches heureuses. En réalité, « biologique » signifie simplement que les vaches sont nourries avec de la nourriture biologique, qu’elles n’ingurgitent ni antibiotiques, ni hormones de croissance. Mais, même dans les meilleures conditions, elles sont toujours torturées. Et toutes ces mères — qu’elles fassent partie d’élevages conventionnels ou « biologiques » — finissent dans les mêmes immondes abattoirs.
Le lait « heureux » ou les produits d’origine animale « heureux » sont tout simplement des choses qui n’existent pas.
Aujourd’hui, pensez aux souffrances et aux morts auxquelles vous participez simplement parce que vous aimez le goût du lait, du fromage, du beurre, des yaourts, des glaces, etc. Pensez à ce que cela signifie pour les vaches, ces douces mères que nous exploitons. Demandez-vous si tout cela en vaut la peine. Si votre cœur dit « non », alors devenez végan.
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Etre végan est une question de non-violence. Etre végan, c’est affirmer que vous rejetez la violence envers les autres êtres sentients, envers vous-même et envers l’environnement, dont tous les êtres sentients dépendent.
Mon article, Thinking About Mitt Romney and Seamus, Michael Vick and Dog Fighting, and Eating Animals, a paru sur Truthout.org. Vous pouvez le lire ici.
En 2007, Peter Singer, dans le cadre d’une campagne de promotion des œufs de poules élevées en plein air, avait loué les Européens d’être soi-disant entrés dans une phase de suppression des cages de batterie : « Les cages de batterie sont progressivement éliminées en Europe — pourquoi sommes-nous en retard ? »
Comme je l’avais noté à ce moment-là, le rapprochement de Singer d’avec les efforts des Européens concernant les œufs de poules élevées en plein air était fallacieux :
Premièrement, même si l’Union européenne a décidé que les traditionnelles cages de batterie seront bannies en 2012 (…), les producteurs d’œufs continueront d’être libres, sous l’interdiction européenne, d’utiliser des ‘cages améliorées’ qui, même selon les organisations les plus conservatrices de protection des animaux telles que la Compassion in World Farming, ‘échouent à résoudre plusieurs des problèmes de bien-être animal inhérents au système d’élevage en batterie’.
J’ai écrit un article ultérieur sur cette fameuse « interdiction » de l’UE et, en 2010, j’en ai discuté dans mon livre The Animal Rights Debate: Abolition or Regulation?, que j’ai coécrit avec le professeur Robert Garner. Il ne s’agit pas du tout d’une « interdiction ».
Ainsi, l’ « interdiction » supposée des cages de batterie était censée entrer en vigueur le 1er janvier 2012.
Ce début d’année marque une avancée majeure pour le bien-être animal, et, par conséquent, pour l’Europe, une étape vers l’avènement d’une société plus humaine et civilisée — celle qui manifeste son inquiétude à l’égard de tous les êtres ayant la capacité de souffrir. C’est aussi l’occasion de célébrer l’efficacité de la démocratie et la puissance d’une idée morale.
Formidable ! Ces Européens viennent de faire un grand pas en faveur des animaux et de la civilisation en général.
Mais est-ce bien le cas ?
Mis de côté le fait qu’en dépit de la supposée « interdiction » il y ait encore environ 84 millions de poules en cages de batterie traditionnelles, dont environ 300000 en Grande-Bretagne. Mis de côté aussi le fait que la production d’œufs de poules élevées en plein air implique également la torture et l’exploitation animale puisqu’elle suppose l’entassement de milliers d’oiseaux enfermés dans une grande cage où ils vivent une hideuse et misérable vie qui se termine dans le même abattoir hideux et misérable. Le « must » de l’exploitation des poules est le système « libre parcours » qui implique également la torture (et, bien sûr, le meurtre) d’animaux.
Mais bien que Singer se réfère à la mesure de l’UE comme s’il s’agissait d’une « interdiction des cages de batterie », cette mesure, précisément, ne les interdit pas. Oui, les producteurs peuvent utiliser des systèmes plein air ou libre parcours (qui impliquent toujours torture, mort et exploitation), mais ils ne sont pas tenus de le faire. Que sont-ils tenus de faire ?
De remplacer une cage par une autre cage : la cage « améliorée ». Les poules en batterie sont encore des poules en batterie. La cage est plus grande, avec des nids artificiels et un griffoir.
Selon un article paru dans l’Ecologist : « Les poules pondeuses de batterie affrontent toujours l’enfer alors que les cages ‘améliorées’ sont progressivement introduites ». Et voici une vidéo des « cages améliorées » fournie par l’article de l’Ecologist :
(Note : cette vidéo émane d’une association avec laquelle je suis en désaccord quant à ses positions et ses nombreuses autres campagnes.)
Regardez la vidéo. « Les œufs éthiques de l’Europe », n’est-ce pas ?
Il est intéressant de noter qu’en 2002, Compassion in World Farming a publié un reportage, « LAID BARE… The Case Against Enriched Cages in Europe », qui montre combien les cages « améliorées » sont terribles et pourquoi elles ne parviennent pas à régler les problèmes de bien-être existants des cages de batterie traditionnelles. Mais cela, c’était avant, et aujourd’hui, c’est aujourd’hui, et les grands groupes animalistes comme CIWF ont besoin de pouvoir déclarer une victoire même lorsqu’il n’y en a pas. Et donc, CIWF se joint à Singer pour crier victoire et louanger l’UE et son « interdiction » qui n’en est pas une.
J’ai, dans mes écrits, mis en garde contre l’emploi du mot « interdiction » appliqué aux réformes welfaristes, donnant comme exemple que le fait d’exiger des cages plus grandes pouvait être qualifié, très incorrectement selon moi, d’ « interdiction » des cages plus petites. Selon une telle interprétation, alors n’importe quoi peut être compris comme constituant une « interdiction ». L’ « interdiction » de l’UE des cages de batterie est un exemple dramatique du problème que j’ai identifié.
Mais ce qui est si terriblement tragique à propos de tout cela, c’est que le soi-disant « père du mouvement des droits des animaux » puisse considérer comme des « œufs éthiques » les produits d’animaux torturés. Même si, comme Singer, vous pensez que les poulets n’ont pas un intérêt moral significatif à vivre et que les tuer pour l’usage des humains n’est pas moralement mal en soi (point-clé du désaccord entre Singer et moi), comment pourriez-vous décemment considérer cette fameuse « interdiction » de l’UE — qui n’en est pas une — comme une indication selon laquelle l’Europe a fait un pas fondateur pour la civilisation ?
L’ « interdiction » de l’UE ne fait rien pour rendre notre culture plus civilisée. En revanche, elle véhicule la très dangereuse idée qu’il y aurait des manières « compassionnelles » de torturer et d’exploiter les animaux nonhumains. Elle véhicule l’idée que le fait de continuer de consommer des œufs est moralement défendable aussi longtemps que nous mangerons des « œufs éthiques » pondus par des poules en cage « améliorée » ou qui auront été torturées autrement.
L’industrie des œufs est, j’en suis sûr, très reconnaissante envers Singer et tous ceux des welfaristes qui pensent que nous pouvons être « éthiques » tout en consommant des œufs, tout comme les industries de la viande et du lait sont ravies de l’acceptation et de la promotion active du mouvement viande et produits d’origine animale « heureux ». C’est un exemple de ce que je considère comme étant un « partenariat » entre les défenseurs et les exploiteurs institutionnalisés des animaux. Il n’y a bien sûr pas d’accord explicite de partenariat, bien que dans de nombreux cas les exploiteurs et les défenseurs des animaux mènent des campagnes conjointes ; les défenseurs des animaux décernent des « récompenses » aux exploiteurs institutionnalisés, plébiscitent des labels viande/produits laitiers « heureux », etc. Tout ce qui est requis ici, c’est que les défenseurs des animaux promeuvent ce qui représente en fin de compte ce qu’il y a de meilleur pour l’industrie et qui perpétuera, au sein de la société, la consommation et l’exploitation des animaux nonhumains.
Si quiconque pense que des mesures telles que l’ « interdiction » de l’UE et le fait que les défenseurs des animaux fassent campagne pour elles et les couvrent de louanges, font autre chose que de rendre le public plus à l’aise par rapport à la consommation d’animaux et de produits d’origine animale, alors je ne suis pas d’accord. Personne ne peut nier de manière crédible que les commentaires de Singer ne sont pas une approbation explicite des « œufs éthiques d’Europe ». Personne ne peut nier qu’une telle approbation aura du poids auprès de ceux qui se soucient de la question de l’exploitation animale tout en recherchant un moyen de continuer d’exploiter les animaux avec « compassion ». Singer ainsi que les autres partisans de cette « interdiction » et de mesures similaires ont simplement fourni à ces personnes un permis moral d’exploiter les animaux.
Il n’y a pas d’œufs « éthiques » (ni de viande, de fromage, de lait ou autre chose), tout comme il n’y avait pas d’esclavage « éthique » et comme il n’y a pas de discrimination « éthique » d’aucune sorte.
L’« interdiction » de l’UE, qui n’est pas une interdiction, est le résultat de ce que les welfaristes jugent être des « décennies de campagnes ». Pensez à tout le temps, le travail et l’argent investis dans cette campagne. Imaginez maintenant ce qui serait arrivé si, durant ces mêmes décennies, les défenseurs des animaux avaient fait la promotion d’un message végan clair et sans équivoque. Le monde serait-il végan ? Non, bien sûr que non. Mais il y aurait beaucoup plus de végans et le discours social sur cette question aurait nécessairement été axé sur l’utilisation des animaux en tant que pratique culturelle, plutôt que sur les façons dont nous pouvons torturer et tuer avec « compassion » les non-humains sentients.
Je vous quitte avec ce bref poème du satiriste britannique Spike Milligan (1918-2002) :
Rage dans le Ciel
Si un rouge-gorge dans une cage
Met tout le ciel en colère
Qu’éprouve le ciel lorsque
Meurent des millions de poules en batterie ?
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Si vous n’êtes pas végan, pensez à le devenir. C’est une question de non-violence. Etre végan, c’est déclarer que l’on rejette la violence envers les autres êtres sentients, envers soi-même et envers l’environnement, dont tous les êtres sentients dépendent.
Si nous voulons un jour faire évoluer le paradigme de l’exploitation animale, alors nous devons être clairs quant à la manière dont nous voulons qu’il change.
Nous devons être clairs sur le fait que le véganisme doit constituer, sans aucune équivoque, le fondement de tout ce qui mérite le nom de mouvement des « droits des animaux ». Si les « droits des animaux » veulent dire quelque chose, alors cela signifie que nous ne pouvons justifier moralement aucune forme d’exploitation animale ; que nous ne pouvons justifier de traiter les animaux comme des ressources humaines, quelque « humain » que puisse être par ailleurs leur traitement.
Nous devons cesser de croire que les gens vont trouver le véganisme « rebutant » et que par conséquent nous devons promouvoir quelque chose de moindre que le véganisme. Si nous développons avec clarté les idées morales et les arguments en faveur du véganisme, alors les gens comprendront. Ils peuvent ne pas tous devenir végans immédiatement ; en fait, la plupart ne le deviendront pas. Mais nous devons toujours être clairs quant à ce principe moral de base. Si quelqu’un veut procéder par étapes et évoluer progressivement, ce sera sa décision, et non quelque chose que nous lui aurons conseillé de faire. Le principe de base doit toujours être limpide. Nous ne devons jamais promouvoir l’exploitation « heureuse » ou « humaine » comme quelque chose d’acceptable sur le plan éthique.
L’idée selon laquelle nous devrions plébisciter une exploitation « heureuse » ou « humaine » envisagée comme une suite de « petits pas » tait le fait que les réformes de bien-être n’aboutissent sensiblement pas à une protection accrue des intérêts des animaux ; en fait, les réformes de bien-être ne font la plupart du temps rien de plus que rendre l’exploitation des animaux économiquement plus profitable en se focalisant sur des pratiques (caisses de gestation, étourdissement des poulets à l’électricité, box pour l’élevage des veaux de batterie…) qui sont, quoi qu’il arrive, financièrement non rentables. Les réformes de bien-être rendent l’exploitation animale plus rentable en éliminant des pratiques économiquement vulnérables. D’une manière générale, on peut dire que ces changements seraient survenus de toute façon et ce en l’absence de campagnes pour le bien-être animal, précisément parce qu’ils corrigent les inefficacités du processus de production. Et ces réformes de bien-être rendent évidemment le public plus à l’aise par rapport à l’exploitation animale. Le mouvement viande/produits d’origine animale « heureux » en est clairement la preuve.
Jamais nous ne militerions en faveur d’un esclavage, d’un viol, d’un génocide, etc., « humain » ou « heureux ». Aussi, si nous croyons que les animaux importent sur le plan moral et qu’ils ont intérêt non seulement à ne pas souffrir mais aussi à continuer d’exister, ne devons-nous pas consacrer notre temps et notre énergie à militer en faveur d’une exploitation animale « humaine » ou « heureuse ».
Les réformes de bien-être et l’ensemble du mouvement pour l’exploitation « heureuse » ne sont pas des « petits pas ». Ils sont de grands pas au contraire — qui vont tragiquement en arrière.
Certains défenseurs des animaux estiment qu’il est inacceptable d’affirmer que le véganisme doit constituer la base morale du mouvement, sous prétexte que c’est « s’ériger en juge » ou que cela constitue une affirmation péremptoire selon laquelle le véganisme est moralement préférable au végétarisme, ce qui suppose donc une condamnation des végétariens (ou des autres consommateurs de produits d’origine animale) qui seraient des gens « mauvais ». Je réponds oui à la première partie, et non à la seconde. Il n’y a pas de distinction moralement cohérente entre la viande et les autres produits d’origine animale. Tous ces produits représentent la même chose et nous ne pouvons justifier le fait de consommer un seul d’entre eux. Dire que vous ne mangez pas de viande mais que vous consommez des produits laitiers, des œufs ou autre, ou que vous ne portez pas de fourrure mais portez du cuir ou de la laine, est comme de dire que vous mangez la chair des vaches tachetées mais pas celle des vaches marron ; cela n’a strictement aucun sens. La « frontière » supposée entre viande et autres produits d’origine animale n’est qu’un fantasme — une distinction arbitraire qui permet de compartimenter l’exploitation et de considérer certaines formes d’exploitation comme « meilleures » ou acceptables sur le plan éthique. Il ne s’agit pas de condamner les non-végans ; en revanche, il s’agit de lancer un appel à ces derniers afin qu’ils reconnaissent que leurs actions ne sont pas en conformité avec le principe moral dont ils affirment par ailleurs reconnaître la validité, et que tous les produits d’origine animale sont le résultat d’une souffrance et d’une mort infligées à des êtres sentients. Il ne s’agit pas de juger autrui ; en revanche, il s’agit de juger des pratiques et des institutions. Et c’est une composante nécessaire d’une vie éthique.
Si nous partons du principe que le fait de dire que le véganisme est moralement préférable au végétarisme n’est pas possible sous prétexte que « chacun fait ce qu’il veut », alors le jugement moral devient complètement impossible, ou alors il est spéciste. Il devient impossible parce que si « chacun fait ce qu’il veut », alors il n’y a rien à dire aux gens racistes, sexistes, antisémites, homophobes, etc. Si nous disons que ces formes de discrimination sont moralement mauvaises, mais qu’en ce qui concerne les animaux « chacun fait ce qu’il veut » et que nous ne saurions établir de jugements moraux à l’encontre, par exemple, de la consommation de produits laitiers, alors nous devenons bel et bien spécistes car nous n’appliquons pas la même analyse morale pour les non-humains que pour les humains.
Lorsque nous parlons du véganisme à des végétariens ou à d’autres consommateurs de produits d’origine animale, nous ne devons jamais véhiculer l’idée que nous pensons qu’ils sont de « mauvaises » personnes. Nous devons à la place centrer notre discours sur le fait que n’importe quelle forme d’exploitation animale est incohérente avec le principe éthique qu’ils affirment eux-mêmes embrasser : à savoir que les animaux sont des membres de la communauté morale et qu’imposer souffrances et mort à n’importe quel membre de cette communauté – humain ou nonhumain – exige une raison irréfutable. Et quoi que puisse constituer une raison irréfutable, les préférences de goût, le confort, le sens de la mode, etc., n’en sont certainement pas.
Enfin, nous devons toujours être clairs quant au fait que l’exploitation animale est un mal en ce qu’elle implique du spécisme. Et le spécisme est mal parce qu’à l’instar du racisme, du sexisme, de l’homophobie, de l’antisémitisme, du classisme et de toutes les autres formes de discriminations humaines, il suppose d’infliger de la violence à des membres de la communauté morale là où l’infliction de la violence ne peut être moralement justifiée. Mais cela signifie que ceux d’entre nous qui s’opposent au spécisme s’opposent nécessairement aux discriminations interhumaines. Cela n’a aucun sens de dire que le spécisme est mal en ce qu’il est comparable au racisme (ou à n’importe quelle autre forme de discrimination) si par ailleurs nous ne nous positionnons pas contre le racisme. Or nous devons le faire. Nous devons nous opposer au racisme et nous devons toujours être clairs là-dessus.
Le véganisme s’inscrit dans l’éthique de la non-violence. Il s’agit d’un engagement à ne pas porter préjudice aux autres êtres sentients, à soi-même et à l’environnement dont tous les êtres dépendent pour vivre. Selon moi, le mouvement des droits des animaux est, par essence, un mouvement pour la fin de la violence envers tous les êtres sentients. C’est un mouvement qui réclame la justice fondamentale pour tous. C’est un mouvement pour la paix émergent qui ne s’arrête pas à la ligne arbitraire séparant les humains des non-humains. Changer un paradigme hiérarchique d’exploitation omniprésente dominant depuis des millénaires exige une grande dose d’un travail acharné. Et un tel travail exige de la clarté.
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Si vous n’êtes pas végan, pensez à le devenir. C’est une question de non-violence. Etre végan, c’est déclarer que vous êtes contre la violence envers les autres êtres sentients, envers vous-même et envers l’environnement, dont tous les êtres sentients dépendent.
Le célèbre cuisinier britannique Hugh Fearnley-Whittingstall, fait la promotion du Veau Rosé Britannique « heureux ». Il n’est pas le seul. Les grands groupes de protection des animaux, tels que la Royal Society for the Prevention of Cruelty to Animals et Compassion In World Farming, toujours prompts à rendre le public plus à l’aise par rapport à l’exploitation des animaux, font également la promotion du veau « heureux ».
Fearnley-Whittingstall dit: “Pour être honnête, si vous buvez du lait ou mangez du fromage, il est plus cruel de ne pas en manger. »
[Note des Traducteurs : Hugh Fearnley veut dire pas là qu'il est plus cruel de boire du lait/manger du fromage et de se passer de veau, que de manger du veau rosé britannique (car ces derniers sont mieux traités que les autres veaux, sous-produits de l'industrie laitière)]
Il a tout à fait raison.
La distinction entre la viande et autres produits animaux n’a vraiment aucun sens. Le végétarisme est une position moralement incohérente. Si vous considérez les animaux comme membres de la communauté morale, vous n’avez vraiment aucun choix à part devenir vegan.
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Si vous n’êtes pas végan, pensez à le devenir. C’est facile ; c’est meilleur pour votre santé et pour la planète ; et c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire.
De nombreux végans s’irritent de ce que les non-végans qui prétendent se soucier moralement des animaux continuent de les consommer. Les premiers invoqueront souvent une analogie avec l’esclavage des humains, analogie qui se pose en ces termes : nous sommes tous d’accord sur le fait qu’utiliser des humains exclusivement comme des ressources — état connu sous le nom d’esclavage — est moralement exécrable. De la même façon, si nous pensons que les animaux sont des membres de la communauté morale, alors nous avons l’obligation de ne pas les traiter exclusivement comme des ressources et devons nous opposer à leur esclavage. Et si l’on s’oppose à l’esclavage animal, alors on adopte et on promeut le véganisme.
L’analogie fonctionne-t-elle ?
Oui et non. L’analogie avec l’esclavage, à laquelle je recours depuis maintenant vingt ans, n’est pas particulièrement convaincante si l’on maintient que les non-humains, à la différence des esclaves humains, ont seulement un intérêt à ne pas souffrir mais n’en ont pas à la poursuite de leur existence ou à l’autonomie. Et c’est, depuis Bentham, une croyance-phare de la position welfariste — à savoir que les animaux peuvent souffrir et ont intérêt à ne pas souffrir, mais qu’ils diffèrent cognitivement de nous en ce qu’ils n’ont pas conscience d’eux-mêmes et n’ont pas intérêt à poursuivre leur vie. Pour dire les choses autrement : les welfaristes soutiennent que les animaux n’ont pas intérêt à ne pas être des esclaves en soi ; ils ont seulement intérêt à être des esclaves « heureux ». Telle est la position promue par Peter Singer, dont les vues néowelfaristes dérivent directement de Bentham. A partir de là, le fait que nous utilisions les animaux n’a pas moralement d’importance : seule compte la manière dont nous les utilisons. Le problème moral, dans une semblable optique, n’est pas l’utilisation, mais le traitement.
Ajoutons à cela que la plupart des welfaristes sont utilitaristes — ils soutiennent que ce qui est bien ou mal est déterminé par ce qui maximise le plaisir, le bonheur ou la satisfaction des intérêts pour tous les individus affectés —, et vous vous retrouvez avec l’idée que tant qu’un animal ne souffre pas « trop », et étant donné qu’il n’a pas un intérêt dans sa propre existence, le fait qu’il ait eu une vie raisonnablement agréable et finisse dans les assiettes des humains est mieux que le fait de ne pas avoir eu de vie du tout. Si nous accordons aux animaux une existence raisonnablement plaisante et une mort relativement indolore, nous leur conférons en fait un bénéfice en les amenant à l’existence et en les utilisant comme nos ressources.
Par conséquent, il est compréhensible que, si une personne est welfariste, elle n’accepte pas l’analogie avec l’esclavage des humains. Pour cette personne, non seulement l’esclavage animal « heureux » n’est pas un problème, mais il est une bonne chose. Le problème avec l’esclavage des humains est que même ses formes « humaines » violent ces droits humains fondamentaux que sont la poursuite de l’existence, l’autonomie, etc. Mais si les animaux ne possèdent pas de tels intérêts, alors l’esclavage « humain » peut être juste ce dont nous avons besoin. Et c’est précisément l’opinion qui motive le mouvement viande/produits d’origine animale « heureux » et l’ensemble de l’entreprise welfariste qui consiste à essayer de rendre notre utilisation des animaux plus « humaine », plus « compassionnelle », etc.
J’ai établi que cette sorte de raisonnement pose problème à deux égards au moins :
Premièrement, l’idée que les animaux nonhumains n’ont pas intérêt à la poursuite de leur existence — qu’ils n’ont pas un intérêt à leur propre vie — suppose de s’appuyer préalablement sur un concept spéciste à propos du type de conscience de soi qui importe sur le plan moral. J’ai démontré que chaque être sentient a nécessairement un intérêt à continuer de vivre — chaque être sentient tient à sa vie —, et que dire que seuls les animaux humains, en vertu du fait qu’ils possèdent un type particulier de conscience de soi, ont intérêt à ne pas être traités comme des produits esquive la question morale fondamentale. Même si, comme certains l’affirment, les animaux nonhumains vivent dans un « éternel présent » — et je pense que ce n’est empiriquement pas le cas d’au moins la plupart des non-humains que nous exploitons régulièrement, qui ont souvenir du passé et sens du futur —, ils éprouvent, à chaque instant, un intérêt à continuer d’exister. Dire que cela ne compte pas sur le plan moral est simplement spéciste.
Deuxièmement, même si les animaux n’avaient pas intérêt à la poursuite de leur existence et auraient seulement intérêt à ne pas souffrir, l’idée que, sur un plan pratique, nous serions un jour en mesure de leur accorder des intérêts d’une quelconque importance morale relève purement et simplement du fantasme. L’idée que nous, propriétaires de ces produits, allons jamais accorder une quelconque espèce de poids significatif aux intérêts de nos biens est très peu réaliste. Est-ce possible en théorie ? Oui. Est-ce possible en pratique dans le monde réel ? Absolument pas. Les welfaristes parlent souvent de traiter les « animaux d’élevage » de la manière dont nous traitons les chiens et les chats que nous aimons et considérons comme des membres de notre famille. Qui peut vraiment croire cela possible en pratique ? Le fait que nous ne songions pas à manger les chiens et les chats indique que tel n’est pas le cas.
En outre, l’une des thèses centrales de mon travail est que puisque les animaux sont légalement considérés comme des biens meubles — qu’ils sont des produits économiques —, nous protégerons généralement leurs intérêts seulement lorsque nous en retirerons un bénéfice financier. Cela signifie que les normes du bien-être animal seront toujours très basses (ainsi qu’elles le sont actuellement en dépit du non-sens que constitue la promotion d’une exploitation « heureuse » et « compassionnelle »), et que les réformes de bien-être augmenteront généralement le rendement de production ; c’est-à-dire que nous protégerons les intérêts des animaux dans les situations où leur traitement n’affectera pas l’économie, et dans ce cas, les réformes de bien-être, dans l’ensemble, feront très peu pour améliorer les choses. Par exemple, l’utilisation des caisses de gestation pour les truies est sans incidence sur l’économie ; ces caisses sont supposément des alternatives plus « humaines » alors qu’en fait elles augmentent les rendements de production. De la même façon, le « gazage » des poulets est plus rentable économiquement que l’étourdissement à l’électricité.
Ainsi je comprends pourquoi les welfaristes ont un problème avec l’analogie de l’esclavage. Je pense qu’ils se trompent à de multiples égards tout en ne s’engageant jamais vraiment sur le terrain argumentaire. A la place, ils soutiennent que je « sème la zizanie » et « me moque de la souffrance des animaux ici et maintenant » en déployant les arguments qui sont les miens. Certains se montrent même plus virulents encore.
Le paradigme des droits, lequel, tel que je l’interprète, exige moralement l’abolition de l’exploitation animale et requiert le véganisme comme question de justice fondamentale, diffère radicalement du paradigme welfariste, qui se focalise en théorie sur la réduction de la souffrance et s’applique en réalité à amoindrir les aspects économiquement non rentables de l’exploitation animale. En sciences, ceux qui souscrivent à un paradigme sont souvent incapables de comprendre et de s’engager aux côtés de ceux qui souscrivent à un autre paradigme, précisément parce que le langage théorique qu’ils utilisent n’est pas compatible.
Je pense que la situation est similaire dans le contexte du débat qui oppose les droits des animaux au bien-être animal. Et c’est pourquoi les welfaristes ne peuvent tout simplement pas comprendre ou accepter l’analogie avec l’esclavage.
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Si vous n’êtes pas végan, pensez à le devenir. C’est une question de non-violence. Etre végan, c’est déclarer que l’on rejette la violence envers les autres êtres sentients, envers soi-même et envers l’environnement, dont tous les êtres sentients dépendent.
J’entends souvent des gens dire qu’ils se sentent dépassés par la pauvreté et la violence de la vie moderne.
Nous vivons certainement une époque difficile et pleine de défis. Mais cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas agir. Nous le pouvons.
Voici trois suggestions pour vous aider à célébrer la paix durant cette saison des fêtes :
Premièrement, ne consommez pas. Prenez l’argent que vous prévoyiez d’utiliser pour acquérir des choses dont vous n’avez pas besoin et donnez cet argent à une famille qui a besoin d’aide dans ces moments très difficiles. Ou utilisez cet argent pour procurer de la nourriture végane et des couvertures sans laine à un site Occupy local.
Deuxièmement, si vous n’êtes pas végan, devenez-le et arrêtez de manger, porter ou consommer des produits d’origine animale. Il n’y a aucune justification pour cela. Et consacrez une partie de chaque jour à une éducation au véganisme créative et non-violente. Vos possibilités d’éducation peuvent prendre de nombreuses formes différentes.
Troisièmement, adoptez un animal sans foyer. Il y a tant d’individus qui ont besoin de vous. Si vous n’avez pas la place ou les ressources pour un chien ou chat, adoptez un hamster, un lapin ou un poisson. Il y a forcément un animal réfugié qui s’adaptera à votre mode de vie. Et si vous en adoptez un (ou plus), vous n’aurez pas seulement sauvé la vie d’un autre, mais cela vous permettra aussi d’enrichir votre propre vie de façon incommensurable.
Le jeudi 12 janvier 2012, la Société Fédéraliste de Rutgers patronne un débat entre le philosophe libertaire Tibor Machan et moi. Machan détient la Chaire R. C. Hoiles d’Ethique du Travail et de Libre Entreprise à l’Argyros School of Business & Economics de l’Université Chapman à Orange, en Californie. Il est chercheur au sein de la Hoover Institution à l’Université Stanford, et professeur adjoint au Cato Institute.
Machan est un éminent opposant aux droits des animaux.
Le débat aura lieu à la Faculté de Droit de l’Université Rutgers, New Jersey.
J’espère pouvoir poster ici une vidéo du débat.
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Si vous n’êtes pas végan, pensez à le devenir. C’est facile ; c’est meilleur pour votre santé et pour la planète ; et c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire.
Le mouvement pour le bien-être animal (« welfarisme »), depuis son apparition au XIXe siècle jusqu’à aujourd’hui, repose sur l’idée selon laquelle l’utilisation des animaux est acceptable en soi parce que ces derniers n’ont pas un intérêt dans la poursuite de leur existence. Selon les welfaristes, les animaux nonhumains n’ont pas conscience d’eux-mêmes et ne sont pas sophistiqués, du point de vue cognitif, de la manière dont les humains le sont. Cela veut dire que la vie des non-humains a moins de valeur que la vie des humains. A en croire Peter Singer :
Alors que la conscience de soi, la capacité à penser l’avenir, à entretenir des espoirs et des aspirations quant au futur, à tisser des relations pleines de sens avec autrui et ainsi de suite, ne sont pas pertinentes face à la question d’infliger la souffrance… elles le deviennent face à celle de prendre la vie. Il n’est pas arbitraire de poser que la vie d’un être conscient de lui-même, capable de pensées abstraites, de prévisions, d’actes complexes de communication, et ainsi de suite, a plus de valeur que la vie d’un être dépourvu de ces capacités.
Les welfaristes établissent une différence entre le fait de tuer un non-humain, ce qui pour eux n’est pas en soi moralement inacceptable, et celui de lui infliger des souffrances « non nécessaires », ce qui est moralement inacceptable. Ils estiment que si nous permettons aux animaux d’avoir une existence raisonnablement plaisante et une mort relativement indolore, alors le fait que nous les exploitions peut être moralement acceptable. Là encore, selon Peter Singer :
Si c’est l’infliction de la souffrance qui nous inquiète, plutôt que le fait de tuer, alors je peux imaginer un monde dans lequel les gens mangeront des végétaux la plupart du temps, mais s’offriront de temps en temps le luxe d’œufs de poules élevées en plein air, ou même éventuellement de viande d’animaux ayant vécu une vie bonne dans des conditions naturelles à leur espèce, et tués humainement à la ferme.
C’est ce genre de raisonnement qui donne l’impulsion au mouvement viande/produits d’origine animale « heureux » promu par Singer et pratiquement toutes les grandes associations animalistes des Etats-Unis et d’Europe. Pour ces personnes, le fait d’utiliser les animaux n’est pas le problème ; le problème, c’est la souffrance animale. Il s’ensuit que si nous diminuons la souffrance des animaux via des réformes de bien-être, alors nous rendons — toujours selon ces personnes — leur exploitation moins inacceptable. Le public alors peut continuer de consommer les animaux et avoir la conscience tranquille en se montrant « compatissant » à leur égard.
Dès lors, nous ne devons pas nous étonner du fait que de plus en plus de gens se sentent à l’aise par rapport au fait de consommer des produits d’origine animale. Après tout, les « experts » leur ont assuré que la souffrance décroît et qu’ils peuvent acheter de la viande « heureuse », des œufs de poules « élevées en plein air », etc. Ces produits portent même des labels approuvés par les associations animalistes. Le mouvement welfariste encourage véritablement la consommation « compassionnelle » des animaux.
Les réformes de bien-être font très peu pour augmenter la protection accordée aux intérêts des animaux, et ce en raison du facteur économique impliqué dans l’équation : les animaux, au regard de la loi, sont des biens. Ils sont des choses ne possédant pas de valeur intrinsèque ou morale. Cela veut dire que les normes de bien-être, que ce soit pour les animaux utilisés comme nourriture, dans les expérimentations ou dans n’importe quel autre but, seront basses et liées au niveau de bien-être requis afin d’exploiter l’animal de la manière la plus économiquement rentable pour l’exploiteur. En clair, nous protégeons généralement les intérêts des animaux seulement dans la mesure où nous en retirons un bénéfice économique. Le concept de souffrance « non nécessaire » est dès lors compris comme le niveau de souffrance qui ne frustrera pas l’usage particulier. Et cela peut représenter beaucoup de souffrance.
La position welfaristes qui dit que c’est que la souffrance des animaux et non leur meurtre qui soulève un problème moral, esquive une question très importante : elle pose que, parce que l’esprit des animaux diffère de celui des humains, les premiers, à la différence des seconds, n’ont pas la sorte de conscience de soi qui se traduit en un intérêt à continuer d’exister. Elle pose que la vie animale a nécessairement moins de valeur morale que la vie humaine. Et les welfaristes sont explicitement d’accord là-dessus, tel que cela apparaît clairement dans mon livre The Animal Rights Debate: Abolition or Regulation?
Un des points centraux de mon travail a été de contester l’hypothèse welfariste et de défendre la thèse selon laquelle la seule position non spéciste à embrasser est que tout être sentient — tout être qui est perceptuellement conscient et possède des états subjectifs de conscience — a un intérêt dans la poursuite de sa propre vie. Toute autre vision des choses accorde une préférence arbitraire à la cognition humaine. Il est spéciste d’affirmer que la vie animale est de moindre valeur que la vie humaine. Cela ne signifie pas nécessairement que nous devons, dans tous les domaines, traiter les non-humains de la manière dont nous traitons les humains. Mais cela signifie que, au regard du fait d’être traité exclusivement comme une ressource par ou pour autrui, tous les êtres sentients sont égaux, et nous ne pouvons justifier le fait de traiter quelque être sentient que ce soit comme une ressource.
Si les animaux ont un intérêt dans la poursuite de leur existence, ainsi que je l’affirme en vertu du simple fait qu’ils sont sentients, et si cet intérêt importe sur le plan moral, ce que je crois effectivement, alors il est seulement une conclusion possible : toute utilisation des animaux — fût-elle humaine — est injuste.
Si vous n’êtes pas végan, merci de penser à le devenir. C’est facile ; c’est meilleur pour votre santé et la planète ; et c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire.
Et rappelez-vous : les réformes de bien-être font peu, sinon rien, pour réduire la souffrance des animaux. Mais quoi qu’il en soit, le point important est que le véganisme n’est pas juste une question de réduction de la souffrance ; c’est une question de justice morale fondamentale. C’est ce que nous devons à ceux qui, comme nous, tiennent à leur existence et veulent continuer à vivre.
Je rejette les réformes de bien-être animal et les campagnes ciblées en ce qu’elles sont non seulement incohérentes avec les revendications de justice qui doivent être les nôtres si nous pensons réellement que l’exploitation des animaux est un mal, mais également parce que de telles approches ne peuvent fonctionner dans les faits. Les animaux sont des propriétés et protéger leurs intérêts coûte de l’argent ; par conséquent, le niveau de protection accordé auxdits intérêts sera toujours bas et les animaux, dans le meilleur des cas, seront toujours traités de manières qui seraient considérées comme de la torture si elles étaient infligées à des humains.
En approuvant les réformes de bien-être qui rendent soi-disant l’exploitation plus « compassionnelle », ou les campagnes ciblées qui suggèrent à tort qu’il y a une distinction morale pertinente entre la viande et les produits laitiers, ou entre la fourrure et la laine, ou entre un steak et du foie gras, nous trahissons le principe de justice qui pose que tous les êtres sentients sont égaux et qu’ils ne doivent pas être utilisés exclusivement comme des ressources humaines. Et sur le plan pratique, nous ne faisons pas autre chose que de rendre les gens plus à l’aise par rapport au fait d’exploiter les animaux.
Je maintiens que ceux qui estiment que les animaux sont des membres de la communauté morale doivent, à la place, rendre clair le fait que le véganisme, défini comme le fait de ne pas manger, porter ou utiliser les animaux, constitue un principe moral de base non négociable et sans équivoque, et qu’ils doivent consacrer leurs efforts et leurs ressources à une éducation végane populaire qui peut revêtir une myriade de formes créatives mais ne doit jamais comporter de violence.
Ceux qui critiquent ma vision des choses affirment que mon insistance sur la nécessité d’une défense du véganisme créative et non-violente requiert une sorte de foi afin qu’une telle approche fonctionne.
Je trouve ce genre de critique ironique en ce qu’il semblerait que s’il est une position qui requiert la foi (définie comme croyance maintenue envers et contre toute évidence empirique existante), alors cette position est bien celle des réformes de bien-être et des campagnes ciblées qui ne mèneront nulle part sinon à davantage d’exploitation animale.
Le bien-être animal : pourquoi ?
Comment peut-on croire que les réformes de bien-être mèneront à l’abolition ? Si nous examinons l’histoire de ces réformes, nous constatons que la plupart d’entre elles sont mineures, qu’elles n’ont guère été respectées et qu’elles ont même accru le rendement de production et fourni des bénéfices économiques aux producteurs. Nous évoluons dans le paradigme du bien-être animal depuis maintenant 200 ans et nous exploitons davantage d’animaux aujourd’hui, et de manières plus horribles, qu’au cours de toute notre histoire.
Comment peut-on croire que promouvoir l’exploitation « heureuse » mènera à l’abolition de l’exploitation ? Faites preuve de bon sens. L’exploitation « heureuse » ne mènera nulle part sinon à rendre le public plus à l’aise devant certaines formes d’exploitation animale. Si tel n’était pas le cas, les industries de l’exploitation, qui marchent main dans la main avec les grandes corporations de bien-être animal, n’investiraient pas toutes les ressources qu’elles mettent dans les campagnes pour l’exploitation « heureuse » et autres campagnes de labelling.
Comment peut-on croire qu’en continuant de la sorte à renforcer et consolider le paradigme des animaux considérés comme des propriétés, nous abolirons un jour l’exploitation animale ?
Comment peut-on croire que les campagnes ciblées mèneront à l’abolition de l’exploitation ? Jetons seulement un œil sur les campagnes ciblées de longue date, comme la campagne contre la fourrure. Cette campagne est menée depuis des décennies, or l’industrie de la fourrure n’a jamais été aussi puissante. Pourquoi ? Parce qu’il n’y a aucune base morale autorisant à distinguer la fourrure de la laine ou du cuir, ou le fait de porter les animaux et celui de les manger. Tant que les gens ne comprendront ni n’accepteront ce principe moral général, ils ne percevront pas le problème qu’il y a à ne dénoncer que les utilisations spécifiques. Et ce n’est pas une réponse que de dire, ainsi que le font de nombreux défenseurs, que la fourrure représente une utilisation gratuite des animaux. Parce que le fait de les manger l’est aussi. Nous mangeons les animaux parce qu’ils ont bon goût. Et les plaisirs du palais ne constituent pas une justification meilleure que la mode.
Comme je l’ai écrit ailleurs, les partisans des réformes de bien-être n’abordent jamais ces questions ; ils se contentent de dire que les critiques qu’on leur adresse « sèment la zizanie », ou que les alternatives à leur manière de voir sont « trop idéalistes ». En d’autres termes, nous n’avons rien à dire.
Le véganisme comme principe moral de base : pourquoi pas ?
L’appel à une défense du véganisme créative et non-violente défie les gens d’appliquer un principe moral que la plupart d’entre eux acceptent et prétendent considérer comme important : à savoir qu’il est moralement mal d’infliger souffrance et mort aux animaux sans nécessité, et que le plaisir, le divertissement ou le confort ne sauraient constituer des nécessités. Lorsque les gens sont confrontés à l’argument qui pose que critiquer Michael Vick pour les combats de chiens qu’il a organisé n’a aucun sens si parallèlement nous mangeons les animaux ou des produits d’origine animale, ou avec celui qui rappelle la similarité des animaux que nous aimons et de ceux que nous mangeons ou portons, ils peuvent ne pas devenir tous immédiatement végans, mais au moins aurons-nous fait en sorte qu’ils commencent à réfléchir en termes moraux au problème général de l’utilisation des animaux. Et dans la mesure où l’argument porte – et il portera pour beaucoup -, alors ils commenceront à envisager la question de l’éthique animale d’une autre manière.
Si, comme je le soutiens, nous ne pouvons justifier l’utilisation, fût-elle « humaine », des animaux, alors nous devons être clairs là-dessus. Nous devons dire clairement que nous ne pouvons justifier le fait de les manger, de les porter ou de les utiliser. Point barre. Si les personnes qui se soucient de ces questions ne désirent pas encore abandonner l’utilisation des animaux et devenir véganes, elles peuvent adopter la politique des petits pas qu’elles veulent. Mais une telle politique ne doit jamais être considérée comme normativement désirable si nous croyons réellement que l’utilisation des animaux est injuste. De la même façon que nous ne dirions jamais d’un sexisme et d’un racisme « humains » ou « heureux » qu’ils sont acceptables, nous ne devons jamais dire de la viande, des produits laitiers ou de n’importe quel produit d’origine animale « humains » ou « heureux » qu’ils sont moralement acceptables.
Enfin, promouvoir le véganisme comme principe moral de base n’est pas davantage une question de « pureté » morale que ce ne l’est lorsqu’on promeut la justice pour les humains. On aime à nous répéter que même si nous devenons végans, nous ne pouvons éviter de causer du mal aux non-humains. C’est vrai. Vivre dans le monde et s’engager dans n’importe quelle sorte d’action a nécessairement des conséquences défavorables pour autrui, qu’il soit humain ou nonhumain. Nous devons, bien sûr, nous efforcer de causer le moins de mal possible à l’ensemble des êtres sentients. Mais le fait que nous ne puissions éviter entièrement le mal ne veut pas dire que nous ne devons pas au moins mettre fin à tout le mal intentionnel que nous infligeons aux non-humains sentients, de la même façon que ce n’est pas parce que nous ne pouvons éliminer toute la violence du monde qu’il devient pour autant moralement acceptable de tuer les autres humains.
Si nous voulons jamais abandonner le paradigme de la propriété, alors nous devons amener les gens à reconnaître que l’utilisation des animaux, fût-elle « humaine », ne peut se justifier moralement. Je suis persuadé qu’une défense du véganisme créative et non-violente n’est pas seulement cohérente avec l’exigence de justice qu’implique, selon moi, la position des droits des animaux, mais qu’elle est le meilleur moyen de parvenir à ce but qui consiste à déplacer le paradigme de la propriété vers la notion que les animaux sont des personnes morales.
Les militants engagés dans une éducation végane créative et non-violente rapportent tous que les résultats sont stupéfiants ; que les gens réagissent, et réagissent positivement.
Et je suis certain que le fait de croire que les réformes de bien-être, les campagnes ciblées, l’exploitation « heureuse », etc. nous mèneront partout sauf à un plus grand niveau de confort dans l’exploitation des animaux exige une forme de foi particulièrement aveugle.
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Si vous n’êtes pas végan, pensez à le devenir. C’est facile ; c’est meilleur pour votre santé et pour la planète ; et c’est surtout, moralement, la bonne chose à faire.
Si vous êtes végan, sensibilisez toutes les personnes avec qui vous êtes en contact au véganisme d’une manière créative et non-violente. Si vraiment nous considérons les animaux comme des membres de la communauté morale ; si vraiment nous croyons que nous ne pouvons justifier la souffrance et la mort non nécessaires des animaux, alors nous ne pouvons justifier le fait que des milliards d’entre eux meurent pour le plaisir de nos palais.
Et rappelez-vous : le véganisme n’est pas seulement une affaire de réduction de la souffrance ; c’est une question de justice morale fondamentale. C’est ce que nous devons à ceux qui, comme nous, tiennent à leur existence et veulent continuer à vivre.
Nombre d'animaux tués dans le monde par les industries de la viande, des produits laitiers et des oeufs, depuis que vous avez ouvert cette page. Cela n'inclue pas les milliards de poissons et autres animaux aquatiques tués annuellement.
Dans mon dernier livre, The Animal Rights Debate: Abolition or Regulation?, publié chez Columbia Press University, je débats de l'Approche Abolitionniste aux Droits des Animaux avec le Professor Robert Garner, un defenseur de premier plan des réformes de bien-être animal. Plus »
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